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 I'm not here to kill you || ft. Morgan

| Dim 15 Avr - 21:38

Myra Atkins



 



I'm Not Here to Kill You


Myra & Morgan



Traquer les déplacements et les agissements de Razgut n'avait jamais été une mince affaire, même à Londres. Il n'était peut-être pas l'individu le plus raffiné ou le plus intelligent que la société ait à offrir, mais il avait au moins la présence d'esprit de couvrir ses propres traces de façon décente. A Mayaku, étrangement, traquer Razgut semblait encore plus épineux. C'était comme si la ville l'avait avalé, comme si il savait qu'en arrivant ici il deviendrait une ombre, comme si... Comme si il y avait un lien spécial entre cette ville et lui.
Cette pensée avait hanté Myra. Jour et nuit depuis son arrivée elle avait cherché ce que Mayaku avait de spécial, dans l'espoir que cette découverte la mène directement à l'homme qu'elle cherchait. Ce n'est qu'après des semaines de recherches qu'une information, potentiellement cruciale, lui parvint aux oreilles. Selon les racontars de bars et de ruelles, Mayaku abritait une Secte d'Assassins. Elle n'avait aucune preuve officielle mais la jeune femme avait appris d'expérience que les rumeurs, si elles étaient assez récurrentes, étaient très souvent véridiques. De plus, si Razgut devait s'allier à une organisation, il n'y avait aucun doute dans l'esprit de Myra qu'un groupement d'Assassin serait son premier choix. Avec cette information en poche, il ne lui avait pas fallu très longtemps pour découvrir un nom.
@Morgan Marshall. Célèbre, riche, influent et, plus important, lié d'une manière ou d'une autre à cette fameuse Secte. Il semblait cependant être en disgrâce mais cela le rendait d'autant plus utile aux yeux de Myra. Une homme de ce genre devrait être en mesure de lui apprendre si Razgut était, bel et bien, de mèche avec la Secte. Elle pourrait donc recevoir l'information qu'il lui fallait sans pour autant avoir à se lancer elle-même dans une mission pointilleuse afin de s'infiltrer dans l'organisation en question.
Trouver Marshall avait été l'étape la plus simple de toutes. Cet homme était une figure publique et, apparemment, personne à Mayaku n'ignorait ce qu'il faisait ou encore où il vivait. Myra avait alors fait le tour du quartier, de jour, puis avait décrété, une fois la nuit tombée, qu'il était temps de dire "Bonjour" à Monsieur Marshall.

Il était 2h30. 3h tout au plus. Myra, vêtue de la tête au pied en couleurs sombres, se lança dans ce qu'elle savait faire de mieux : s'infiltrer. Passer inaperçu aux yeux des passants et des diverses caméras s'avéra ridiculement simple. La jeune femme s'était attendue à plusieurs gardes body-buildés autour de la villa, mais elle n'en croisa aucun. Alors qu'elle grimpait sur la façade arrière du bâtiment pour atteindre un balcon, Myra se promit de dire à Marshall que sa sécurité laissait à désirer. Rapidement, sans un bruit, la jeune femme atteint le balcon, puis la porte-fenêtre qu'elle visait. De fins rideaux lui entravaient la vue, mais par l'interstice entre les deux morceaux de tissu, Myra put voir qu'elle avait deviné juste : de l'autre côté de la vitre se trouvait un bureau, apparemment vide. En glissant deux doigts dans la poche arrière de son jean, elle récupéra un kit de crochetage, ancien et usé mais toujours aussi efficace manié par la bonne personne. La porte-vitrée céda bien vite sous ses doigts expert et Myra se laissa entrer avec un petit sourire satisfait au coins des lèvres.
Son arrivée, bien que discrète jusqu'ici, était faite pour être théâtrale et, surtout, remarquée. Ses frères l'auraient sans doute réprimandé si ils l'avaient vu. La bonne manière de procéder aurait été de rentrer, de fouiller le bureau pour trouver des informations utiles puis de disparaître. Cependant le plan de Myra incluait un contact avec Morgan Marshall. C'est pourquoi elle se laissa tomber dans la chaise en face du bureau et souleva ses jambes afin de poser lourdement ses pieds et ses mollets sur le bureau. Du bout du pied, elle poussa volontairement un presse-papier qui tomba au sol, déchirant le silence avec un bruit sourd avant de rouler à l'autre bout de la pièce. C'était le milieu de la nuit, que Marshall soit éveillé ou non, ce son allait l'alerter.
Les pieds posés nonchalamment sur le bureau, les bras croisés sur sa poitrine, Myra attendit patiemment que sa cible ne se manifeste, se délectant d'ores et déjà de la surprise qu'elle pouvait imaginer prendre possession de son visage quand il découvrirait que quelqu'un était entré par effraction chez lui.



