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 Jizo Takeda

| Jeu 7 Sep - 18:29

Jizo Takeda


         

       

Jizo Takeda

Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde." Caligula - Camus.

         
 
Quartier
NORD

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Surnom : Le Condamnateur Public
âge : 35
genre : Homme
orientation : Hétérosexuel
métier : Procureur
origines : Japonaises



Mon cynisme n'est plus un secret, mon cercle de connaissances pourrait en attester, surtout que mon ironie les assassine parfois, en les portraiturant sans aucune aménité. Ils me disent difficile à convaincre, je passe pour impossible à corrompre. Sur le papier. Pour peu que l'on comprenne les mécaniques de la ville, il est clair que mes affaires soutiennent le pouvoir en place, et ce qui passait les premières années pour une coïncidence heureuse devient de plus en plus l'évidence de mes affinités. Mais le doute demeure, et je l'entretiens en prêchant le faux, en distillant parfois le vrai. Suis-je convaincu de faire le bien pour Mayaku ? Bien sûr que non, mais certains en sont encore persuadés, car je sais user des mots et également en abuser lorsque mon mutisme se brise. Mon ambition me guide, l'on murmurera parfois qu'elle me dévore. Au secret, certains fidèles savent que la dévoration sur mon visage n'apparaît que lorsque je lance avec fièvre Arès sur la piste de mes ennemis... et qu'ainsi certains ont l'obligeance de disparaître. Définitivement. Jugement des dieux. Inflexible jugement que je ne me lasse de proférer.

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J'ai l'outrecuidance d'être roux. Cadeau des dieux selon ma mère bien que j'aie toujours fortement soupçonné une infidélité de sa jeunesse et un goût certain pour l'exotisme. Qu'importe, mon visage émacié et blême a l'air ainsi de flamboyer et si ma haute taille a quelque chose d'imposant, j'ai un corps de ces maigreurs d'acète qui montrent parfois mon dégoût de l'existence. Toujours vêtu de noir, si bien que la profession a fini par murmurer le surnom de condamnateur public sur mon passage, c'est cet oeil bleu et froid qui les assassine dans les silences que je me plais à faire peser sur mes interlocuteurs qui les font hésiter quant à me cracher leurs mots d'esprit à la figure pour peu qu'ils envisagent la dureté qui saisit tous mes traits lorsqu'on me nargue. Mes trente cinq années d'existence et sans doute mes méfaits ont quelque peu ôté toute marque de candeur et mon masque est parfait. Parfois glacé, souvent animé de ces sourires que l'on pourrait croire sincères et qui engagent au dialogue, ou aux confessions les plus obligées. Je joue régulièrement avec la chaîne que je porte autour du cou, comme symbole de cette condamnation que je provoque sur les autres, et que je me réserve quand je me serai définitivement lassé de ces lieux. En pleine rue, le soir, vous pourriez m'apercevoir aux côtés d'Arès, le molosse qui parfois me suit tel une ombre...


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Il n'y a rien à Ohara. Rien hormis que j'y suis né. Peut-être quelques vieux rades où la prostitution étend mollement sa main avide et blême sur les jeunes filles qui rêvent d'ailleurs pour ne demeurer qu'ici. Rien. Peut-être une consommation excessive d'alcool quand la rude journée au milieu des rizières vous laisse abandonné à la chaleur et perclus par la douleur. Rien. L'austère réalité d'un monde en désuétude. Rien que ma famille engoncée dans sa banalité, ma sœur aux yeux brillants sur des horizons qu'elle n'a jamais osé traverser. Rien que je n'aie abandonné sans me retourner pour aller concrétiser une avidité qui m'étreignait déjà petit et qui ne m'a jamais quittée.

Mon père n'a rien compris. Il père aime la terre, son odeur, la saveur de son indolence. La ferveur de ses intransigeances. Il aime se lever avec le soleil, s'assoupir quand l'astre finit par crever, d'ennui de s'être trop miré dans son front perlé de sueur. Il aime découvrir sa femme le sourire aux lèvres, lorsqu'elle pianote sur l'écran de la caisse enregistreuse de la maison de thé qu'elle anime de sa jovialité. Ce sont des gens gentils. Et surtout ordinaires. Je n'ai à leur reprocher ni leur amour, ni leur état d'esprit. Je n'ai d'amertume que pour le carcan qui les enferme. Trop petit et trop simple. Je l'ai dessiné au passé quand j'ai évoqué pour la première fois mes études de droit. Cela les a amusés quand l'amertume me saisissait, jusqu'à ce que l'âge me fut donné de choisir cette voie. J'ai trouvé leur tristesse inutile, j'ai embrassé leur joue. J'ai prononcé un au revoir sur le ton du plus doux des adieux.

