AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

 À la lueur de nos ombres réunies... Dreiden & Jizo

| Dim 10 Sep - 18:53

Jizo Takeda


Mon regard traine sur le lourd rideau qui occulte une partie du soleil enténébrant mes traits tandis que je fais mine d'écouter les pathétiques excuses de mon sous-fifre dont l'honneur discutable lui donne une posture qui frôle le ridicule. Je bloque un soupir dans ma gorge tandis que mes lèvres dessinent une moue méprisante alors que mon oeil retombe sur sa silhouette courbée puis sur ses lèvres trop épaisses qui vomissent un argumentaire vide que je n'entends déjà plus. Un geste. Un seul. Le flot s'arrête et l'étrangle avant qu'il n'ose zyeuter avec terreur dans ma direction tandis que je me rencogne dans mon fauteuil, redressant mes épaules osseuses pour mieux le surplomber de ma superbe quand il m'apparaît inutile. Inconsistant. Insignifiant.
_ Vous êtes en train de dire que vous n'avez donc pas réuni les informations sur Monsieur Narita. C'est bien ce que vous peinez à formuler, n'est-ce-pas ?
Mon ton est égal. Tranchant. Arès arrête de bailler aux corneilles et redresse son faciès pointu dans la direction de l'intrus, ce qui achève Ginza dans une position fort inconfortable entre la soumission et la peur la plus brutale. Il bredouille plus encore, une prose infâme que je ne tente même pas de comprendre. Je balaye l'air une fois encore :
_ Cela fait par deux fois que vous faites preuve de cette incompétence qui m'embarrasse.
Je reviens à mes papiers sans ne plus daigner même m'intéresser à sa personne :
_ Je vous conseille de ne pas tenter de réitérer une troisième fois.
« C'est que... Monsieur Takeda... Je vous assure qu'il n'est pas simple de réunir ce que vous avez demandé pour...»
Mon visage se relève, la mine de mon crayon se brise sur le papier. Un coup sec qui tonne comme une déchirure dans l'air déjà trop oppressant de mon bureau pourtant immense. Arès se dresse sur ses longues pattes, aux aguets, comme s'il attendait un quelconque ordre de ma part pour se jeter sur ce pauvre hère que je me promets d'humilier plus encore à l'avenir avant de le licencier pour le perdre aux yeux de cette société qu'il a cru bon de braver. Je ne dis rien mais mon iris flamboie, le feu sous la glace qui fait Ginza se raptisser. Le voilà rendu à sa juste taille. Il se tait. Arès ne le quitte pas des yeux alors qu'il recule précautionneusement en ajoutant avec une précipitation qui le rendrait presque comique :
« Je vous prie de m'excuser monsieur... Takeda... Je... Je vais... Vais...»
Mais oui c'est ça. Vas-y. Disparais. Espèce de connard dégénéré. Ma langue évite de fourcher les insanités dont j'aimerais décorer la distance qui se creuse jusqu'à ce que la porte se referme enfin. Je plisse des yeux vers le panneau de bois comme si je continuais d'assassiner Ginza avant de murmurer : Les recrutent-ils tous aussi couards et faibles ?

Arès mugit légèrement en réponse, nous ne savons visiblement pas quoi penser de notre cas désespéré. Mon affaire en cours s'éternise à cause de ce retard. Nous devons dénicher chez Narita un vice dans lequel le noyer pour nous débarrasser de sa compagnie. Elle indispose la Confrérie dans les nouveaux marchés qu'elle vient d'infiltrer dans toute l'Asie. Un concurrent fantoche est plus simple à manipuler qu'une teigne comme Narita qui croit pouvoir ainsi perdurer en venant disputer des rachats qui nous intéressaient. L'avidité... Un trait fâcheux chez les gens brillants comme peut l'être Narita. S'il était sot sans doute aurions-nous pu le salir par quelques putes et le trainer au tribunal pour une affaire de moeurs. L'appétence pour la chair et la débauche se perd... Quelle tristesse. Cette considération admise, je couche un dernier soupir tandis que je fatigue à la lueur décroissante du jour et je m'étire en reposant soigneusement mon stylo malmené par mon agacement. Je décide d'aller m'infiltrer dans les couloirs du palais, quelques rues plus loin, afin de goûter la peur dans les yeux de mes collaborateurs ou opposants. La dernière affaire remportée par mon bureau fut... Sanglante. Le bougre que nous avons traduit en justice s'est malencontreusement suicidé. La honte fait cela. La honte et quelques incitations bien tancées.

