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 - It's just some shit. [Drei]

| Dim 28 Mai - 16:19

Mariko Sun

It's just some shit



Appartement de Mariko | 14h12



J'ouvre les yeux pour me rendre compte qu'on est déjà le matin. Sans avoir une idée précise de l'heure, mais à la vue du soleil par ma fenêtre il a pas l'air d'être tôt, j'attrape mon téléphone. Déjà 14 heures. C'est avec un demi soupire que j'entame le second réflexe de la matinée, choper une clope de mon paquet et l'allumer. Je regarde mes messages avec ma cigarette à la bouche qui oscille sans tomber. c'est avec presque un sursaut que des brides de souvenir d'hier me reviennent, et je me retourne pour constater qu'à l'autre bout du lit, il n'y a plus personne. Juste un petit mot. Ai dû partir tôt, mais c'était plaisant, j'espère te revoir bientôt - et un numéro de téléphone. Je lève les sourcils à la lecture, ne me souvenant même plus du prénom de celui qui a partagé mon sommeil. On verra ça plus tard.

Je finis par me lever du lit, poitrine et jambes nues, les yeux rivés sur l'écran lumineux de mon téléphone.

L'appartement est vraiment pas grand, formant un L de la petite chambre au salon-cuisine, je passe à côté des placards, fais un transfert d'attention à leur contenu. J'attrape une boite de céréales bio super fitness, un bol, verse une partie du sachet dedans. Mon téléphone glissé entre la peau de ma hanche et ma culotte, je fais chauffer de l'eau, le bol en équilibre dans la main droite, de la gauche je fais tomber délicatement un sachet de thé, ma cigarette toujours coincée entre mes lèvres. Pendant un instant, je me demande si fumer dès le réveil est réellement sain. Je réponds à moi-même d'un haussement d'épaule, reprends mon téléphone, pose le bol sur la table basse qui prend quasiment tout l'espace de la pièce, écrase mon mégot dans un cendrier vidé la veille au soir. L'eau est chaude, je me relève, prends une tasse, me sert un thé fumant. Je retourne m'asseoir à même le sol en tailleur, je regarde mon petit déjeuner et esquisse un sourire satisfait. La journée peut commencer.

Plus tard, j'irai courir. Plus tard, j'irai acheter une radio pour combler le silence. Plus tard, je trouverai un vrai mec pour partager le petit dej'.

Je reprends mon téléphone, finis par envoyer un seul et unique texto.
Chez moi, 15h. A toute bb.

Après avoir fini le bol et la tasse, je les dépose dans un lavabo vide en hésitant à les laver tout de suite, pour me raviser et longer le mur jusqu'à trouver sur la route une petite armoire d'où je sors un t shirt et un pantalon, presque au hasard. Je suis une fille bourrée de contradiction. De la dentelle noire en haut, un treillis s'arrêtant à la moitié de mes mollets en bas. Accueillir des gens chez soi à poil, c'est peut-être pas la meilleure idée du monde. Je me hisse sur la pointe des pieds pour attraper une petite boite cachée - ou pas cachée, question de point de vue - sur le haut du meuble.

Même placard, différent ustensile. C'est une balance que je pose sur la table, la boite à côté. Je sors un gros sachet de poudre maronassée, pour en peser une petite quantité. 1 gramme. Un petit rire sort de ma bouche. Ok, nan, deux grammes. J'emballe ça dans du cellophane, puis avec le restant du grand sachet me prépare une petite trace que je sniff sans aucune allégresse. Je regarde l'heure, du même temps ça sonne à la porte. Je me lève, trottine jusqu'à la porte d'entrée de mon petit chez moi. Accroché au mur juste à côté, un miroir. Je me regarde dedans, passe ma main dans mes cheveux en bataille, leur donnant un volume qui ne tiendra pas plus de dix secondes. Je porte encore le maquillage d'hier et les légères cernes d'une nuit agitée. J'ouvre.

Salut beau gosse. T'es pile à l'heure.

C'est avec un petit clin d’œil que je me décale légèrement pour lui laisser la place de pénétrer dans l’appartement. Je sens mes pupilles se dilater avec tendresse. Je me rappelle de ces mêmes yeux qui m'avaient fait l'approcher un soir de fête dans les quartiers chics de la ville. Moi, je sais passer partout. Mais les junkies, je les repère à la vitesse de la lumière.  

