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 Havoc _ ft Vasily

| Lun 11 Juin - 22:16

Yumi Shinogaï

_  They call me a menace, they said that I’m cursed, but something about me making them jealous. So listen and learn.



C’est chaud. La main délicatement portée à ma poitrine, j’ondule avec lenteur. Une journée entière à paresser, sur une plage sans la moindre traces de vie. La saison des bikinis approchent à grands pas et n’étant que très peu patiente, mes pas me guidèrent ici bas. Le cul ensablé à admirer la houle se déchaîner. Les cheveux virevoltant à chaque bourrasque ainsi que cette odeur salé me rendirent quelque peu nostalgique. La nostalgie accable mes projets, elle ralentit mon âme et rend à ma peine peu à peu soulager un goût amer. Le soupire éteint par une bourrasque plus violente, je grimace. La main remontant à mon visage, j’observe autour de moi. La nuit pointe le bout de son nez et le soleil se lovant contre la mer capte mon regard. Vasily, tu vas rater ça. Un sourire léger, le silence, du moins, la nuisance humaine semble ne pas exister.
Mon dos retrouve la chaleur d’un sable doux. La main délicatement portée à mon front, j’admire. Un nuage danser contre ses étoiles timides. Elles sont là, nous guettes sans pour autant s’exposer. Leur sainte mère la lune n’est pas encore présente pour les garder. J’aspire, tordant mon corps dans une position fœtale. Mes pensées s’envolent un instant, je me sens petite, vulnérable, attendris par la nature environnante. Ça me soulage, un instant, puis l’autre me fait sursauter.  Ce n’est pas réel l’apaisement. J’aspire, tordant mon corps dans une position recroquevillée assise. J’observe, d’un œil discret les alentours. Le soleil s’en allant lentement, je suis peiné de ne pas être accompagné. Vasko, tu vas m’énerver. Pire qu’une bonne femme. Son handicape n’étant point une excuse, je languis de le corriger.

Des teintes orangés se reflètent contre la pâleur de ma peau. Une chaleur de substitution à ce visage si neutre, si inexpressif. Quelle ironie d’avoir en amour cette douce teinte. Mes mains glisse le long de mes épaules, enlaçant ma propre personne, je retire quelque grain de sable de mon t-shirt blanc. Je bascule à quatre patte pour venir fouiller dans mon grand sac à dos. J’en extirpe une bière ainsi qu’un paquet de cigarette décidément en mauvais état. Une grimace montrant la peur d’en tirer une cigarette écraser. J’acquiesce un profond soupire de soulagement quant mon regard inquiet croise celui de cigarettes en parfaite santé. J’en prends une, en brûle l’arrière puis tire. Tire un long instant, chassant un moment toute intérêt à mon environnement. Un nuage bien vite éparpillé. J’commence à cailler, mes gambettes finissent par en vibrer lentement. Qu’est-ce qu’il fout. J’ai besoin de me réchauffer, de bouger, de faire quelque chose. J’ai besoin de quelqu’un.



Ͽ naugh

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| Lun 11 Juin - 23:36

Vasiliy Ivanova

Le vert de l'horizon

Ce qui caresse sa peau, c'est la douceur d'un soleil qui s'éteint. Les dernières respirations d'un astre mourant, dans l'océan. Et qui glisse, ainsi, de ces lèvres abîmées à ces cheveux sombres et noirs de nuit. Il y a l'odeur de l'horizon, l'odeur du soir, l'odeur des eaux. Comme des soupçons de liberté, de chuchotement, et de sel, qui se mêle, dans la brise.  Et quelque chose qui siffle dans l'air, et le vent, qui bouscule le sable blanc. Le flux, et reflux, de la marée, peut-être. Ou bien des coquillages égarés, ou les souvenirs fantomatiques de quelques pêcheurs. Puis un manteau, rouge, qui claque, comme la voile d'une frégate se perdant dans le Pacifique. Un instant fugace, il a l'envie de s'en débarrasser, et de le regarder, ainsi, s'envoler. Quitter le rouge. Pour n'être plus que blanc, plus que noir. Et voir mourir, au loin, le chaperon. Se voir mourir, au loin, balayé, emporté, par un souffle. Mais il reste là. Le manteau sur ses épaules. Ses talons dans le sable. Et c'est ainsi.