Les mains dans les poches de mon grand manteau noir, j'attends que la machine à café qui goutte un breuvage infect mais rassérénant me délivre ma dose horaire alors que je fais craquer les articulations de mes doigts pour tromper l'ennui et le dégout. Je songe de nouveau à Ginza et je l'imagine dévoré par Arès qui m'a suivi docilement jusqu'ici. Je baisse la tête pour regarder mon chien et j'ai un sourire en coin qui laisse ses prunelles sombres briller d'envie. Il semble avoir compris mes songes et j'ajoute lentement :
_ Plus tard... Je te le promets.
Mon sourire s'agrandit avant que je ne relève mon propre museau pour considérer le vide alentour et que je ne reconnaisse la silhouette immanquable d'une nouvelle recrue du parquet. Son nom éclate dans mon esprit comme une évidence. Je me tiens au courant de tous les nouveaux visages qui osent éclore sur mon terrain de jeu et tandis que mes lèvres plongent lentement dans le café trop brûlant et bien trop amer, je le dévisage sans rien dissimuler de mon inspection. Cela dure quelques secondes qui sonnent dans le silence comme des grains d'éternité arrachés à la fresque humaine que nous constituons malgré nous. Morgan Marshall. Débauché notoire, jeune talent aux fréquentations sans doute inavouables aux vues de son casier par trop chargé. Je me demande parfois comment l'Université a pu supporter d'accoucher d'une telle déviance, à la fois fasciné par ces détails brumeux qui me reviennent et agacé par leur teneur nocive. Je me méfie des vices de ceux que je ne connais pas assez. Ce sont des prises trop évidentes pour des ennemis que l'on ne se destine pas encore. De ces accroches faciles qui pourraient s'avérer en cacher d'autres... Bien plus intéressantes sans doute. Le jeune Marshall. Je me demande ce qu'il fait descendu dans nos limbes à cette heure tardive lui qui ne doit guère s'escrimer à bosser les dossiers que la commission doit toutefois commencer à lui confier. Jeunesse sans preuve si ce n'est sa dissolution dans l'éther et le néant. Mon sourire naît sur mes lèvres mais n'atteint pas mon oeil. Je fais quelques pas jusqu'à sa hauteur. Nous avons sensiblement la même taille, ce qui me permet de laisser tomber à son encontre, autant par provocation que pour me distraire.
_ Vous êtes vous égaré Marshall ? Un souvenir soudain de vos obligations quand vous semblez pourtant avoir développé tous les talents pour les fuir ?


Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.
| Mer 13 Sep - 20:56

Morgan Marshall

À la lueur de nos ombres réunies, je maintenais mes lèvres entr’ouvertes, mon regard pour l’horizon et rien d’autre. Elle bascule, ma tête, elle ne me portait plus vraiment. Vous savez, j’étais un acharné du travail, mais je n’en foutais pas une. Je savais exactement que mon client, que le rival de mon client, que l’avocat de la cour adverse et que toutes ces personnes autour, seulement là pour observer les faits ou les juger, allaient se rallier à ma cause. Ce n’était même plus de l’ordre de l’aura charismatique que je dégageais, c’était bien pire. En fait, on m’avait débauché au Tribunal de Grande Instance de Mayaku depuis à peine une semaine. Il se trouve qu’on m’adulait déjà.

Là, j’avais décidé de prendre un thé. L’Earl gray – on ne va pas trahir les traditions anglosaxonnes – entre mes doigts me réchauffait les mains. Il fallait dire que dehors les températures se faisaient plus fraîches. J’observais d’ailleurs, ces quelques brises faisant tomber les pétales de nos cerisiers. Je dis ‘nos’, parce que ce Tribunal s’avérait comme ma seconde propriété. Je m’étais fait un nom. J’avais une renommée. Je l’entretenais comme tout anglais raffiné, et au même titre que les Français avaient pu mettre un nom sur le fait d’avoir un stéréotype de style comportemental. On m’attendait sur des gros dossiers. Des têtes de la ville - aussi pour l’intérêt que nous avons envers notre Quartier Nord, qu’ils valaient mieux protéger, il rompt avec mon silence, Vous êtes vous égaré Marshall ? Un souvenir soudain de vos obligations quand vous semblez pourtant avoir développé tous les talents pour les fuir ? Je cligne des yeux avant de déporter mon attention sur l’homme qui se tenait face à moi. Je suis désolé de faire de l’ombre à votre tableau.

Pratiquement ma taille. Un œil bandé. Une condescende qui imposait son statut. Jizo Takeda, Procureur à la cour de ce qu’on m’en avait soufflé. Oui, je m’intéressais de près aux personnes qui composaient mon environnement d’échelle microscopique sociologique, sinon d’une vue macro à tous les Mayakoïtes. Ce n’était pas pour rien que les Nordistes connaissaient mes relations avec la Maire, mais personne ne savait pour le jeu pernicieux qu’elle voulait avec moi. Zhen, elle feint de m’aimer. Elle croit qu’elle m’attira en ce sens afin d’assouvir ses finalités personnelles. Je me disais que reproduire les schémas de pensées lors de mes interludes avec Marcangella De Conti m’était bénéfique. Avec intelligence, j’observais, apprenais sur la psychologie – j’avais d’ailleurs acheté de moi-même quelques bouquins à ce sujet. Avant, je n’aurais jamais pensé que consulter allait m’apporter d’aussi belles opportunités. Par contre, je regrettais bougrement la drogue. Un mal pour un bien. Marcangella? J’en sais rien, je ne sais pas quoi en penser, je souriais au procureur, On m’a venté que vous aviez échappé à vos responsabilités, déniant de bien vouloir travailler à mes côtés sur une affaire parce que vous reniez mon potentiel. Je suis tristement désolé pour vous, moi qui arrive de manière aussi appropriée que la pluie, c’est manquer d’efficience que d’agir en ne m’intégrant pas à vos cas juridico-professionnels.