Je faisais enfin honneur à mon prénom, ils auraient dû en être fiers, de simple altruiste je devenais le défenseur des causes perdues. Peut-être savaient-ils que les causes perdues seraient guère suffisantes. J'ai poussé mon vice jusqu'à briguer la procuration. Frôler la politique sans totalement en être, influencer les êtres. C'est ce que j'entrevoyais, mon diplôme encore lointain. Il a plutôt fallu façonner une pierre brute et la parfaire, apprendre une rhétorique que je maniais mal, comprendre le langage d'un monde qui n'était pas le mien et l'acquérir. Puis gommer mes origines, dénouer chaque noeud qui m'attachait quand je ne voulais que m'en affranchir. Ça n'a pas été un sacrifice si difficile... Jusqu'à ce qu'un malheureux incident me rappelle que l'on ne fuit pas ses origines, on finit par les tuer. Une femme. Keiko. Dernière saveur de mon passé et de cette humanité qui palpitait encore sous ma peau. Je l'ai perdue un jour... Un jour d'orgueil et de tonnerre. J'ai également perdu mon oeil. Et cela m'a bien plus peiné que de la savoir disparue. Je suis parti aussi. Jeune diplômé, j'ai tracé ma route jusqu'à Mayaku, fief de tant de corruption qu'elle avait quelque chose de fascinant : un terrain vicié à respirer pour se croire capable de survivre et de toujours se relever.

Là-bas, les idéaux ont sombré sous l'égide de la Justice aux yeux bandés. J'étais le comble de la profession, moitié aveugle, mais pas assez sans doute. Jeunesse estropiée sans aucune noblesse, il ne restait plus rien d'une superbe acquise et toujours disputée par mes pairs. Jusqu'à un jour. Un seul jour pour saisir une chance, et se perdre sans doute. Un regard appuyé sans un mot le jour d'un procès. Peut-être avait-on lu mon profond désespoir. Ou débusqué la haine que je planquais difficilement. J'ai fait en sorte qu'une victime perde, sans que l'on ne me le demande véritablement, blanchissant ainsi le fils d'un mafieux du quartier nord. Par goût du jeu et du risque mais surtout par besoin de montrer que les destins basculaient selon mon bon vouloir. Tous les destins. Ils m'ont ensuite compté acquis, je les ai depuis toujours très bien servis, jusqu'à suivre avec une attention très particulière l'ascension de la jeune maire corrompue jusqu'à l'os mais bizarrement toujours protégée par une Justice qui n'avait plus rien d'impartial. J'ai aimé m'improviser dieu, je ne m'en suis pas lassé. Si l'on me croise, c'est dans l'ombre de cette cité en perdition pour y débusquer l'infamie que l'on cache et m'en nourrir, ou dans les mondanités les plus resplendissantes pour y détourer celle que l'on ne parvient plus à enfouir. Je vois, je sais, je me fiche d'une vertu éculée, c'est le jeu des destinées qui seul m'intéresse et parvient à tromper cet ennui de toujours qui m'a poursuivi jusqu'ici.


avatar © Nix Hydra by Callian


Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.
| Jeu 7 Sep - 19:37

Morgan Marshall

    Bienvenue à Mayaku, Jizo!

    Woah. Que dire? J'aime énormément. Belle écriture, beau personnage. Une belle adaptation de la fiche au contexte. Je vois déjà des possibles liens entre Dreiden et lui. (:

    Tu es validé! Il y a quelques formulaires à remplir. Sinon, pour toute question n'hésite pas à nous contacter!

    Et si tu as discord, on t'y attends déjà, haha!

    Au plaisir d'en lire plus en RPs.



sick
| Ven 8 Sep - 8:34

Jizo Takeda

Merci beaucoup de l'accueil et des compliments. Je suis ravie que la fiche t'ait plu. Surtout que je n'ai vu qu'après la profession de ton personnage. Mon esprit galope déjà pour un lien potentiel.
À très vite, en effet.


Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.
| Jeu 14 Sep - 2:14

Christal Marshall

Oh, bonsoir ~ Je rentre et internet me ravie d'une très jolie fiche à déguster.
De même, j'apprécie tout particulièrement l'encrage de ton personnage dans Mayaku, le tout serti d'une jolie plume. Jizo a quelque chose d'inaccessible qui me plait beaucoup (j'ai hâte de lire son cynisme, j'adore les personnages cyniques).
Bienvenue encore au plaisir de te croiser ♥
luv



innocence
| Dim 17 Sep - 18:22

Jizo Takeda

Dear, dear (oui, c'est la mode de la langue anglaise histoire de faire enfler les chevilles de quelqu'un...),
Je n'avais pas vu ton très gentil message et je te remercie.
En espérant croiser nos plumes rapidement...


Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.
| Mar 17 Oct - 8:35

Luenia Dopura

Wow ton personnage colle exactement à l'idée que je me faisais des habitants de Mayaku !
Lueania aurait beaucoup de mal à s'entendre avec Jizo je pense, mais c'est ça qu'on aime, un peu de confrontation !
En tout cas, très belle écriture et je trouve ton personnage vraiment intéressant !
Hâte d'en lire plus ! :)
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