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 Manoir et dojo de l'héritière Shinogaï _ Souvenir amer ft Alekseï

| Ven 14 Juil - 21:50

Yumi Shinogaï

Glass room, perfume, cognac, lilac fumes

Une bouteille d’Henessy éclate contre le mur en brique rouge. Mon regard s’assombrit, des veines écarlates éclates dans mon regard. Mal en point, mal au corps. Personne ne pouvait prévoir le désastre de cette soirée. Mon pantalon crayon blanc prend cher, je saigne du poignet, je saigne de l’âme. Une autre bouteille vole, tout comme mes horribles paroles. Personne ne pouvait prévoir que je deviendrais une tornade, une Katrina inconsolable. Je hurle, j’insulte chaque homme dans cette ruelle. Tous se demande ce qui m’arrive. Eh bien je vais vous raconter, pourquoi je pète un câble.




UN PEU PLUS TÔT DANS LA SOIRÉE, Banque de la pègre, Est.
Une cargaison en plus, de la poussière d’étoile aux herbes médicinales. Un gain énorme pour la banque. Un gain énorme pour ces satanés riches en manque de vie. Je ris aux éclats, je ne suis la seule. Nous sommes réunis, en bande, en famille. Nous avions tous le même objectif, intercepter cette daube sans qu’aucun petit keuf ne puissent nous flairer, c’était réussit. Je suis parti en voyage, calé entre deux repose coude moelleux, le cul calé contre un coussin somptueux. On fait tourner une bouteille, puis une deuxième, tout se passe à merveille, c’est la fête. Une idée me vient, elle est géniale. J’attrape un des sachets et comme à mon habitude pour ne plomber aucune rentrée d’argent je dépose une liasse sur la table basse, les autres éclates de rires, ils me taquines. Je souris, je suis fausse. Je rêve de les voir disparaître, rouler ma beuh en paix, la savourer seule. Je rigole, je suis fausse, j’ouvre ce sachet et prend une boulette verte. S’en suit un petit rat de l’opéra des doigts.
J’effrite, j’ouvre, je place, je roule, je lèche, je colle, j’allume.

Ô joie que de sentir cette odeur acre. Ô joie que de la sentir pénétrer mes voies respiratoires. Ô joie de m’abandonner au plaisir de la drogue.
Cette barre de beuh enroulé dans un papier cigare fruité tourne, tourne entre nous. Je la réclame sans cesse, j’exprime mon envie de fuir la réalité deux minutes, j’étale ma possession, j’ai payé. Ô joie de te retrouver. Ô joie que de pouvoir sentir un amour réciproque. Je fond contre mon fauteuil, attrape mon chignon et le défait d’un geste. Je remue la tête comme pour exprimer mon sentiment de liberté, je continue de rire, je suis fausse. Cassez vous, crie mon esprit. Je laisse tomber la fin du cigare écologique et je ferme les yeux, tout bouge, c’est un tableau psyché que j’observe. Je souris bêtement et je m’enfonce, délicatement dans se fauteuil. Cassez vous… Je vous entends rire…
Bzz… Bzz.



   
Papa
Yumi,
La marchandise que vous avez intercepté, protégez là. L’information a fuiter et des gros bonnets de l’Est nous donnes rendez vous. Ils veulent leurs parts mais tu connais la chanson.
Nous vendons la meilleure qualité, nous leur offrons les restes.
Ils vous attendent aux entrepôts. Fait de ton mieux.