par humdrum sur ninetofivehelp
| Mer 18 Avr - 19:29

Morgan Marshall

I never wanted to be your lover,
I ver wanted to be your friend . .



Mon visage est contre l’oreiller. Mon corps entier, plongé dans les draps. Un avant-bras recroquevillé contre mon front et l'arête de mon nez. L’autre, il se reposait sur mon torse. Deìth, mon sacré de birmanie dormait non loin. Allongé de tout son long, il se permettait de déposer sa queue contre mon mollet. On dormait à poings fermés depuis quelques heures maintenant. Une longue nuit après de longues réflexions sur ma possible alliance avec Okami. En vérité, Mendax, il avait le profil du Yakuza. Ce mec, les mois qui viennent, il n’allait pas en rester là. Je savais son âge. Je savais un peu son histoire. J’entendais surtout son discours. Ca manière de procéder, j’entends, sa vision, méritait d’être travaillée. C’est ce qu’il cherchera en les intégrant. Je ne me faisais pas de doute que Yumi, son père par extension, allait le construire. Moi? Je m’étais lié avec un bientôt Yakuza. Mon sommeil était léger.
Soudainement, un bruit. Le sursaut de mon corps, celui de mon chat. Mes yeux s’écarquillèrent. D’une main je redresse péniblement mon buste. Je me dégageais des draps après un colmatage de quelques minutes. Mes cils papillonnèrent tandis que je me dirigeais vers le lieu-dit où j’avais ouïe un objet tombé. Mon chat s’y était rendu plus aisément que moi, s’était déjà engagé à renifler l’inconnue que je découvrais à l’ouverture de la lumière. Une silhouette féminine à la postule d’enquêtrice, les jambes croisées, la poitrine soulevée par ses avant-bras. Une coupe carrée, le visage anglais. Ma première impression, juste parce qu’elle me semblait anglaise, me donnait le sourire - puis, fallait dire que je venais de me lever d’un sommeil profond, mh. Alors j’appuie mon avant-bras contre le contour de la porte, je frotte mes yeux délicatement de mon autre main. Je tape dans l’expression purement britannique en lui demandant qui elle pouvait bien être, juste pour confirmer mon impression. All right?





sick
@morden
| Dim 22 Avr - 23:34

Myra Atkins



 



I'm Not Here to Kill You


Myra & Morgan



Comme prévu, les pas derrière la porte ne se firent pas attendre bien longtemps. J'avais à peine eut le temps de mentalement cataloguer les objets de valeur dans la pièce quand un chat apparut dans l'embrasure de la porte pour venir me renifler depuis le pied de la chaise, rapidement suivi par un homme fin aux cheveux roses. Marshall, aucun doute la dessus. Sa réaction était inattendue : un sourire. Un homme qui ne prend pas peur face à une inconnue qui s'introduit chez lui.. Intéressant. Inconscient et idiot, mais intéressant.
Nonchalamment, je laissa tomber ma main pour gratter, du bout du doigt, l'arrière de l'oreille du chat, sans pour autant quitter Marshall des yeux. Entendre ma langue natale rouler si naturellement sur sa langue me donna un léger frisson, me rappelant mes origines et les personnes que j'avais abandonnées à Londres. Cependant, la sonorité même de la langue anglaise fit naître un sourire sur le coin de mes lèvres. Mon expression était sérieuse, dangereuse, mais amusée. Je faisais partie des Corbeaux et même si ma féminité ou mon apparence pouvaient parfois me donner l'air d'être sans défenses, j'étais mortellement dangereuse et l'homme face à moi ferrait bien de s'en rendre compte et de s'en souvenir.
Après avoir laissé une seconde s'écouler en plein silence, je replia lentement les jambes, posa les pieds au sol et, après mettre levée, me rapprocha de Marshall, les bras croisés. Your security sucks, Mr. Marshall. Ravie d'avoir abordé ce point, je pencha légèrement ma tête sur le côté mon sourire amusé toujours plaqué au creux de mes lèvres. Je décroisa finalement les bras de ma poitrine et, d'un geste souple, presque machinal, fit rouler mes manches sur mes avants-bras, dévoilant le grand tatouage en forme de corbeau stylisé qui se trouvait sur l'intérieur de mon avant-bras droit depuis des années. I think we need to talk.