sick
| Ven 15 Sep - 19:20

Jizo Takeda


La voix calme de ceux qui ont toujours su leur place dans l'existence, ou plutôt qui la croit déjà acquise. La voix calme et l'arrogance de la jeunesse au bord des lèvres. Mon sourire est plus cru, de ceux que j'emploie lorsque j'obtiens ce que je souhaite sans même présager que je voulais quelque chose. Ce qui ne devait être qu'une pique devient l'aube d'une conversation quand je me surprends à m'attarder, lorgnant dans les ridules du thé qu'il berce entre ses mains comme pour y lire l'avenir des mirages qu'il peint rien qu'en enfilant les syllabes. Je connais l'assurance et ce qu'elle masque, j'en use et en abuse moi-même pour obtenir ce que je souhaite et ce depuis tellement d'années que je ne sais plus comment les compter. Assurance factice de ceux qui ont les dents qui rayent le parquet mais qui s'oublient dans des fuites iniques pour mieux se sentir exister. Les cernes de ses nuits sans sommeil sont éloquentes. La froideur de ma prunelle également. Âmes insatisfaites rendues à l'ombre... Que cherches-tu ? À te mirer ainsi dans le regard des autres, petit ? À estamper ton nom dans les conversations pour les marquer au fer rouge de tes aspirations ? Le pouvoir ? Un quelconque idéal ? Ou pire encore ? Combler ce vide que tu ressens ? Je m'attarde, ma marche se brise et je le regarde vraiment, avec la langueur des plus avides inquisitions, alors que mon murmure le rencontre :
_ Vous ne faites que porter une ombre de plus... Je ne sais encore si c'est une ombre de trop.
Mon sourire disparaît, l'envie de jouer s'accroche à mon coeur ravivé par une sorte de soubresaut arraché à l'intérêt. L'on me dit misanthrope. Je ne fais en réalité que peu de cas de la plupart de mes pairs dont la banalité déchaîne un ennui abyssal quand elle ne me révulse pas. J'attends l'affront que sa bouche termine de dessiner et il irrite mes humeurs au point de les soulever toutes ensembles. Ma posture se rigidifie bien que je ne puisse masquer le souffle teinté de mépris que j'expulse, augmentant par là mes airs condescendants.

Si l'on me peignait déjà son grand égo, je crois que je ne m'étais fait que l'esquisse de ce qui s'avère en réalité un monstre de complexe de supériorité. Mon sourcil se hausse, je le regarde plus encore, prenant un temps considérable pour terminer mon café, autant pour l'obliger à patienter que pour lui signifier que ses griefs passent largement au-dessus de ma tête pour que je ne m'en encombre pas. Pour qui se prend-t-il donc, à peine arrivé, à croire que son mérite pourrait aussi rapidement ouvrir ma porte et lui faire pénétrer les arcanes qui me sont familières ? La dernière gorgée avalée, ma main broie le gobelet et le balance dans la corbeille à nos pieds, avant que ma voix ne se fasse plus féline, extrêmement lente :
_ Voyez-vous ça... Un manque d'efficience, n'est-ce pas ?
Silence que je laisse s'éterniser, venir draper nos statures dans une lutte amorcée. Je ne sais quoi peser, son intérêt sans doute falsifié pour mon bureau ou mes affaires, ou encore son attaque quant à mon peu de faculté à bien m'entourer. Enfin... tout du moins à le considérer lui comme un entourage viable. Risible. J'ai du mal à ne pas m'esclaffer. Je contre. En un rythme plus bref et des mots plus acérés. Le rythme de mes tirades au tribunal :
_ Oh... Vous voilà déçu sans doute de vous voir dénigré quand tous ceux qui vous entourent semblent s'être mis d'accord pour chanter vos louanges ? Vous goûtez sans doute très peu ce que les gamins capricieux et trop encensés ne peuvent subir, mais permettez-moi de vous rappeler cette terminologie-là. L'on nomme cela la frustration Marshall. Et vous savez à quoi elle sert ? À se débarrasser des médiocres qui ne savent que maintenir une façade qui sera bientôt écroulée, tout comme les louanges que l'on gravent sur du plâtre en croyant frôler l'éternité du marbre.
Une pause. Un souffle. Je réduis l'écart et mon oeil trouve les siens avec plus de dureté encore :
_ Je me fiche de votre potentiel. Votre potentiel ne m'intéresse pas. Ce que l'on dit de vous n'a que l'allure des fables. Et lorsque la vérité les déchire, ne demeure que la déception d'y avoir seulement cru. Je n'ai pas le temps de croire. Je n'ai pas le temps d'être déçu. Je n'ai pas la patience de l'être non plus.
Je m'écarte peu à peu, et penche légèrement la tête sur le côté, pour le jauger encore, le juger véritablement :
_ Alors, Marshall ? La déception ? Ou l'éternité ? Le plâtre... Ou le marbre ? Pourquoi êtes-vous ici, à projeter une ombre à mes pieds ?


Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.
| Sam 30 Sep - 14:36

Morgan Marshall

mh,
dear god, I'll never give up, but can't promess
hhhhh



Vous ne faites que porter une ombre de plus... Je ne sais encore si c'est une ombre de trop.
Well,
j’observais sa posture changeante. Les épaules tinssent son échine bien plus droite, son menton bien plus haut, je croisais ses yeux bleus plus intenses aux sourcils archés par l’assurance. Lui, il n’était pas là pour écouter du vent, et je savais aussi que chacun de mes mots portaient en eux de la valeur. N’empêche que je n’appréciais pas cette phrase, lancée entre deux murs du Tribunal. Ça me mettait inconfortable. J’ai ma main qui se porte à mon avant-bras, sans ciller, les yeux ancrer aux siens. Pourtant y a un quelque chose me donnait envie de fuir sa sale gueule et ses mots, Voyez-vous ça... Un manque d'efficience, n'est-ce pas ? qui soudainement font que je me revois au conseil, avec mes pairs qui me parlent avec la même candeur que lui, puis la voix délectable de Morhigann qui me rappelle à l’ordre. Je commence par enfiler mes doigts à l’intérieur des mèches de ma mèche, quand Oh... Vous voilà déçu sans doute de vous voir dénigré quand tous ceux qui vous entourent semblent s'être mis d'accord pour chanter vos louanges ? Vous goûtez sans doute très peu ce que les gamins capricieux et trop encensés ne peuvent subir, mais permettez-moi de vous rappeler cette terminologie-là. L'on nomme cela la frustration Marshall. Et vous savez à quoi elle sert ? À se débarrasser des médiocres qui ne savent que maintenir une façade qui sera bientôt écroulée, tout comme les louanges que l'on gravent sur du plâtre en croyant frôler l'éternité du marbre. aeh, Dreiden, ressaisies-toi. Je crois que ma main tremblait entre mes cheveux en entendant son, Je me fiche de votre potentiel. Votre potentiel ne m'intéresse pas. Ce que l'on dit de vous n'a que l'allure des fables. Et lorsque la vérité les déchire, ne demeure que la déception d'y avoir seulement cru. Je n'ai pas le temps de croire. Je n'ai pas le temps d'être déçu. Je n'ai pas la patience de l'être non plus. Mes lèvres commencent doucement à s’entrouvrirent. Alors, Marshall ? La déception ? Ou l'éternité ? Le plâtre... Ou le marbre ? Pourquoi êtes-vous ici, à projeter une ombre à mes pieds ? Il venait de me faire perdre pied. Bousillé en l’espace de deux minutes ma notoriété. À présent, il n’en restait plus grand-chose. Mes yeux dérivaient effectivement à ses chaussures. Je n’arrivais plus à le regarder. Je n’en avais plus envie. Ça me devenait écœurant. Alors, Marshall? aeh, Dreiden, ressaisies-toi. Certainement, mais ma gorge est serrée. J’avais envie de planter sa trachée par ma dague, gravée Marshall, alors, Marshall? Je porte mes doigts à ma cravate. J’élevais les yeux au ciel, pensant à Dieu. Meerde, tuer pour ça, l’immaturité me tenait encore comme un fond d’alcool. Qu’est-ce que je donnerais pour une feuille et me calmer. Je finis par passer mes mains contre mon visage, fatigué. L’une contre l’autre, je maintenais les yeux fermés, je me donnerais à ce moment-là pour prier.

Well ok, mes doigts rentrent au fond des poches de mon pantalon. Mon visage s’agite, je restais toujours aussi coït. Débrouille-toi avec ton japonais médiocre pour répondre à autant de littérature asiatique, brodée d’expériences. Je me trouve désolé de voir que vous confondez performance et potentiel ; quand bien même l’un va dans l’autre. Vous paraphrasez les médisants par psychologie hâtive, rien de plus. Avez-vous si seulement évaluer mes prestances au barreau depuis mon entrée céans? Les autres l’ont fait tandis que vous restez dans votre inflexibilité. Les métriques parlent d’elles-mêmes. Quelques têtes du vaste réseau de drogues de l’Est sont tombées, et je sais que mon prochain dossier me permettant de creuser la relation Endô/Eichi entraînera des conséquences notables à Mayaku. Si c’est de la transparence que vous attendez, laissez-moi vous rappelez Takeda, que vous vous entretenez de face à un Anglais ; aeh, un anglais qui envisage d’affiner ses compétences juridiques pour pouvoir prétendre à la politique et figurer maire. Sachez-le, je sais me tenir à un mandat et j’ai déjà commencé à préparer ma campagne porteuse de mesures signifiantes. Maintenant, s’il-vous-plaît, daignez ouvrir vos yeux, parce que vous tomberez bien vite devant mon sens aigu du devoir et de me voir déjà si loin. Cessez de me donner votre épaule froide. /idiom Give someone the cold shoulder/



sick
| Mer 4 Oct - 9:54

Jizo Takeda

Dans l'ennui qui m'étreint... la lueur de tes convoitises...


Le masque de sa jeunesse qui s'oublie dans la honte et l'incertitude, je me délecte du spectacle. Il est donc comme tous les autres, dans deux secondes il va trouver de quoi ramasser péniblement les quelques éclats ternis de son égo pour aller jouer plus loin, dans une cour qui n'est pas la mienne et le débat sera terminé. Nous nous croiserons dans les couloirs, nous serons deux étrangers qui ne souhaitent guère se connaître, encore moins prendre la peine de se mépriser car ce serait là du temps encore par trop gâché. Il rapetisse, sa digne taille et dans le silence qui suivent toutes mes attaques, je laisse l'ombre me convoiter mais jamais venue lécher ses épaules qui paraissent dorénavant frêle. J'aimerais tant voir son échine se briser. Quelque chose dans mon ventre racle le sadisme pour distribuer les chairs ensanglantées de ma satisfaction. J'ai l'impression de communier avec Arès dans un moment intense de dévoration de ma proie. Les chairs. Les os. L'esprit. Ma voix. Et son renoncement... Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi je suis éternellement solitaire, c'est une sélection naturelle. J'écarte la faiblesse avant qu'elle ne puisse m'éclabousser. La rythmique de mon coeur repus, mon doberman échappe un soupir de contentement à ma place et le plat de ma main vient flatter un instant sa truffe. C'est bien Arès... Nous allons nous éloigner. Il n'y a plus rien à attendre ici. Encore moins à espérer.