Quelques secondes pour admirer les étoiles naître, et crier, et pleurer, avant de s'endormir, et de briller, pour l’entièreté de la nuit à venir. Vaska sourit. Mais ses lèvres ne bougent pas, ne bronchent pas. Comme congelées, sous moins trente degrés. Lentement, il soulève son bras valide, et tend ses doigts de rapace, ses phalanges distendues, vers le ciel. On s'attend à entendre des articulations craquer, une peau craqueler, quand il pianote dans le vide. Comme si le ciel était son piano. Comme si les étoiles et les planètes étaient des blanches, et des noires, et qu'il exécutait une partition aux proportions cosmiques. Mais aucune mélodie, aucune musique. Ni aria, ni blues, ni cantilène. Le silence éternel. Des espaces infinis. Il frisonne. Il grimace. Et marche, à nouveau.

Une légère oscillation, entre le désir d'une vodka, et l'envie d'un joint. Une légère oscillation, s'enracinant dans le même mal, et le même chemin pour s'en délivrer. Et, la main glissant dans le fond d'une poche, il opte pour une eau claire et transparente. De la glace des pôles fondue en bouteille. Flaque en flasque. Il porte un goulot à ses lèvres qui s’entrouvrent. L'eau coule le long de sa gorge, pour descendre, pour tomber, en lui, et s'égarer. Ils seront deux visages blanchâtres à s'enivrer des teintes orangées de l'horizon, et de ce soleil qui fane lentement. Quelle belle tristesse.

Quand il s'assoit à côté d'elle, le cul s'enfonçant dans le sable, il ne prononce pas le moindre son. Pas de bruit. Pas un souffle. Une silhouette fantomatique, les yeux dans cette obscurité bleuâtre qui l'emporte sur ces lumières crépusculaires. Un feu nucléaire qui se perd. Et la chaleur qui s'efface. Lentement. Lentement. Lentement. Tout n'était que question de seconde. Et de patience. De débat dans l'inévitable. De bricolage dans l'incurable. Mais, au final, il n'y avait que les secondes, lentes, qui l'emportaient, tel le vent. Encore. Quelques. Secondes.

« Et le rayon vert... »

Une touche de peinture, comme un intrus, dans cette palette de couleurs flamboyantes. Une anomalie, comme eux, comme lui. Une réfraction lumineuse dans l'atmosphère. Et, toujours, dans les yeux, la même fascination qu'Helena Campbell. Et voilà qu'il n'y a plus que la nuit. Et lui, une ombre parmi les ombres. La nuit, et la lune, et les étoiles. Et elle, aussi.

« Désolé de t'avoir fait attendre, Yumi. »

Aucune raison, aucune explication, dans son accent russe. Et que dire de plus, sinon qu'il avait joué du piano avec quelques étoiles, seules, et perdues, dans cette voûte céleste ?
| Mar 12 Juin - 0:46

Yumi Shinogaï




_ J’ai le regard pris dans cette tâche de vert. Un instant, mon visage se détends, s’éclaircit puis se renferme en sentant la présence du chaperon. Un petit regard porté sur lui, je le balaye de bas en haut. Intriguant, comme à son habitude, une froideur qu’il nous rapporte tout droit de Russie. J’apprécie sa présence, ne prend la peine de répondre. Inutile, il le regrettera plus tard.
Un instant, je me perd dans l’étendu étoilé qui s’offre peu à peu à nous. Une marée grimpante noyant le silence d’un doux son. Je repense à cette manière qu’à Vasily de caresser l’air. Plusieurs fois témoin de cette absence, je me réjouis d’observer ses techniques de défense. Habile de ses doigts, le reste doit suivre. Cela ne doit pas être simple de survivre, d’achever, de créer des chutes, un bras en moins, il subvient à ses besoins primaires. Je soupire, arrête de penser et décapsule ma bière. Une gorgée, puis deux, je la lui tends, et en profite pour planter mon regard dans le sien.
Une journée en Russie, concentré dans un regard. Un bleu hivernale, un bleu qui donne froid. Un tendre bleu où je me permet d’être noyer. Il me rappelle celui de Morden, mon tendre amour, mon tendre opposé. D’un froncement de sourcil, je balaye cette pensée. Une nouvelle bouffée de nicotine que sans gêne, je me plais à cracher contre le corps de cet iceberg. Une provocation pour plus tard. Je souris, minaude un instant avant de prendre la parole me détournant de lui.