par humdrum sur ninetofivehelp
| Jeu 21 Juin - 22:32

Morgan Marshall

London . . .


On eut le même frisson. La même jouissance d’entendre entre nos lèvres ce même timbre Londonien. J’expirais délicatement entre mes lèvres, conservant son regard au mien de la même intensité qu’elle me le rendait. Elle avait eu toute mon attention en une fraction de secondes. Son sourire n’était pas pour me déplaire, aussi lui souriais-je un peu naïvement, par contre, je m’arrêtais immédiatement à la vue de son tatouage. Les Corbeaux. Élevant mon nez en l’air, je déglutis. Mes lèvres s’entrouvr’èrent à nouveau.




Morgan, on ne peut pas faire ce que l’on veut. Ils ont une présence bien plus importante que la nôtre. Tu es encore trop jeune pour le comprendre. Ces histoires de business, ça ne m’intéressait pas. Je voulais juste savoir qui ils étaient, ces personnes de l’ombre aux histoires sensiblement liées aux nôtres. Une histoire de géo-politique nous avait conduit à Mayaku. Ils avaient l’avantage à Londres, nous devions l’avoir ailleurs pour le reprendre plus tard. On m’avait alors appris la patience et que partir pour le Japon voulait dire que nous avions Londres pour nous les quelques années qui suivraient. Que nenni, j’avais juste appris qu’un des leurs nous avait rejoint. Qu’il n’avait pas hésité à vouloir m’évincer pour récupérer la place qui était la mienne au sein du conseil. Razgut, son choix était de dissoudre les Corbeaux, mieux régner grâce à la Confrérie et diviser nos familles respectives. Marshall, Atkins.




Je déglutis encore. C’était malaisant. Je n’avais rien pu faire pour eux. Pour parler vrai, je n’avais rien fait du tout. Pur égoïsme. J’avais la confrérie à dos depuis de bons mois déjà. Leurs histoires, j’en étais foutrement plus au courant ; mon exclusion m’avait désemparé. Tandis que la jeune Atkins semblait prendre ses aises, je l’observais très sérieusement. Elle venait de me replacer devant mes responsabilités. Responsabilités derrière moi. Eh quoi ? Elle n’était pas au courant de tout ça. Elle ne pouvait pas savoir. Elle, elle vient pour couvrir ses intérêts – et elle avait bien raison de le faire – sûrement, il a dû se passer des histoires tragiques pour qu’elle en vienne à me sortir du lit en pleine nuit. Well, erm.
Le chat se dandinait avec panache entre les jambes de mon interlocutrice. Je portais honteusement mon tatouage à mon avant-bras. Je n’étais pas très serein, pour autant je ne m’en cachais pas vraiment. Je vins m’approcher d’elle. En prenant appuie sur le bureau, je m’y asseyais, croisa les jambes. Pour être complètement honnête avec toi Myra, je n’ai plus réellement de relations avec la Confrérie. Je m’en suis fait évincer il y a de ça, huit bons mois. J’ai eu vent de la montée de Razgut au conseil ; aucune idée de la viridité de ces propos. De mon côté, j’ai abandonné le fait de devoir faire mes preuves, encore et encore. Je ne donnerai plus de ma personne dans de la perte d'efficience. Un léger sourire en coin, dédaigneux. Je vaux mieux que ça.
En toute politesse, je vins récupérer au travers de mes doigts fins son poignet. Je l’invitais à se lever pour rejoindre le salon, nous n’allions pas rester ici. La petitesse de la pièce rendait ça étouffant plus qu’intimant. La laissant me devancer, je profitais d’avoir son dos face à moi pour retirer doucement ce qui lui couvraient les épaules. Je m’occupais à lui servir un thé chaud et quelques gâteaux qui provenaient strictement de Londres. Quant à moi, je m’étais emparée d’une chemise noire que je n’avais pas boutonné jusqu’à sa fin. Désolé pour les Corbeaux, tu sais tout le respect que je porte à tes proches. C’était la vérité. Elle en était consciente. Mon cousin n’était pas moi. Moi, je n’étais pas mon cousin. Alors on buvait notre thé, mon auriculaire élevé. Le bleu givré de mon regard maintenu. Elle n’avait pas le droit de quitter mon attention. Celà maintenant dit, il est de mon devoir d’agir avec loyalisme, aussi sache que je ne laisserais personne renverser ma famille, ni celles avec qui les Marshall se sont alliées. J’ai besoin de reprendre ce qui m’est dû, pour les miens et pour Londres. J’accuse l’intronisation de Razgut au sein du Conseil de la Confrérie par les Corbeaux aux finalités de trahir les Marshalls ; qu’as-tu à dire à ça, Myra Atkins.



