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 It's Tea Time ~ [Open, but priority goes to English people (MORGAN)]

| Lun 7 Aoû - 11:35

Avery Lloyd

C’est sous le gris du ciel et dans la morosité d’une averse que l’avion se posa dans la petite ville de Mayaku, avec Lloyd à son bord. Le jeune homme posait pied à terre pour se diriger valise en main vers la ****** administrative nécessaire a son arrivée en ville et à sa prise de poste dans l’agence de traduction de la ville. [] Ceci l’amena ensuite à l’incontournable et interminable visite de son nouvel appartement de fonction guidée par une concierge clichée et a peu près autant enthousiasmée que lui.
Escalier de secours, consignes d’évacuation, loges de la concierge, il avait pu découvrir chaque mètre carré de ce bâtiment avant de pouvoir enfin découvrir ses nouveaux appartements. Là encore, une visite complète de chaque pièce, trop longue à son gout bien que nécessaire. Il congédia alors la concierge et murmura dans un soupir.


« Well, finally alone »

Il retira alors sa veste complètement trempé, qu’il laissa tomber au sol négligemment tout en se dirigeant vers la salle de bain en retirant le reste de ces vêtements mouillés de la même manière, et de s’occuper de ses cheveux tout autant détrempés. Il ouvrit donc sa valise pour y récupérer son sèche-cheveux et sécher sa chevelure rousse pendant quelques minutes et d’essayer de les remettre en place de façon a peu près correcte. Il eut ensuite l’agréable sensation de retrouver des vêtements secs. Il passait alors un coup d’œil par la fenêtre pour s’apercevoir que l’averse n’avait pas durée et que quelques rayons lumineux parvenaient à se frayer un chemin au milieu de la masse nuageuse.
Déjà lassé de ce nouvel environnement de vie, il enfila sa veste et s’entoura de son écharpe, aussi brunes l’une que l’autre, pour aller prendre l’air et visiter son nouveau quartier.

Il marcha tranquillement en direction de la rue commerçante, appréciant l’air encore humide et les quelques éclaircies. Une fois dans cette rue il entra dans le centre commerciale, traversant divers boutiques et étages toutes aussi variés les uns que les autres. Il sourit en passant devant la salle d’arcade et tacha de mémoriser son emplacement, pour plus tard aller apprécier quelques parties de jeux classiques.
Ce fut quelques stores plus loin qu’il s’arrêta devant une boutique pour cette fois y entrer. Celle-ci était un salon de thé à la manière d’un traditionnel londonien comme il en fréquentait souvent là-bas. Il entra donc dans la boutique et s’installa sur un fauteuil libre coté vitrine, en attendant que l’on vienne le servir.
| Ven 11 Aoû - 19:30

Morgan Marshall


verset 9:4:2
must to know
that my dreams called me to die.



EXT. QUARTIER NORD, SALON DE THÉ — PAPILLONNAGE

Je papillonne. De-ci, de-là des thés. Il y a mes cils qui battent. Il y a le regard jugeant de la vendeuse plutôt bien formée. À des moments, il m’arrive de la regarder et de lui rendre mon plus beau des sourires à y recevoir le sien. Elle me connait. Je viens souvent ici. Un refuge. Un refuge pour le putain d’anglais que j’étais. Que voulez-vous de mieux que du thé? Je ne connais pas d’autre endroit à Mayaku pour me satisfaire les papilles. Alors on se jette des regards et je retourne papillonner. Elle me connait, elle parle de moi à ses autres clients. Elle me trouve bien intégré alors que mon japonais n’a jamais été bon. Mon japonais n’a jamais été si bien travaillé. Je n’étais pas en mesure de tenir une conversation forte de propositions face à des personnes hautement placées. Elle le sait et il arrive qu’elle me taquine avec ça. On rigole ensemble jusqu’à ce qu’elle s’intéresse aux clients réclamant ses services. Moi je papillonne. Je regarde ces étendues de boîtes à thé design, made in UK, qui se prolongent comme une rangée de bouquins dans une bibliothèque. Je me meus d’un bout à l’autre, me hissant par moment sur le bout de mes pieds. Mes dents du bonheur titillent mon labret vertical. J’ai la main à ma crinière et je crois que j’essaye de réfléchir au parfum que j’ai envie de faire découvrir à mes papilles. Je louche sur la bergamot, me décide enfin à choisir ce dernier.

EXT. QUARTIER NORD, SALON DE THÉ — ATTABLÉ

Je me rapproche d’une table un peu isolée. Là, un rouquin. Mon visage le scrute d’un regard intrigué. J’en viens à m’assoir devant lui. Au moment où on croise nos regards, j’ai le sentiment que notre amitié avait toujours eu sa place et qu’elle nous avait suivis de l’UK au Japon. Elle avait traversé les frontières avec dans ses bagages toute notre culture anglaise qu’on était infoutu de nous séparer. Une véritable enfant d’putain, autant marquée en moi que mon accoutumance à drogue. Je conserve le bleu de mes yeux givrés aux siens et y a toujours ce putain de sentiments qui me rend juste euphorique.

La main de la serveuse. Le thé qui coule et remplie nos tasses. Le plouf du sucre et sa distillation. On ne s’est rien dit jusque-là parce qu’il n’y a rien à dire. On s’est juste regardé pour tout avoir compris de l’un et de l’autre. Une fusion si irrationnelle qu’avec aucune personne je n’ai encore ressenti ça. Je priais intérieurement à ce que la Secte ne m’écrase pas cette rencontre par ces endoctrinements. Ma psychologie entre elle et la drogue se trouvait fragile, mais encore capable de me tenir debout sur quelques années. Je reste une personne intelligente et maligne. Je reste ce qu’il reste. J’arrive encore à faire des rencontres. Sourit Dreiden. J’entr’ouvre les lèvres, finalement. Je porte mes doigts secrètement froids et tremblant à la tasse. Au fond, je ne sais pas, je me sentais heureux à l’idée d’être en face de ce rouquin pour des raisons qu’on avait l’air d’avoir compris ensemble. Je baisse doucement les yeux et me met à sourire en rougissant légèrement. Je ne sais pas, c’est ça, l’amitié? Je soupire, reporte mon attention à la sienne. Je crois qu’il n’a pas sillé et il a un regard qui me porte bien trop haut dans la connerie pour que je l’ignore. Je ne sais pas, je crois qu’il a une bonne sale gueule.

Je crois qu’il m’inspire. Il m’inspire des savoirs que je crois savoir moi de même. Je crois que nos chemins se sont trouvés, peut-être une volonté de Dieu que je prie, protestant que je suis. Je n’ai pas envie de quitter son regard. Il me parle davantage. Je me trouve en posture d’attente. Trépignant par une certaine anxiété psychologique d’acceptation de la situation, d’affirmation de ces scènes qui ne peuvent être que véridique. This man that you could see there facing u, is fukin’ not here for nothing. Ce rouquin, quand je le regarde, j’ai ma gorge qui s’est pris un sacré coup. Ça allait m’amener à de grandes perspectives et j’ai aucune foutu idée de pourquoi. Alors je reste là, à attendre. Attendre la réassurance que me délivrera sa voix lorsqu’il me fera entendre que mon raisonnement est le bon. Mon thé entre mes doigts n’a pas diminué. Ses effluves me montent aux narines et mon regard est intense. J’ai le visage qui se penche légèrement sur le côté. Ce rouquin va écrire mon histoire.



sick