_ Sert toi. J’ai de quoi s’envoler dans mon sac. Puis, j’ai ça…

De nouveau à quatre patte, la clope au bec, je tire du sac deux boken. Deux katanas fait de bois, entretenu, poncé. Les plantant dans le sable, je lui fais signe d’en prendre un. Ma carcasse s’élève doucement. Un craquement que je sens au niveau de ma colonne. Je m’étire, prend le temps de sortir de cet état de paresse. Une étincelle dans le regard, je me recule et retire la cigarette d’entre mes lèvres. Un nouvel écran de fumée qui file, file dans l’air. Je l’observe, croise les bras et reprend.

_ J’espère que ta journée fût paisible car, la tempête approche et tu n’es pas prêt pour ça.

Un petit rire soutenu d’un sourire. La cigarette crame, je l’écrase contre ma chaussure rester au près de mes affaires. Par amour de la nature, je la laisse tomber dans une bière, déjà vide. Me reculant de nouveau, je fais quelque pas, pour l’inciter à me suivre.Une idée me vint, je place derrière mon dos un bras. Ricane puis me met en place. Lançons se premier round, ce premier test. Un premier combat pour me faire une idée.



Ͽ naugh

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| Mar 12 Juin - 21:54

Vasiliy Ivanova

Une tempête qui approche

Aussi chaud qu'un soleil mort. Aussi doux qu'une nuit dehors. Et les étoiles en constellation qui se dessinent, par touche, dans le vide. Un vide spatial qui se reflète dans un corps. Comme un silence qui résonne dans des vagues qui grignotent le sable, dans la marée qui vient et qui se retire, qui approche et qui fuit, qui monte et qui descend, lentement. Vient l'amertume d'une bière qu'elle lui offre, qu'il attrape, et dont il boit quelques longues gorgées, les doigts enserrant l'aluminium de la canette, sans le moindre grincement. Puis la fumée d'une cigarette, nuage de nicotine, s'écrasant sur son épaule, comme sur un récif, et remontant, doucement, à ses narines. Un sourire naît sur des lèvre féminines, comme une étoile dans des prunelles enneigées. Et ce sont les astres qui meurent qui brillent le plus. Lumière fugace, donc, faible et pâle, dans l'immensité noire. Son regard qui se lève sur le ciel... Combien éclateront ce soir, pour s'éteindre demain ?

Les mélodies nocturnes se tapissent dans cette voix, qui plante deux sabres de bois dans le sable. Et les étoiles qui se confondent avec quelques grains de beauté sur son visage, un peu. La paresse dans les os de Vaska le supplie de demeurer assis, face à l'horizon. Mais elle s'élève doucement, et s'étire, lentement, et sa voix, à nouveau, s'étend, jusqu'à ses tympans. Journée paisible ? Longue et lente, comme hier. Aujourd'hui et demain, c'est encore la même journée. Ses lèvres reviennent à la canette de bière, qu'il vide, dans un dernier trait à tirer sur une tranquillité latente. Écrasée, déformée, par des doigts, comme des serres, qui se resserres, sur une proie, elle retombe sur le sable blanc. La tempête approche. L'hiver aussi. De degrés en degrés. Un hiver russe, un hiver rude. Neige, glace, stalactites, frisson, des os qui craque et des corps qui glisse, et une brise qui mordille, croque, déchire l'épiderme. Moins vingt, moins trente, degrés, dans le regard. Il se lève, le cœur congelé.

Et sa main qui attrape le boken, quand l'autre reste morte le long de sa cuisse.

La tête incandescente d'une cigarette s'éteint dans l'obscurité, comme ce soleil qui n'est plus. Une lassitude demeure dans ses artères. Son cœur bat, mollement. Le sang circule, lentement. Et c'est un katana sans vitalité qui se dresse entre lui, et elle. Un souffle glisse sur ses lèvres, et valse, et se perd, avec une dernière volute de fumée. Il attendait une soirée calme. De la bière. De l'herbe. Quelques effluves d'une vodka aux goûts des origines. Et il se tenait debout, un pied en arrière, un boken dans la main. Et elle qui l'imitait autant que lui l'imitait elle. Un sourire étirent le coin droit de ses lèvres. Il n'était sans doute pas prêt pour cela. Et c'était tout ainsi bien. Elle était belle comme les ruines d'un immeuble, Nagasaki le matin du 10 août 1945, avec la douceur de son visage et cet ouragan dans le regard.