sick
@morden
| Sam 23 Juin - 19:49

Myra Atkins



 



I'm Not Here to Kill You


Myra & Morgan




Il connaissait mon nom. Il connaissait les Corbeaux. Il connaissait Razgut. Evidemment qu'il connaissait tout ça, c'était un Marshall après tout. Étrangement, je n'avais pas réalisé entièrement ce fait avant cet instant, ou plutôt j'avais consciemment décidé de l'ignorer, refusant sans doute de vouloir imaginer ce que quelqu'un connaissant la situation de ma famille pourrait me dire, refusant d'accepter d'être l'objet de la pitié de quelqu'un. Mais les faits étaient là, Morgan était un Marshall, sa famille était à la tête de la Confrérie et il était au courant, sans doute dans les moindres détails, du meurtre de mes parents. Et il me présentait ses condoléances, en plein milieu de la nuit, après que je sois entrée par effraction chez lui.
J'avais reçu un grand nombre de condoléances auparavant, mais dans la bouche de Morgan, elles ne semblaient pas avoir le même impact. « Je suis désolé » sonnait souvent comme « Avec leur mode de vie ce n'était qu'une question de temps » de la part des personnes extérieurs au gang. « Mes condoléances » avaient toujours un arrière goût de « Qui va reprendre la tête des opérations ? » dans la bouche des autres Corbeaux. Pour ce qui était de Morgan en revanche, mes oreilles ne se mettaient pas à bourdonner sous le bruit des intentions mal dissimulées et des non-dits évidents. « Désolé » voulait dire « Désolé ». C'était clair, respectueux et sincère. C'était ce qu'elle avait voulu entendre. C'était parfait.


Maintenant assise dans un salon luxueux, une tasse de thé fumante entre les doigts, je l'écoutais me parler. Je n'aurai pas dû me sentir à ma place, j'aurai pû trouver la situation gênante, étrange ou simplement ennuyante. Mais non. Tout semblait naturel. Un Marshall face à une Atkins. Comme les retrouvailles de deux vieux amis qui ne s'étaient, en réalité, jamais rencontrés.
Alors que le chat ronronnait en se frottant dans mes jambes et que l'arôme délicieux du thé brûlait ma gorge, je ne fût même pas surprise par sa dernière accusation. Il avait perdu sa place au sein de la Confrérie, une place qui lui revenait de plein droit, ne serait-ce que grâce à son nom. Une place qui avait été dérobée par un Londonien dont l'arrivée avait très vite été suivie par ma présence, moi, la fille des Corbeaux. Cela avait de quoi éveillé les soupçons de n'importe qui. Mais Morgan Marshall n'était pas n'importe qui. Et il n'avait pas toutes les pages de cette histoire.