| Dim 4 Juin - 20:53

Morgan Marshall


INT. QUARTIER NORD, VILLA — QUATORZE HEURES — JOUR

ll ouvrit les yeux pour se rendre compte qu’il était déjà le matin. Il ne saurait donner d’heures. Il tâtonnait. La recherche de formes voluptueuses, féminines. Ses doigts entre les poils de son Sacré de Birmanie – Deìth. Err . . . La damoiselle qui avait partagé sa nuit s’était tout simplement envolée. Juste un mot. Si j’avais su que tu étais un junkie, Morden, je n’aurais jamais fait ça. Tu n’es pas prête de me revoir. Sa narine se plisse sous l’incompréhension. Le brouillard matinal embrume son visage, désillusionné. Oh c’mon. À quoi tu t’attendais de la part d’un mannequin ? Morgan se droguait pour maigrir et pour les hallu’. Morgan c’était son obsession de vivre décroché de la société pour mieux la ressentir. Il était comme cela. Il en avait tiré une certaine réputation en son quartier dont il en faisait fi. Peu lui importait tant qu’on ne s’interposait pas à sa liberté. Il se traîna à ses affaires. Y dénicha un tee-shirt noir sur lequel il enfila une flanelle à carreaux bleus de longue taille, un slim noir et des Gucci à motif japonais faisant écho à la couleur de sa chemise. Il regagna la salle de bain. Une pièce agréable à vivre aux teintes crème et marron. Des placards en bois qui encadrent un lavabo au-dessus duquel se trouvait un grand miroir. Ses mains plongèrent à l’eau du robinet. L’eau perla entre ses mèches blondes et son nez. Il expira le visage contre sa serviette blanche, puis regarda le miroir. En face de lui, c’était ses propres yeux bleus, contournés d’un maquillage cuivre qui ne le quittait jamais. Le détail qui le rendait efféminé auprès des photographes, emo auprès des haineux et inconditionnellement junkie auprès de Mariko. Il s’ébouriffa vaguement les cheveux en guise de coiffure, veilla à ce que ses dreads soient intacts – auquel cas il rappellerait à Mariko qu’elle avait merdé. Ouais, Mariko c’était elle qui lui faisait ses dreads. Mariko et Morgan entre eux c’est une pure vibe qui s’est ancrée. Un truc qui fait que quand ils ont ensemble, t’es mal barré. En parlant du chat, le drr drr drr du Samsung s8+ caché entre les draps. La patte du chat sur l’écran tactile, et encore ce drr drr drr qui te rappelle que tu as reçu un message dès fois que tu l’ais oublié la seconde d’avant. Le déverrouillage animal imprévu. Morgan entr’ouvrit les lèvres en récupérant l’appareil couleur argent polaire – il ne lui a fallu qu’une harmonie de mots pour faire son choix du coloris – sa main s’immisçant en sa chevelure. Une meuf. Mariko. La dope.
Chez moi, 15h. A toute bb.


INT. QUARTIER EST, APPART. MARIKO — QUINZE HEURES — JOUR

La dope. Il y avait son épaule collée contre le muret. Il y avait sa tempe, un bras croisé alors que l’autre pend. La désinvolture. L’air las à la gueule et le manque d’entrain pour ouvrir la porte qui lui faisait face. Il était là. Il était là depuis un quart d’heures, en fait. Les yeux figés sur la porte d’entrée de l’appartement de Mariko. Ces pas qui vont et viennent, vont, elle lui ouvrit. Il était là et elle le savait. Il était son beau gosse à elle. Il était son heure de pointe. C’est par une pression d’épaule qu’il se dégagea du mur pour entrer chez elle. Son visage effleura le sien en fermant à demi les yeux tandis qu’il déposa ses doigts à sa hanche. Pourquoi sniffer seule lorsqu’on sait qu’on va être en ma présence, chat ? Chat. Chat ça venait d’une certaine soirée. Une soirée, celle avec une certaine dose. Une dose, à un certain moment. Pour dire vrai, ils étaient allés trop loin, l’avaient fait, et préféraient se résumer affectueusement ça par Chat. Même placard, ses ustensiles, il attrapa un bol et quelques céréales. Ouvrit le frigo. Prend le lait. Ferma le frigo à l’aide de son postérieur, la cuillère entre les lèvres qui bougea de manière hypnotique. Il était déjà perché. Bien loin de mesurer la présence de l’hôte de ces lieux. Plus tard, il lui demanderait si ça allait. Plus tard, il lui demanderait si elle avait sa dose. Plus tard, il lui dira qu’elle a enfin trouvé un vrai mec pour déjeuner. J’ai affirmé à ma cliente que c’était peine perdu pour elle, que la prison l’attendait quoiqu’il arrive. De fait, elle a avoué les odieux faits qu’elle a commis dans sa vie, malgré elle. À vrai parlé, je me suis vengé d’un rencard qu’elle m’avait refusé ; si elle s’était tue, on aurait dû remporté le procès.



« Je suis la coke de Dreiden .