Et ses doigts qui serrent davantage le bois de son arme. Dans une nouvelle brise, danse la veste de sang du chaperon. Des pluies noires s'écoulent devant ses yeux de glace. Quelques fossiles s'éveillent dans ses entrailles. La perspective de perdre des coups. Et d'en donner. La douleur. Une douleur organique. Une douleur charnelle. Son sourire s'élargit. La tempête approche. L'hiver aussi.

« Je t'attends. »
| Mer 8 Aoû - 14:44

Yumi Shinogaï

Un fracas, un craquement, un genoux à terre



Et le vent s’engouffre entre nos deux corps mettant à jour nos deux visages. La lecture d’une tension sans équivoque et ce petit sentiment d’excitation qui flotte ; ça m’prends les tripes. Tandis que le soleil tire sa révérence, nous ne faisons que commencer. Commencer à se jauger, d’un regard, d’un mouvement trompeur ; ça m’prends aux côtes. Une expiration quand mon corps s’abaisse lentement, une manière de le saluer, lui et son courage. Je ne suis pas amoureuse du kendo pour marquer des points, je me prépare à mieux, à l’adrénaline d’un vrais combat. Un besoin dévorant de mettre à mal mon épiderme, ce besoin obsessionnelle de faire mettre un genoux à terre. Une inspiration quand je me redresse sentant avec joie la moiteur de ma main autour de ce bâton en bois ; je déglutis. Comme excité avant de passer à l’acte, j’ai cette flamme dans le regard et sans crier garde, ça fend l’air. Ça vous bouscule et vous tourmentes, prenant vos tripes et vos côtes dans un broyeur sensationnel. Un pas après l’autre, je dévie le vent soulevant dans un silence mortuaire l’arme au dessus de mon crâne, le dirige avec précision sur mon opposant, créant un fracas quand finalement elle s’écrase sur son bras portant.
Un fracas, très certainement un craquement, je déborde d’une envie de le voir à genoux. Mon corps pivote et avec grâce passe derrière le jeune homme. Noblesse de ne pas en rajouter, je suis plus joueuse à l’instant même. Mon corps s’abaisse, cherchant une oreille, je murmure :

Première leçon Vaska, mon souffle parcourt sa nuque et je reprends , on ne fait pas attendre une femme.

Puis le silence vient. Combien de fois ai-je fais tourner cette question dans ma tête ; celle de la loyauté. Dans un combat, rien ne m’empêche de détruire chaque engagement prit, tant que ma victoire est assurée. Je rigole, comme pincée par cette avidité de contrôle, mon bras gauche tombe le long de ma cuisse. Des doigts qui court son dos, remonte, encore, encore pour effleurer sa peau écarlate et se bras qui finit par étrangler sa proie. Son corps penchera contre le miens tandis qu’avec force je le tiendrai. Un second murmure frôle son oreille :

Deuxième leçon, on apprend des choses ce soir, hein, un sourire animant le coin de mes lèvres, je reprends bien plus bas, tout est permis.

Calme toi, mon cœur. Personne ne te fera de mal tant que je serais là. Tu palpites, t’excites, tout ça pour rien. Mes tripes, par ta faute sont remués d’un nauséeux désir ; mes côtes t’oppressent plus qu’à l’habitude. Mes poumons ne te suivent plus mais on dirait que ce n’est pas la première fois. On vit ensemble, entre misère et rebondissement.
Une expiration, lente quand je desserre ma prise pour reculer d’un pas. Ce petit sourire refuse de s’en aller, c’est pénible mais je suis bien trop excité. Ce soir, je prends une fois de plus, la lune pour témoin. Le combat est une passion qui me détruis, je n’ai pas l’ascendant par pur envie. Par automatisme, par instinct de survie. Alors, je me demande si je suis bien la seule à vouloir survivre à ma propre personne.