Tu es loin de Londres depuis bien longtemps, Morgan Marshall. Finis-je par répondre d'une voix calme et basse, presque traînante, après un long silence. Nous dominons l'empire britannique et ce depuis longtemps, je n'ai pas la prétention de te l'apprendre. Tu comprendras donc que nous n'avons que faire d'envahir le continent que la famille Marshall et sa très chère Confrérie souhaitent coloniser. Je me pencha ensuite un peu en avant, comme si je m'apprêtais à dévoiler un secret qu'aucune autre oreille ne devait percervoir. De toi à moi, l'expansion des Corbeaux se fera par la Russie. Le thé y est rare, mais il est dit qu'il y est exquis. Et le régime politique mit en place représente un challenge auquel ma famille n'a jamais sût dire non. De retour dans ma position originelle, je croisa les jambes, recevant un regard couroussé du chat qui s'amusait, il y a encore une minute, à faire des zigzags entre mes deux mollets. Après une gratouille bien placée derrière l'oreille du félin, mon attention se reporta sur Morgan, dont les yeux de givres ne m'avaient pas quitté. Je plongea à mon tour mes prunelles émeraudes dans ses yeux et, malgré mon sourire légèrement amusé, c'est avec un grand sérieux que je repris la parole. Mon défunt père, paix à son âme, ne possédait peut-être pas de nombreux diplômes comme les membres de ta famille, mais il s'avère qu'il savait gérer son gang comme personne. Notre domination de l'Angleterre en est là preuve. Tu comprendras donc mon outrage quant à l'idée même que le célèbre « Boss » des Corbeaux ait put être assez idiot pour avoir dans ses rangs l'enflure de première, doublé d'un lâche et un traître, que nous connaissons tous deux sous le sobriquet de « Razgut ». Je laissa échapper un soupire, plus pour l'aspect théatrâle de la chose que par pure exaspération. Vérité soit faite, le microbe dirigeait un gang rival que nous avons décimé il y a des années de ça. Je doute qu'il se vante de ça auprès de ses nouveaux « amis » cependant.


Alors que je parlais, mes yeux ne lâchèrent pas les siens. Comme j'avais appris à le faire durant des années, je scannais l'homme que j'avais en face de moi, lisant ses réactions dans la prunelles de ses yeux et dans les mouvements fluides de ses traits. Quand je vis dans son regard que le suspens avait atteint son paroxysme je sus qu'il était temps. C'était le moment de poser mon carré d'As et de faire tapis. Je bus une longue gorgée de thé, posa la tasse sur la table entre nous, glissa lentement mes mains croisées sur mon genoux et asséna le coup de grâce. Il est la personne derrière l'assassinat de mes parents.



par humdrum sur ninetofivehelp
| Sam 23 Juin - 21:56

Morgan Marshall



Myra m’annonçait des dires que je n’aurais pu m’imaginer. Rien ne m’avait été dit de ce drame. Rien n’eut su m’alerter. Face à son discours, j’en restais coït. On parlait d’ignominie de la plus haute importance. D’un meurtrier affilié à aucun de nos deux parties. Le vécue de la jeune anglaise transparaissait à la tonalité de sa voix, aux francs de ses mots et à la dureté de ses volontés. Je perdais son attention à faire profil bas, le regard perdu sur tout sauf sa personne. Je réalisais la menace de lui laisser librement ma position au sein du conseil. Il était le cinquième, il tranchait sur les décisions importantes et était l’entremetteur de père. Je déglutis. On avait laissé entrer un monstre en notre terrain de jeu pour mieux nous saigner. De part et d’autre, mes pupilles allaient. Mes sourcils se froncèrent un peu. Qu’il était dur de réaliser l’ampleur de ces conséquences. De savoir qu’on était fautif par un trop d’égoïsme. Je me levais. Délaissait le thé.
Je marquais deux pas vacillant m’apprêtant à regagner l’air de mon jardin pour m’arrêter net et planter ma vue sur Myra. En l’intérêt de rester à ne rien prononcer, seulement l’observer.
À ce moment précis, elle m’inspirait l’admiration. Je me demandais comment elle avait pu faire face à ça. Je remarquais sa petite cicatrice sur la pommette gauche. Les Corbeaux étaient encore vivants, Londres entre leurs mains. Elle en avait certainement pris les rênes. Malgré cela, elle se trouvait au Japon, devant les Marshalls, à demander que vengeance soit faite. J’élevais le menton, bien trop pudique pour lui faire part d’une étreinte et me mouvait à l’endroit désiré. Il n’y eut plus que le bruit de la fenêtre coulissante pour marquer ma présence. Mon épaule et mes côtes se déposèrent au rebord. Ma vision se déportait sur l’extérieur. Il se présentait devant moi ce jardin anglo-japonais fleurie où du sable blanc était ratissé de temps à autre. On entendait à présent le bruit de l’eau qui s’écoulait de la fontaine. Mon visage se tournait à mon épaule. Mon œil retrouvait l’anglaise, enfin je me détournais pour obtenir son attention. Nous devons être plus intelligent que Razgut. Rien ne l’arrêtera et il réalisera tout ce qui est en son possible aux finalités de nous détruire. Il trouvera le moyen de tuer les miens avant de s’en prendre directement à nous. Crois-le, je porte autant de considération aux Corbeaux qu’aux Marshall, autant que j’en porte à Londres.
C’est là qu’Atkins m’attendait. L’intelligence ne se manifestait pas par un excès de savoirs, mais bel et bien par la faculté de résoudre des problèmes. Nos problèmes étaient d’une ampleur qui demandait à être méthodique.