Mais... Le cadavre bouge encore et la stupéfaction m'étreint. Ne savent-ils donc plus lorsqu'il faut abandonner ? Y-a-t-il trop d'inconscience ou de folie dans ces êtres pour qu'ils ne comprennent plus quand il est grand temps de la fermer ? Alors que j'avais pris la décision de m'en aller, mon oeil retombe tel un couperet sur lui, prêt à le condamner ou à l'anéantir. Il n'y a plus que de la lassitude dans ma prunelle alors que je réalise qu'il se prépare à parler. Je lui accorde quelques secondes de répit, non par humanité mais bien dans l'indécence de mon ennui devenu de nouveaux fers qui me contraignent ici. L'ennui... Pire que ma colère. L'oeil délavé cherche à le noyer. Jusqu'à la maladresse de son langage qui brûle pourtant de cette détermination corrompue par l'ambition. Je penche très légèrement la tête sur le côté, laissant la déferlante me caresser et j'observe avec convoitise sa carcasse agitée par le combat. Ses mains contractées dans ses poches qui aimeraient tant cogner. Les traits de son visage harcelés par des réflexes ravalés. L'espoir me traverse d'avoir aujourd'hui seulement un adversaire qui vaille le temps passé, perdu, usé, j'ai dans la tête l'idée saugrenue que l'apparente médiocrité ne soit que le miroir déformant de mes errances dans un milieu trop clos, sclérosé par mes pairs, avili par des arrivistes qui croient que la course est déjà terminée juste parce qu'ils ont eu le grand talent de naître. Il est de ceux-là... Mais il est autre chose également. Je crois le distinguer sans pouvoir en être tout à fait convaincu. Le doute est un sentiment que je côtoie peu. Il demande de l'énergie. Il confine parfois à l'obsession. Le doute est intolérable... Tout comme ce personnage qui me fait dorénavant face et qui croit me bercer de vérités. Je connais tes affaires, je les connais, figure-toi. Je ne t'ai jamais rencontré, petit, mais je sais qui gravite dans les réseaux que je surveille. Ma paupière se plisse, je l'écoute attentivement, particulièrement quand il se permet la même libéralité que moi, à balancer ainsi mon nom comme s'il ne s'agissait de rien. Aucun poids. Pourtant je reçois la gifle et mon masque devient dur. Comme si son origine avait un quelconque cachet. Petit prétentieux.

Toutefois, il y a dans sa ferveur quelque chose de neuf, quelque chose de presque laid tant elle semble parfois le dévorer, jusqu'à l'inaccessible même, briguer le haut de la politique de Mayaku. Je pourrais m'esclaffer, rabaisser tant de ridicule s'il s'agissait seulement d'un rêve et non pas de ce qui se peint sur lui comme une infâme conviction. Il devient tout autre... De négligeable, je me surprends à croire qu'il faudra sans doute le regarder. Mon visage est toujours fermé, mais mon oeil le vrille comme pour chercher dans les replis de son âme ce qui saura délivrer son essence. Idéaliste. Ou avide ? Les deux sans doute. Les deux c'est mieux, ça brûle et ça dévore. Puis le discours meurt, sur ce que je pourrais presque croire destiné à m'atteindre si les deux expressions combinées n'étaient pas délectable. Entre sa traduction pataude que je peine à retracer dans mes souvenirs d'anglais et son "Daignez ouvrir vos yeux", pluriel presque offensant qui m'enchante, je ne sais plus répondre. Mon rire perce mes lèvres, menu, il vient pourtant du coeur. J'ai pour Marshall un nouvel intérêt, je reviens sur toutes mes positions à son égard, il y a peut-être quelque chose à faire de ce garçon. Sûrement en vérité. Mon sourire demeure, je peine à ne pas rire encore :
_ Ouvrir mes yeux ? Mes yeux ! Ah ! Marshall... Si vous saviez comme vos futurs collègues osent à peine lors de mes cours employer certains mots, quand vous vous permettez tout. C'est si rafraichissant, j'aime bien cela. La mairie alors ? Je vois que vous voyez grand, vos deux yeux s'abîment dans la fièvre du pouvoir...
J'aime cela plus encore. Ma tête toujours penchée, je glisse son cadavre ressuscité dans mon univers pour mesurer le poids de ses convictions emmêlées à l'accident qui fit cette rencontre. Je souris en coin, mon attaque n'est plus la même :
_ Je pourrais vous dire tant de choses. Que votre jeunesse vous trace des chimères. Que vous entreprenez un voyage qui ne sera pas aisé. Que pire encore, mon cher, l'on prétend toujours aux mesures signifiantes pour la majorité quand au fond... au fond oui, elles ne font que servir des intérêts très personnels. Je me demande à présent quels sont les vôtres au milieu de ce tableau presque insensé. Caprice de mon caractère, vous ne m'avez pas totalement convaincu mais disons que je vous laisserai sans doute le loisir de le faire.
Un temps, j'étire mes épaules, la décontraction retombe sous mon long manteau noir, je le regarde mais ne l'assassine plus totalement :
_ Qui est donc l'incapable qui se dit être votre senior entre les murs du palais depuis votre entrée au barreau ? J'oublie toujours son nom, je suis désolé. Enfin je ne le suis pas vraiment.
Une question anodine... aux atours de proposition sous-tendue. Peut-être. Sûrement.


Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.
| Lun 16 Oct - 0:12

Morgan Marshall

shh,
slowly more,
s l o w l y . . .



