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 Stand Alone Complex • ft [Niflheim]

| Jeu 5 Oct - 16:18

Gabriel Harper

• 勘定は勘定 •

Résidant dans le Quartier Est, bars et bordels : Des cubes de stuc peints de toute les couleurs de l'arc en ciel, avec un bestiaire fantastique d'enseignes aux néons dressées au dessus leurs toits de tôle ondulée. Dragons, Licornes, Chimère et autres oiseaux de feu. Une raclure local qui officiait en tant que videur avait expliqué à la jeune femme que les enseignes n'étaient pas des publicités mais des symboles de fiertés codés ; par exemple de la représentation d'un tigre rouge ailé accroupi au milieu de lis verts et de croix bleues, on pouvait déduire que le propriétaire était riche, membre d'une société catholique et critique à l'égard de la politique du gouvernement. Tout cela laissait Gabriel indifférente.  Depuis plus de six mois maintenant, sans cesse de vieilles enseignes étaient démontées et d'autres plus grandes, plus ornementées, érigées à leur place en témoignage de profits accrus, une débauche de lumière et d'images qui correspondaient bien au lieu et à l'époque. Mayaku Est était plus un lieu pour le moins. Spécial. Des chiens errants fourrageaient dans le tas de détritus, des geiko cherchant à tenir compagnie tout être pourvu d'un pénis et d'un porte monnaie. Il n'était pas si rare de trébucher sur un ou deux cadavres. La plupart du temps victime d'overdoses des Yakuzas ou encore des gangs, Cela décrivait relativement bien cette jungle urbaine laissée à l'abandon.

D'étroites rues de béton courraient entre les bras, jonchées d'un fatras de boites de bières aplaties, d'étrons animal, de débris de verre ; des sans abris mendiant de temps à autres. La grande majorité des édifices était compactés, il n'était pas rare de rentrer dans un bâtiment qui servait à la fois de restaurant, bar et salon et tatouage à la fois, l'économie de place était quelque chose que les japonais avaient compris depuis bien longtemps, quitte à laisser l'hygiène de côté.

Les ombres projetées semblaient exagérées par les crénelures, telle l'oeuvre d'un artistique psychotique, donnant l'impression subtile que ce monde était fou. Pourtant, Gabriel se sentait à l'aise ici, voilà maintenant plusieurs années qu'elle avait trouvée refuge dans loft quelque peu délabré autrefois occupé par son père.

Elle continuait de déambuler dans les rues sans réel but ou quelconque envie jusqu'à faire face à une ruelle dans lequel elle s’engouffra ; au fond de celle-ci se trouvait un club portant le doux nom d'Inunaki, faisant probablement écho aux anciennes légendes éponymes. Une fois de plus elle s'engouffrait à l'intérieur pour y trouver un minuscule local dont les murs blanchis à la chaux brillaient d'une légère phosphorescence sous l'éclat des ampoules violettes qui pendaient au plafond à la manières de fruits radioactifs. Le Club était bourré d'êtres sans intérêts et de geiko, la plupart assis à des tables autour d'une piste de danse guère plus grande qu'un matelas deux places. Deux couples ondulaient au rythme d'une ballade que crachait le jukebox encagé dans du grillage et des tasseaux en bois ; des volutes de fumées de cigarette dérivaient avec une lenteur sous marine au dessus de leurs têtes. Certaines têtes grises malmenaient les femmes de joie, l'une d'elle tentait de voler le portefeuille d'un de ses clients visiblement au bord de la syncope, elle farfouillait entre ses jambes l’encourageant alors à tendre son bassin en avant ; quand il s'exécuta, à peine quelques secondes plus tard, elle souleva de l'autre le portefeuille coincé dans la poche arrière du jean moulant. Mais toute l'action semblait languissante, dépourvue d'enthousiasme, comme si la pénombre et la musique sirupeuse avaient épaissi l'air et engluaient les mouvements et les esprits. En d'autres mots, il s'agissait d'un bar parfaitement commun pour le quartier Est.

Gabriel s’avança jusqu'au bar. Le Barman lui lança un regard interrogateur, ses pupilles noyées de reflets violacés, tandis que la jeune femme se fendit de lui répondre « Nihonshu  »


| Jeu 5 Oct - 18:22

Niflheim Guenhwyvar

Il y avait le froid, la nuit, le métal et le vide, et un moment, il y eu Niflheim. Les raclements des griffes des rongeurs qui courraient le long du béton, vermine pestilentielle et familière, presque des animaux de compagnie. Il y avait la structure de métal, glaciale et impénétrable, une forteresse inachevée et une ruine oubliée, au fin fond des tripes du quartier Est. Les taules grinçantes et l’odeur de pourriture –celle de l’humidité, des déchets, des cadavres. Perchée sur une poutre rouillée, ombre dans les ténèbres, le roulement de ses muscles sous une peau ravagée –la souplesse et la létalité naturelle, féline. Il y avait le silence du monde et les hurlements de la ville au loin, bien plus loin, comme si l’enfer de ce quartier était enfoncé à des kilomètres de son chez-elle –et ici ce n’était ni bien ni mal, ni confortable ni dangereux, c’était juste la maison.