Je reste bloqué face à ce message. Beaucoup trop lourd, beaucoup trop long. Ça nique ma routine. Ça nique mes plans. La lenteur que prend mes mouvements se fait très vite remarquer, un silence s’installe, ils comprennent mon agacement. Mon corps se tend, je me lève et avance machinalement vers une espèce de gros coffre fort. Là, avec précision et avec un refrènement de rage je tourne la molette du coffre jusqu’à entre un clic. Doucement j’empoigne la porte droite, puis la gauche et ouvre grand l’espèce d’armoire coffre. Une partie de nos armes, j’en prend une. Le plus léger des revolver que nous possédons se glisse contre ma chaude peau et la soie de mon pantalon. Elle est collé à mon derrière et mon dos, c’est désagréable mais je ne porte pas de holster ce soir. Lentement, tout en rattachant mes cheveux, un regard noir balaye la pièce. Je leur explique la situation, tous m’imite, tous me suive.
A peine franchis la porte extérieur de la vieille bâtisse je grogne pensant à ma beuh resté là bah. Ils allaient clairement me le payer, ils allaient clairement me lécher les pieds.

UN PEU AVANT MINUIT, Entrepôt, Est.

On roule. Les voitures se déplace dans une formation funeste. Je fume une cigarette, je calme mes nerfs. A ma droite, mon bras droit m’observe. Je dois me calmer, je dois assurer. Si j’échoue, j’en subirais les conséquences. L’air frais de dehors s’infiltre par la fenêtre avant, les deux hommes à l’avant de la voiture s’en grille également une, l’un en profitant pour vérifier les munitions des uzis qu’ils avaient prit. J’humecte mes lèvres avant d’apercevoir non loin, de vieilles bâtisses, longues et délabrés. Pour moi, cet endroit prête au viol, au vol. Aucune sécurité, juste une maigre main d’œuvre sous payé. Vos objets sont en sécurité. Un rire jaune vient animer l’habitacle de la voiture quand j’aperçois une bonne dizaine de gringalets au loin.

_ C’est ça ce qui vient gâcher ma soirée ?

Ils rient. Ça ne fait pas rire. Plus personne ne rient. Un soupire d’exaspération anime l’habitacle de la voiture, elle se gare. Elles se gares toute en ligne et je sors après qu’une bonne dizaine d’homme vêtue de noir le fasse. L’ambiance est mortuaire, seule mes talons tapant le pavé en rythme résonne. Je glisse entre les corbeaux humains et je m’arrête en fasse d’eux. J’ai l’air d’un ange ainsi vêtu de blanc, face aux vils paysans du diable je rigole. Mon bras droit arrive et me tend sans quitter des yeux la petite foule en face de nous, un paquet, remplie de blanche. J’avance de nouveau et un homme que je ne connais pas sort du lot. Il s’avance à son tour, il est grand, élancé. Un charme machiavélique posé sur un corps de titan. Je reste neutre et sans une once de peur de lâche,

_ Vous n’avez pas honte de réclamer à manger avant l’heure ?

Je me sens attrapé par le col de la veste. Je grogne et fait signe aux hommes derrière de ne pas bouger. Il murmure quelque chose d’inaudible, je grimace. Il pu de la gueule. Je reste bloqué sur ça et détourne le regard. _ Tu sais qu’on travaille comme des chiens pour vendre vos restes pour une fois faite un pas vers nous et on vous laissera tranquille. J’ouïs. Un blanc. Je tourne la tête pour le regarder dans les yeux. C’est dommage, il était plutôt beau mec.

_ Je suis justement venu vous donner ce paquet. Une fois couper…
_ Je crois que ta pas compris, on veut toute la cargaison cette fois.

C’est une vilaine manière que de couper la parole mon enfant, et ça, ça a le don de m’énerver très vite. Je me défais de son emprise et pose le sachet par terre à ses pieds. Je me recule et commence à partir sans rien ajouter. Je pensais que mon silence serait assez parlant, je pensais que ces idiots n’iraient pas plus loin, père pensait que tout irait bien. Faux.
Un coup de feu retentit, elle me frôle. Je vois un homme, en noir, un des miens, il s’écroule au sol. Je ne comprend pas bien ce qui se passe, je suis plaqué au sol, plusieurs coups de feu retentisses. Cette odeur m’est familière, mon bras droit me protège. Une chaleur qui s’éteint me recouvre, il ne respire plus, quel gâchis. Je hurle, ça a niqué ma routine, ça a niqué mes plans. Je pousse le corps inanimé et avant que je ne puisse me relever un dealeur m’attrape par les cheveux et me traîne jusqu’à ce grand mec. Je vois flou mais je comprends très vite qu’il n’était pas seulement une dizaine mais bien plus. Bon dieu pourquoi as-tu voulu encore calmer les esprits. Je râle, me débat comme la fille que je suis. Il me force à me relever et j’exécute sans trop faire d’histoire. Je savais et ce malgré mon expérience que me battre à main nue serait cause perdue. Armes à feux, battes et armes blanches dansent dans les mains de ses pouilleux.