Qui est donc l'incapable qui se dit être votre senior entre les murs du palais depuis votre entrée au barreau ?
À mes lèvres se dessinent un sourire mielleux. Mes yeux à mon thé. L’Earl Grey s’agite comme une mer déchaînée. Il laisse quelques bulles qui s’éclatent d’elles-mêmes. D’un bord à l’autre, le thé, il tente de trouver un échappatoire, il veut s’en aller. Je bois le restant, décide de me mouvoir pour jeter le gobelet. Il y a une main qui récupère ma nuque, fragile. Je lui fais dos, toujours en souriant. Suspendre le silence afin qu’il comprenne de lui-même. Je retins un rire. Mes doigts passent entre mes deux piercings, suit la colonne vertébrale à mon crane. Je bascule l’intégralité de mes cheveux vers ma mèche pour lui redonner du volume. Mes lèvres s’entr’ouvrirent, je me retourne enfin vers lui. Il y a ma mèche qui me tombe sur le visage, mon air dépravé et condescend, excusez-vous, mais je suis votre junior. Je marque trois pas en sa direction. Trois pas qui me permettent de me remettre à son niveau. Ce que je désirais ardemment, mon titre d’assassin qu’on m’a ôté. Mes yeux traquent les siens. Je veux qu’il se rappelle de moi, qu’il conserve mon image pour les jours à venir, que l’ignorance qu’il m’a portée jusque-là n’existe plus. Oui, il allait se souvenir de moi qu’il le veuille ou non. Devenir maire est facile, brûle tes ailes pour lui estimer ta valeur, j’ai derrière moi des années d’expériences en tant que membre d’un conseil restreint d’une organisation mondiale. Il le fallait. Vous ne le savez peut-être pas, mais je suis un modèle à Londres, sinon j’ai su tisser un réseau en me rapprochant des meilleures personnes.
Nos deux corps se confrontait physiquement malgré le manque d’actes. J’approche mon visage du sien pour me permettre de respirer délicatement contre sa peau. Tu suivais les voies de Morhigann sans t’en rendre compte, Morgan. Lorsque la drogue me manquait profondément – comme actuellement, et la désintoxe que je m’imposais y était pour quelque chose – je devenais cet être qui se délecte par froideur et idéologies noircies. Il y avait quelque chose qui me confortait. Il y avait une partie de lui à l’intérieur de moi sans qu’on ne le sache encore, et pourtant. Il vient de s’intéresser à moi. Il l’a annoncé. De mon côté, je savais reconnaître que Jizo Takeda devait être le seul et l’unique en ce tribunal, à savoir maîtriser une cour. Perdre son intérêt, sonne en échec pour moi et pour le reste de la confrérie ; n’déconne pas Dreiden. L’animal à nos pieds ne semblait pas ciller. Je me faisais doux, lent, imprévisible et m’amusait à rendre ma présence des plus inconfortables. En ne le quittant absolument pas du regard, je le frôle en me mouvant autour de lui. Je sais qu’à cette heure-ci, nous pouvions être seuls, je sais aussi que, autant de froideur, ça m’est particulièrement familier. Si je me plantais en ma clairvoyance, ça me donnait un aller sans préavis en enfer. Il y a mon souffle contre sa pommette, court et léger. Un silence strident, malvenu, impropre, peut-être même improbable. À quoi est-ce que tu pensais, toi, à tes dix ans? Arrête, Dreiden. Le manque finira par t’avoir. Il était vrai que mon changement d’attitude ne présageait pas un bon état psychologique. La drogue, la confrérie, l’avarice du savoir. Je finis par lui sourire naïvement, tel que ma demande fût la plus surprenante ainsi posée. Je lui aurais planté le corps par deux fois, tranché la jugulaire et j’avais déjà calculé ma trajectoire pour fuir. À la place de ce schéma sordide, mes doigts sont en train de relever la manche de ma robe d’avocat pour dévoiler à peine les trois pétales à mon poignet, un début de crâne. Alors? que je lui répète en accentuant chaque phonème, à quoi est-ce que tu pensais, toi, à tes dix ans?



sick
| Lun 23 Oct - 15:33

Jizo Takeda


Cynisme et forfaiture. Qui être quand l'autre vous échappe, indistincte proie revêche. Parfois troublée. Parfois troublante. Je l'observe en oubliant tout à fait mon chemin, mon but, ou encore ma sensation de fatigue qui se voit remplacée par les pulsations de mon coeur. Endiablées. Il me tourne le dos, je détaille ses épaules, puis ses doigts qui furètent entre ses piercings que j'ai la soudaine envie d'arracher. Est-ce que tu sourirais, alors, Dreiden, confondu dans la douleur aveugle, mon oeil refermé ? Est-ce que tu sourirais encore, dis-le moi ? J'attends seul le déroulé d'une chute opérée. Je sais ce que je demande, je sais ce que j'exige. L'évidence de notre insatisfaction devenue conjointe. Presque embrassée. Ses cheveux dansent. Les mots tournoient dans ma propre tête, alors que je me tiens mutique, ombrageux, prêt à mordre, Arès aux aguets. J'attends. J'attends. J'attends. L'impatience se fait houleuse dans mon estomac trop vide, où le café dévore toutes les incertitudes des jours passés. Je balaye sa remarque d'un grondement ample de ma supériorité :
_ Oh... Vraiment ? J'avais entièrement confié à l'oubli ce léger... Détail. Jusqu'à ce jour. A moins que je ne décide bien entendu que ce jour n'ai jamais eu une seule raison d'exister.
J'appuie les mots. Mon intérêt est trop jeune encore pour s'éprendre de lui. Il demeure à son rang. Comme tous les autres juniors qui n'ont même pas gagné une seule de mes phrases. Tu n'es rien. Rien. Tant que tu demeures une simple ombre portée. Rien. Cynisme. Et forfaiture. Puis parfois, dans l'aube mordorée d'un seul regard : le futur délivré dans une sorte d'injure. Il est devant moi, ses yeux tombés dans le mien qui pourtant ne le repousse guère. Je lui demande d'entrer, au contraire. De dire, de voir, de faire enfin ce que j'attends. De lui. Vis à vis de moi. Revêts donc la splendeur usurpée à ta réputation où je ne daignerai plus jamais abandonner mon attention jusqu'à toi. Relève la tête, redresse ton argumentaire. Ou mon mentorat avortera à tes pieds, je te rejetterai comme la créature malformée que tu sembles finalement être. La mise à mort dans un silence de plomb. Ma bouche a soif. J'humidifie doucement mes lèvres en patientant pour la morsure d'un seul souvenir qui vaille la peine d'y revenir. Puis... L'envolée.