Il fallait que je me détende autrement que par la drogue. J’avais déposé sous nos yeux un jeu d’échec. On avait rempli à nouveau nos tasses de thés. Elles fumaient à vue d’œil. Le calme des échecs se répercuta sur ma manière d’être. Tout autant, le stratagème me permettait d’être ailleurs. Je concevais déjà une ébauche de notre plan visant Razgut. Officieusement, je trouvais important de changer les idées à Myra. Mes yeux allaient et venaient souvent aux siens. Aussi avais-je pris soins d’amener du chocolat d’Harrods durant la partie. Il m’arrivait de perdre ma concentration sur le jeu. De ne pas jouer mon tour. De la laisser profiter en me prenant des chevaux. Si ailleurs que ma conscience me portait irréversiblement à lui et la Confrérie. Echec et mat.

Or ça n’était pas suffisant.


L’herbe provenait du quartier Est. Et je maudissais ce quartier comme Enver maudissait la pluie. Je m’en saisie, roula le filme transparent. Mes doigts frêles et tremblotant s’emparèrent du roulé. Debout, à nouveau, je ne tenais plus en place à cause du manque. Je repris ma place au bord de la fenêtre, me laissant glisser contre la rambarde pour venir m’asseoir. Une jambe à mon torse, le bras se déposant sur. J’expirais la fumée et me saisit la tempe un moment. Mes huit mois d’exclusion m’ont fait prendre conscience d’une chose. La Confrérie n’appartenait pas aux Marshall, mais à mon cousin. Visage au ciel, les cils papillonnants. J’ai rapidement appris que la cupidité d’un être humain pouvait le conduire à sa perte. Le silence ; pour mieux qu'elle digère les mots qui allaient lui précéder, il faut que tu comprennes que je ne te laisserais approcher qui que ça soit. Je t’interdis formellement de prendre part d’une quelconque manière à la Confrérie. De près comme de loin, tu n’auras strictement rien pour te permettre de mener à bien ta vengeance. Je m’y engage strictement en ne te laissant aucun choix.
La raison c’est que Razgut ne se doutait de rien à l’instant même où ils se parlaient. Il allait falloir continuer de faire comme si rien ne s’était décidé cette nuit. J’espérais qu’elle comprenne. Qu’elle puisse me faire suffisamment confiance, quand bien même fusse la première fois que nous nous rencontrions, pour servir nos intérêts communs à travers la vision où je souhaitais l’emmener. J’étais assuré de mes propos. J’étais assuré de mes actes ; un protocole entièrement dessiné alors qu’elle prenait plaisir à destituer mes chevaux sans qu’elle ne voie venir le coup qui lui aura valu un échec et mat.
J’inspirais lentement pris d’un sourire bienveillant ; je savais pertinemment où emmener Myra Atkins. Tout ce que je lui demandais là maintenant était de prendre son mal en patience. Elle ne pouvait s’imaginer l’imprévu de ce que je comptais faire pour satisfaire sa demande. À commencer par trahir ma propre famille. S’il-te-plaît, n’me demande pas d’t’demander à me faire confiance, annonçais-je par cynisme.



sick
@morden
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