_ Où se trouve la pègre, dis le nous et tu pourras retourner chez papa tranquillement.


Je commence à voir rouge. Je lui crache à la gueule et sans que je puisse en rire je me prend une baffe. Elle résonne, mon cou craque. Quelle adrénaline. J’explose de rire et tente de regarder derrière moi. Presque plus de corbeaux, comme c’est dommage. Je soupire et rapporte mon intérêt sur mon interlocuteur. J’hésitais à prendre mon arme et lui exploser la mâchoire, il fermerait sa puante gueule et dieu que je pourrais mourir en paix. Je soupire et décide d’obéir à son ordre à une condition. Il m’accompagne à dix, à pied, vers la pègre.
J’avance et de petit vendeur me suivent, leur boss n’a pas confiance, il a raison. En passant à côté d’un de mes défunts hommes, je fais mine de chercher une clé, celle qui ouvrirait soit disant la vieille bâtisse qu’est notre repère et j’attrape un téléphone. Le mien ne venait jamais avec moi, surtout dans ce genre de mission. Je soupire et loin de leur regard, menant la marche, j’écris un message. A mon père, ainsi qu’à d’autres hommes resté à la pègre. Plusieurs minutes s’écoule, des rues similaires et des odeurs d’égout variés se mêlent à nos sens. Je tourne ma tête vers eux, ils boivent. Quelle belle bande d’incapable, un aussi bon goût pour des personnes si minable, mon cœur se fend.

MINUIT PASSE, Ruelles sombres, Est.


...Sss...
Un sifflement que je reconnaîtrait entre mille son. Notre signe, notre mélodie, notre appel. Enfin on allait me sortir de là. J’avance plus vite. Ils perdent le rythme bien trop bourré pour comprendre ce qui se passe. Je m’éclipse deux ruelles plus loin et je commence à entendre des craquements et des plaintes. Mes corbeaux attaquent, ils s’en prennent à la pourriture. Je retourne sur mes pas et ils supplient, espèrent que je les laisses repartir. Je grince des dents et leurs expliques gentiment que malgré la coupure à mon bras et l’œil au beurre noir que leur cher petit « OG » m’a fait, je veux bien être clémente. Je grogne finalement pour qu’ils déguerpissent et les préviens que la prochaine fois, ça ne sera pas moi leur adversaire, mais Satan lui-même.

La rue se vide, les rats repartent. Je me redresse, m’étire et attrape une des bouteilles de Henessy abandonné sur le bitume. Résultat de la soirée ?
- Une entaille au poignet,
- Ma seule paire de louboutins, cassés,
- Un œil au beurre-noir,
- Une redescente violente,
- Ça a niqué ma routine, ça a niqué mes plans.

_ Allez nettoyer le port, prévenir les familles. Faite un rapport à mon père et bordel de merde je veux qu’on me ramène ce que j’ai payé chez moi, sinon je vous éclates tous.

C’est là que je pète un câble. A mesure que le temps passé, j’avais compris que la bourde que j’avais faite. J’allais décevoir mon père lui et son honneur de samouraï. J’allais passé une nuit atroce à sentir des courbatures et des âmes en peines pleurer. J’étais furieuse. Comme après toute les nuits de ce genre.