La rythmique change. Elle transparaît dans ses discours bien plus rapides, staccato des révélations que je ne comprends pas arriver. Je ne les entrevois que telles ces couleurs incertaines que l'on surprend au détour d'un seul rayon de lumière, qui foudroie une seconde. Qui s'oublie aussitôt. Non... Non. Il y a des impossibles au détour de ses phrases. Alors que je croyais l'enfermer dans son personnage, je sens soudain la froideur de chaînes choisies il y a bien trop longtemps sur mes poignets. Il y a une aigreur presque ineffable quand on s'aperçoit être le dupe d'un jeu que l'on a pourtant entamé. Non... Non. Ma mâchoire se serre, l'implacable vérité se déploie avec la lenteur des révélations d'importance, et je me suspens à l'érosion de mes mots tous enfuis. Ils se dissolvent dans le peu d'espace qu'il me laisse. Mon oeil suit la ligne de son visage trop proche, j'ai un frisson presque détestable quand il me hume telle cette proie que je semble être devenu. Non. Oh non. Ça... Jamais. Les dents serrées à broyer l'infamie. Son animalité me dégoûte et me fascine. Cela tout ensemble, dans un mélange opaque. Je le vois mieux que jamais, et cela n'a rien à voir avec sa brutale proximité, je le vois. Je te vois. Mon intérêt frôle les nues, m'empêche de respirer, ma pupille se resserre. Le doberman zyeute la scène en contrebas, mais jamais il ne s'interpose. Certaines de mes valses ne le concernent pas. Ça ne peut pas être cela. Ça ne peut pas. Jeu dangereux, Takeda. Tu joues, tu joues encore. Tu joues ta chance et tes effrois sur le fil de tes caprices. Il m'enserre de son pas, je ne lui fais pas le cadeau de le suivre, je me laisse contourner, je suis presque statufié en vérité. Les heures de la nuit approfondie défilent au rythme de son souffle sur mon épiderme. Je sais ce qu'il cherche à révéler sans l'entrevoir totalement. Tout mon être le sait et se tord de la cruauté d'une destinée toujours et encore hors de mon contrôle. Le silence m'oppresse car c'est le sien cette fois-ci. Le sien. Je ne dis toutefois rien pour le briser.

Les mots palpitent dans ma cage thoracique. Dix ans. Dix ans. Les sonorités d'une enfance honnie. Où l'ennui était déjà si palpable qu'il m'accablait. Qui étais-je, qui étais-je ? Trop proche. Trop d'images. Trop de bruit. Mon visage est glacé dans la rage qui pulse dans mes tempes. Mon masque glisse avec une lenteur implacable. Si Marshall semble se perdre, je ne sais quant à moi où il est encore possible de me raccrocher. Je le fusille de mon iris devenu sombre. Envoûté par des réminiscences dans la douleur d'une aiguille. Dans la rage de mon obsession déjà forgée. Celle qui m'a portée jusqu'ici. Qui m'a contraint aux chaînes d'une allégeance dont j'ai parfois le rêve de me défaire. J'entends le tissu se froisser. Mon oeil sait déjà ce qu'il dévoilera avant qu'il ne s'impose l'inacceptable. Tu croyais être libre hein ? Tu croyais décider de tout désormais ? Petit être enchaîné. Comme tous les autres. Et si tu comptes bien... Moins que lui cependant. Trois pétales. C'est comme une gifle, mon oeil brille d'une colère que je peine à ravaler. Elle froisse ma peau d'un seul tremblement de haine. Je ne suis le maître de rien. Non... Je refuse l'évidence, je la vomis. Ma voix est si basse, si différente lorsqu'elle passe la barrière de mes dents. Déformée par ce dévoilement que je ne souhaitais pas. J'ai l'impression que l'admiration est forcée quand elle est réellement présente. S'il se dévoile, c'est qu'il sait. Il sait. Qui je suis. Et à qui j'ai un jour juré d'appartenir aussi. Je reviens à son visage, scrute ses traits, m'abîme dans son regard. Son sacrifice pour mon seul intérêt, hein ? Il l'a tout entier.
_ A la même chose que toi... Dreiden.
Je sais ce nom. Je le sais. Si j'ignore le tatouage je sais déjà beaucoup de toi pour m'être renseigné. Oh je ne suis pas venu te voir. Je ne suis guère apparu dans ta suite par trop bavarde. Mais je sais. Ou je croyais savoir... Rire amer qui se bloque dans ma gorge. Avant que je ne continue :
_ A la sensation la plus complète qui soit. Celle qui rampe, qui grogne, qui donne l'illusion de la maîtrise. Je pensais au pouvoir. Sur moi et sur les autres. Pour oublier un bref instant le vide. Ce vide que tu ne cesses de remplir, encore et encore, avec ta came, ta façon d'exister en brillant le plus fort possible. Pour croire que tu ne vas pas te consumer. Je pensais à partir. Je pensais que rester là où j'étais né me ferait crever. Je pensais à ce que ça ferait de détenir enfin quelque chose... ou quelqu'un entre mes doigts serrés. Oui... Je pensais à tout cela.
Dévoilement pour dévoilement, ma confession m'échappe, donne à mon visage un air plein d'une vérité trop dissimulée, la sensation que la vie s'excite en moi, l'exaltation reparue sous la froideur, avant que je ne me permette de reprendre l'illusion de l'ascendant en murmurant à son oreille à mon tour, mes lèvres étirées en un sourire presque avide :
_ Mais on ne s'enfuit jamais, n'est-ce pas ? Ce que l'on convoite... ça ne suffit pas, Dreiden. Ça ne suffit tout simplement pas.
Ça ne me suffit pas. Mais rien... ni personne, ne m'empêchera de chercher ce qui se cache dans l'âme humaine lorsqu'on la façonne, la possède, la navre, l'étiole. Et la perd peu à peu.


Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu'il est fait, n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde.
| Dim 29 Oct - 18:51

Morgan Marshall

freedom in
our hell.
take my  h a n. . .



A la sensation la plus complète qui soit. Celle qui rampe, qui grogne, qui donne l'illusion de la maîtrise. Je pensais au pouvoir. Sur moi et sur les autres. Pour oublier un bref instant le vide. Ce vide que tu ne cesses de remplir, encore et encore, avec ta came, ta façon d'exister en brillant le plus fort possible. Pour croire que tu ne vas pas te consumer. Je pensais à partir. Je pensais que rester là où j'étais né me ferait crever. Je pensais à ce que ça ferait de détenir enfin quelque chose... ou quelqu'un entre mes doigts serrés. Oui... Je pensais à tout cela, c’est donc à tout cela que tu pensais. Une expression de ton âme, vivante, pulsante et aguichante, mh non, délectable. Oui. Délectable au même titre que les nombreux sachets de poudres que je sniffe.




L’empreinte de mon index parcourt le devant de l’épaule de Jizo, il est suivi de l’annuaire, puis le pouce qui récupère sa joue. Mes yeux se ferment. Le roux avait gardé son visage proche du mien, Mais on ne s'enfuit jamais, n'est-ce pas ? Ce que l'on convoite... ça ne suffit pas, Dreiden. Ça ne suffit tout simplement pas. Il m’extirpa un sourire tiré à la commissure de mes lèvres. Son contact ne m’évoquait plus rien et pourtant, il était si riche du travail de Morhigann. Une expiration à l’encontre de ses lèvres, puis je me reculais. Je n’ai jamais cru à la convoitise , dis-je en rouvrant les yeux, seule. J’ai fini par arrêter de croire en actant par ma propre liberté, je . . . soupire, lève les yeux à nos hauteurs à en presque basculer la tête de manière déconnecté, m’interrompt. Ça dure, un, deux, trois, puis cinq secondes, la sixième, j’adresse mon attention à lui. Je sais que l’histoire que nous vivons depuis ces générations n’ont jamais permis à nos Hommes de croire en leur propre condition. Je crois en l’humanité. Beaucoup trop ont sombré et nous ont quitté. Nous sommes des survivants, Jizo, et j’ai toujours acté en ce sens. J’ai toujours pris les décisions pour, j’inspire longuement en basculant mes iris ailleurs, jusqu’à ce qu’Il me repère. M’exclut. Je feins un sourire. Maintenant, ils choisissent sans moi, pour le pire.

Lentement, mes doigts tendent vers l’animal. J’ai sa gueule entre ma main qui par la douceur vient caresser son crâne, entre ses oreilles. L’image n’était pas anodine. Le crâne, le contrôle, la philosophie. Je referme encore les yeux et sourit un peu plus au contact du chien. Le plus fidèle ami de l’homme, le plus grand confident de Jizo. Qu’arriverait-il si je plantais l’animal ? J’entr’ouvre mes lèvres et expire lentement tout en découvrant le visage de mon interlocuteur. Le silence me laissait à un certain repos. Je trouvais avoir trop parlé sur ce qu’il était advenu de ma condition à la confrérie en un lieu qui n’était pas propice à cette sorte de discussions, je dois continuer mon chemin d’apprentissage à tes côtés à la cour pour me permettre de revoir leurs actes avant qu’il ne soit trop tard pour nous. Confiance avancée, toutefois aveugle, je détache ma main de son chien et redépose mes doigts à son épaule. J’aspirerai à porter les ombres comme la vôtre tant qu’elles respirent encore. Je te sais intellectuellement affranchit et libéré pour me suivre, me faire monter en compétence comme je te laisserai ma position si nous y parvenons , ma voix rendue plus las et articulant phonème par phonème, ensemble . . . vers notre liberté.



sick
|

Contenu sponsorisé