Ͽ naugh

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| Lun 13 Aoû - 20:21

Vasiliy Ivanova

De l'air dans les poumons

Le silence, et une brise maritime, dans une marée qui monte, s'enfuit, s'en fout. Des molécules salés dans l'air, de l'iode dans les poumons, et les dernières lueurs d'un soleil agonisant. Les couleurs du crépuscules, et les premiers étoiles. Des teintes oranges et l'obscurité de la nuit, des éclats d'astres, sur des cheveux de corbeau, sur une peau laiteuse, épiderme de macchabée. Le silence est une brise maritime, l'écho d'un instant qui vacille, la voix d'un pendule qui oscille. Un tableau de Turner. Les chairs demeurent immobiles, attendent un coup de feu qui ne viendra pas. Les muscles se détendent. Les paupières recouvrent des rétines froides. Des grains de sable glissent, se dispersent. Est-ce possible qu'une chaleur monte dans un corps si froid ? Un frisson, un bras mort, des yeux clos. Il ne la verrait pas venir. Statue de marbre attendant que pioche et dynamite l'esquintent. Pioche, dynamite, et le bois d'un katana. Elle. Avec son cœur qui s'emballe, et cette violence qui se dilue dans ses veines, comme l'alcool que tu ingurgites, la drogue que tu inhales. Statue de marbre attendant qu'elle t'esquinte. Un sifflement dans le vent. Un craquement. Une douleur lancinante, qui s'étend, qui se répand, comme un feu de forêt. Le mercure baisse. Le bras tombe, et le bois caresse le sable. Les paupières grande ouverte, elle n'est déjà plus là. Mais la douleur persiste, comme le vestige de son image. Un sourire se creuse sur les lèvres du chaperon. La douleur emporte ce souffle qui parcourt sa nuque, et le son de sa voix. Il ne la ferait pas attendre bien longtemps.

Juste encore un peu.

Simplement le temps de sentir les phalanges glisser sur son dos. Simplement le temps de sentir ce bras qui s'enroule autour de son cou. Un serpent resserrant doucement son emprise, et un souffle qui s'épuise. Et le mal montant lentement le long de son bras. Vaska ferme les yeux, s'abandonne. A elle. A la douleur. Une ironie amer sort de la nuit, et l'amuse. Fumer, pour oublier la douleur de l'existence, de la naissance, et apprécier la douleur, comme la dernière preuve de la persistance d'une humanité qui demeure. La fuir, et y revenir, et l'aimer. Narcoleptique, et souffrance. Le mercure tombe. L'hiver approche. Son cœur s'emballe. Et, sur son visage, un nouveau sourire, en émail diamant, quand le souffle lui manque, terriblement. Il ne sait pas si c'est le soleil qui se suicide dans des eaux couleurs de noyade, ou sa vision qui se brouille. La nuit les englobe, dans des bras trop froid. Sa bouche s'ouvre à la brise, au monde, au chaos d'étoile. Ses poumons se rétractent, cherchent de l'air, mais n'attrapent pas même le souffle de Yumi qui s'écrase sur sa nuque. Ses lèvres  qui montent et supplient dévoilent des canines de chien errant, seul dans la nuit.

Puis, la brutale entrée de l'atmosphère dans les poumons, qui se gonflent, et reprennent leur rythme. Les cordes vocales ne peuvent retenir un son de satisfaction, de soulagement. Le dos se courbe, le visage de l'épouvantail face au sable. Pas de genoux à terre. Pas encore. Une seconde, et il se redresse. Le fantôme d'un bras qui n'est plus masse ce cou meurtri. L'autre tremble. Du poids de l'arme, du poids de l'excitation, du poids de la douleur. Et un sourire carnassier, comme une fissure dans la glace, qui revient. Il lui fait face. L'hiver est là.

« давай... »(1)

Le carmin d'un manteau de sang claque dans le vent de l'océan. Un corps, comme une balle, perdu. Une arme maladroite frappe le bois, une fois, deux fois. Une longueur handicapante, quand un bokken demande les deux mains pour le manier, le faire danser. Vaska valse avec une jambe de bois. Et c'est un piètre danseur. Mais ce sourire demande plus. Comme ce cœur qui, sous la poitrine de Yumi, pompe de l'adrénaline. Pulsation sadique. Sourire masochiste. L'arme se dresse vers Mars, et tombe, en guillotine, vers un crâne qui demandait à être fendu. Coup bloqué. Un de plus. Le pied gauche pivote, le corps tourne, la jambe droite se lève, et une semelle de Dr Martens frappe le ventre de la jeune femme. Et quand elle recule, il se permet un rire à peine audible, qui se perd dans l'horizon.

« Et si on pimentait la partie, Юмишка(2) ? Celui, ou celle, qui se relève pas, en devra une à l'autre... »

1 - "Davaï", soit "Allons-y".
2 - "Yumishka", diminutif affectif pour Yumi.
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