Les mains sur le rebord et l’épiderme qui rencontre la peinture écaillée et le balancement, la sensation de son corps dans le vide, mais pas d’adrénaline. Le mouvement est habituel, répété, orchestré. Sentiment mécanique et l’impression de- rien. Le néant dans son cœur et dans son cerveau quand elle lâche. Quelques mètres plus bas, le sol –poussiéreux, défoncé, inégal, la terre ferme, l’impression d’être vulnérable et l’envie de retourner se percher.

Quand elle sortie, il y avait une lame contre sa cuisse et de l’argent dans ses poches. Le couteau, rassurant, un poids familier, et ses doigts qui glissent le long de sa lame, et le frisson de plaisir –un sourire carnassier qui fleurit sur son visage, et il y a un rugissement dans sa gorge, l’exaltation, le désir, l’excitation, et l’odeur du sang et le goût de cuivre sur sa langue quand elle passe l’entrée, et le rictus sur son visage est comme une plaie béante. Souveraine, impérieuse. Niflheim est à l’aise dans les ruelles sombres et exiguës et ses pas sont amples et gracieux et elle sait où elle va. Les néons éclairent son visage, kaléidoscope de couleurs sur une toile mouvante, errante, le fantôme aux milles visages. Les pupilles étrécies sursautent et voyagent, vives, nerveuses, jamais fixes. Parce que dans le trou du cul de l’enfer, même les monstres peuvent avoir peur.

Les billets au fond de son pantalon puent la pisse de chat mais le barman n’ose pas les refuser. Niflheim est loin d’être la plus influente dans le coin, mais elle a son utilité, et de bons contacts. Et dans l’Est, ceux qui ont leur utilité reste en vie plus longtemps que les autres en général. Les pistons de son bras mécaniques gémissent un peu quand elle le pose sur la table, et ça fait un « clong » métallique sur le pauvre bar usé, mais le bruit assourdi par un pull épais et les gémissements des filles et des grognements des hommes et la musique, lourde et asphyxiante. Les basses pulsent dans sa poitrine et font battre son cœur un peu plus vite, et le monde devient un peu plus fou, un peu plus frénétique.

Il y a un verre sale dans sa main, mal nettoyé et plein de trace de doigt et le liquide ambré au fond est infect –très odorant et avec un fort goût de vinaigre, mais il étourdit ses sens et son esprit, alors ça lui convient. L’alcool lui chauffe la bouche et la gorge et ses papilles anesthésiées bénissent ce moment où elles ne sont plus soumises aux effluves de tabac, de sueur et de sexe qui embaume la pièce. Dans l’éclairage épileptique de la salle, ses cheveux bleus sont passent presque invisibles –tantôt violets, tantôt noirs.  Il y a des gens qui gesticules autour d’elle et il y a du sang et la mort dans son regard quand un coude la poignarde dans les côtes –un grognement qui ressemble a « j’vais t’enculer a sec si tu dégages pas dans la seconde. » Et sa voix est basse et grave et grondante, roulant dans sa gorge comme le tonnerre, et il y a des crocs dans son sourire lorsqu’elle envoie son poing mécanique dans le visage du gars. Elle sent l’arrête nasale craquer délicieusement sous ses phalanges d’acier, et ça fait du sang sur le parquet pourri, et il y a quelques rires au fond.

Lorsqu’elle se rassoit, l’hémoglobine hante ses narines, enivrantes, tentatrices et ça lui fait tourner la tête plus que le bruit, plus que l’alcool, et l’adrénaline creuse ses veines comme du poison. La tête renversée en arrière, elle fini son verre d’un gorgée et se lève, le pas fébrile et droit en direction du bar.
| Jeu 12 Oct - 23:12

Gabriel Harper

• 勘定は勘定 •

- Hé frate mate-moi ça ! » Un autochtone local se glissa sur un tabouret devant Gabriel tout en agitant le pouce en direction d'une femme de joie au bout du comptoir. Elle avait la jupe retroussée à mi-cuisses, et ses seins, à en juger par leurs plénitude et leur défi à la pesanteur étaient probablement le produit de la chirurgie, elle eut un rictus intérieur.

« Charmante  »  Commenta la dame tout en gardant un faux sourire graver sur ses lippes. Elle  avait l'esprit totalement ailleurs. Le barman posa son breuvage sur la table et Gabriel en but une gorgée : le goût était aigre, insipide, un concentré de pisse et d'atmosphère rance. Après avoir soigneusement reposé le "nectar"

Dans le clair-obscur, les orbites de la jeune femme étaient grumelées d'ombres. Elle rivait ses yeux sur la geiko et son client tout tapotant le goulot de sa bouteille contre ses lèvres feignant d'être distraite.

Que dire de plus ? La situation était d'un plat au point que même la musique semblait s'enfuir par moment. Elle ne ressentait aucune haine et n'avait aucun dégoût elle n'était pas la pour le plaisir de boire une bière de mauvaise qualité, ou même pour passer du bon temps, elle se contentait simplement d'errer dans l'Est en passant devant des ivrognes et autres pauvres êtres.

D'un geste lent, elle fini par tourner la tête en direction d'une jeune femme assise non loin d'elle, l'observant dans son ensemble d'un œil critique et circonspect « Quand je me dis qu'ils osent appeler ça du sake..  »