LE LENDEMAIN, Manoir/Dojo, Quartier nord.
H A N G O V E R

Il est un peu plus de midi. Le soleil pénètre dans la vaste chambre. Mon visage pourtant détendu se déforme. Quelques rayons de lumière éclaire ma peau ravagée, je me redresse difficilement. La nuit précédente me revient petit à petit, mon crâne vibre. Baillant et sortant du lit, je titube jusque dans la salle de bain ouverte dans ma chambre. Mon reflet m’interpelle. Une poche violette, noire, bleu… ? Elle contourne mon œil droit, quelle horreur. Le sang dans mes yeux ne s’est pas dissipé, elle font ressortir le noir de mes pupilles. Que de bordel sur un visage pourtant si bien monté. Je soupire et décide de prendre une douche.

Plus tard, après avoir arrangé mon cas. Nouveau bandage et crème apaisante, je décide d’aller dans la cuisine me préparer du thé. Une clope pend entre mes lèvres quand je reçois un sms, les mains occupés à tremper les feuilles de thé dans l’eau, je me courbe pour pouvoir lire le message.


 
Alekseï.T

J'arrive.



Putain. Je l’avais oublié lui. J’avais oublié ce que mon père m’avait demandé. Je râle et pose la théière. Je fume et part préparer la terrasse ouvrant sur le vaste jardin pour accueillir mon invité. Peu de temps s’écoule entre mon intérêt soudain pour le rangement et la sonnerie de la porte d’entrée qui retentit dans toute la grande maison. Mes chats se lèves et court dans l’entrée, ils miaules, veulent connaître leur invité. Je m’empresse de venir ouvrir, une nouvelle clope à la bouche et les cheveux dégoulinant d’eau.

_ Entre Alekseï et ferme derrière toi.

Après deux ans sans avoir vu sa gueule, je me présente en demi-forme. Âme et corps dévasté. Je souris, je suis fausse.



elixir
blanc
| Dim 16 Juil - 16:23

Aleksei Tchakov

_Quartier sud_fin de matinée_


Le message était envoyé. Je fixe mon téléphone quelques secondes sans réellement savoir quoi penser de cette rencontre. Ma famille. La famille de ma mère ne m'appellerai jamais sans raison. Surtout pas après m'avoir laissé en paix des années durant.
Je soupire, verrouille mon téléphone et le jette sur le canapé sans m'en préoccuper davantage. Un problème à la fois.

L'eau bouillante dégouline​ sur mon corps, dévalant de ma tête jusqu'à mes pieds. Un repos pour le corps, un repos pour l'âme. La buée envahie la salle d'eau et se colle aux parois. Je ne suis pas spécialement pressé mais mieux vaut ne pas trop me faire attendre.
Le doux tissu caresse ma peau, absorbe les molécules d'eau su son passage. Me cheveux trempés s'étalent le long de mon dos, de mon torse et de mes épaules comme pour m'engloutir entièrement.

J'enfile une de mes tenues habituelle que certains pensent trop vielle, trop décontractée, trop en marge d la société actuelle. Je n'y vois pour ma part que simplicité, élégance et confort. Mes doigts frôlent par accident ces boursoufflures difformes qui parasitent le bas de mon dos.
Dans le miroir, la mâchoire de mon reflet se cripse, ses yeux s'assombrissent jusqu'à ne devenir que deux puits sans fond. Le tissu s'échappe de mes épaules et chute. Mon reflet prend un air surpris, je me ressaisi. Je chasse toutes ces émotions corrosives de mon esprit et laisse mon reflet face à lui même.
Il en faudrait plus pour m'abattre. C'était de famille.

Yumi. yumi, yumi, yumi. Je la revoyais gamine, joyeuse et farouche. Ma mère nous avait fait quitter la Japon pour que je n'ai pas à suivre un destin similaire au sien.
Nous étions partis, elle était resté. Elle avait grandi, elle avait changé.

