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 Esprit brumeux (RP' libre)

| Lun 7 Aoû - 23:19

Aleksei Tchakov

"What a strange world."


Un mouvement agite les draps. Un soubresaut imperceptible bientôt suivi par une agitation grandissante. Un gémissement. Un cri étouffé dans la gorge. Le corps inconscient roule et s'entoure d'un étau en coton.  Prisonnier impromptue ses membres se crispent. La cascade de cheveux ressemble maintenant plus à des algues, des volutes sombres prêtent à dévorer leur propriétaire. Collant à sa peau par mèche, cachant au monde une partie de son visage. Qui d'ordinaire lisse et limpide, paisible, se retrouve maintenant collante, transpirante, rougie.
Les muscles semblent soudain se détendre. Le corps se ramollir, le visage vaincu, la tempête Passée.
Quelques secondes passent. On aurait pu croire que le calme persisterait le reste de la nuit.
Pourtant, un nouveau bond, surgi du plus profond des entrailles de cet homme. Donnant lieu à une scène jonglant avec le tragique et le comique.


Inspire. Expire. Inspire. Expire. Mes doigts s'agrippent aux draps. Je fixe le mur ce de moi, prenant conscience que je suis dans une chambre. La chambre où j'ai été invité la veille. Pas ailleurs. Je sens mes muscles se détendre et se raloudir petit à petit. Quand mes mains acceptent enfin de lâcher le coton je décolle quelques mèches de mon visage. Mes yeux glissent sur l'autre extrémité du lit où un corps nu dort en paix. Cette observation me met alors en total opposition avec cette personne. Lentement afin de pas troubler le sommeil de mon hôte je me sépare des draps et rejoint la salle de bain.


_Un peu plus tard_plage_


Le vent souffle furieusement, ce mêlant au calme et au ciel matinal. Si le vent était une personne, alors en cet instant, elle hurlerait à plein poumon. L'odeur du sel chatouille mes narines et colle à ma peau, mes cheveux, mes habits.
La contemplation de tous ces éléments ne me lasse pas.
Le bruit du ressac est apaisant et me berce. Ici, assis dans le sable blanc si fin, je pourrai y passer ma journée. Une certaine nostalgie ressort de ce lieu, l'immensité de l'océan se devine par cette petite fenêtre sur le monde et la ville, non loin de ce calme me raccroche au présent.
Mes mains caressent ce qui n'est d'autre que des bouts de rochers cassés et encore cassés jusqu'à devenir aussi fin que de la poussière. Je dessine, écris plutôt du bout des doigts, et efface du revers de la main en fonction de mes idées. Des mots, des phrases, des citations qui s'inscrivent sur le sol instable et qui disparaissent aussi vite qu'elles étaient venues.

Il est encore tôt, je manque de sommeil pour changer. Une nuit  intense, épuisante et plutôt appréciable je dois bien l'admettre. Mon torse est maintenant criblé de traces violettes et roses sombres, semblable au soleil qui se lève paisiblement. Soleil qui se réveille tranquillement, montant inexorablement de plus en plus haut dans le ciel. Insensible aux éléments, insensible aux autres.

Il serai certainement une bonne idée de rentrer travailler, et dormir, mais le coeur ne m'en dit pas. Encore quelques minutes en paix. Voir quelques heures ne serait pas de refus.