_Quartier Nord_Rue_


Le quartier huppé, le quartier hyper sécurisé des ces gens ayants de l'argent à revendre. Loin du calme tranquille de chez moi. Ici, tout se bouscule et se disperse. Tout le monde est pressé, attendu quelque part.
La masse d'informations extérieur à traiter et assimiler me fatigue, si bien que j'en occulte une partie.
Chauffeur et Lamborghini, des gens aux bijoux dorées se pavanant autour de façade marbrés.
J'observe, fière spectateur de ce monde superficiel.
Je n'y trouve pourtant aucun attrait.



_Manoir/Dojo_Yumi Shinogaï_Quartier résidentiel/nord_


Un manoir, un dojo, des jardins.
Entrer sans faire part de ma présence me semble déplacé.

Je sonne.
J'attends.
La poignée pivote.
La porte tourne sur ses gonds.

Elle me regarde à peine. Me lâche un sourire dénué d'étincelles et me lance un
Entre Alekseï et ferme derrière toi.

Je la regarde.
Ses cheveux trempés ressemblent aux miens. Son visage explosé, tuméfié est à peine camouflé. Un bandage plus ou moins soigné parcours le haut de son bras. On sent l'habitude.
J'entre. Je ferme la porte comme demandé. Des miaulements retentissent en bruit de fond. Ses yeux injectés de sang contrastent avec sa peau pale. Son état ne m'étonne qu'à moitié.
Yumi. Reiji. Reiji, Yumi.
Je connais ma famille.

J'esquisse un sourire. Mes doigts glissent dans mes cheveux encore humides.

Salut cousine. Dure soirée à ce que je vois.
| Lun 17 Juil - 10:25

Yumi Shinogaï

P a i n K i l l e r

Je suis la moitié d’un homme, la moitié d’une âme. Je ne suis pas là, je suis présente. Je titube, titube comme un mort, pense comme un obsédé. Je ne songe qu’aux drogues, qu’aux doux plaisirs chimiques. Soupire, mon cousin me tire d’une rêverie macabre, d’une pensée mortelle.
Bien trop d’humour, un pique de plus pour débuter la journée. J’entre dans la cuisine, ne lui répond pas après tout je ne suis que la moitié d’un homme, la moitié d’une âme, je ne pense pas pleinement. Mes membres sont douloureux, ils sont à la traînes. Un temps assez impressionnant me faut-il pour attraper un plateau situé dans une petite armoire au dessus des plans de travail. Difficilement j’analyse les éléments qui accompagnerons cette rencontre, entre la théière dont le bruit strident n’est plus à remarquer, les petites viennoiseries françaises apportés par père et les fruits disposés dans la corbeille, je ne sais plus où donner de la tête.
Finalement après quelques minutes de réflexion mais surtout de somnolence j’avance vers la plaque chauffante. La petite bouilloire s’arrête de siffler quand je la soulève, j’essuie une grimace naissante sur mon visage et l’apporte sur le plateau. Ensuite, je glisse sans légèreté particulière jusqu’aux tasses entreposées dans une armoire en verre. Je les prends et les ajoutes au plateau. Le sucre et un pichet de lait écrémée viennent compléter la boisson. Je réfléchis de nouveaux. J’ajoute les viennoiseries et prend le plateau décidé à l’apporter sur la terrasse.
Quelle bêtise de penser que je serais suffisamment forte pour ne rien casser. Une précieuse tasse tombe sur le côté, je grogne mais continue ma route. Je pose le plateau, regarde mon cousin et murmure :

_ prend place et ne t’occupes pas de moi.

Mon visage s’est fermé. Une colère, que pense-je une soif de haine anime mon regard. Pourquoi a-t’il fallut que la soirée d’avant soit un bordel infini. Je soupire lourdement, les chats sursautes. Je me penche et ramasse les débris de porcelaine éparpillés un peu partout dans la cuisine. Par chance, mes pieds bien que nues ne sont pas coupés. Encore un soupire. Je me redresse et finalement, passant par le salon j’attrape mes fidèles cigarettes et une petite boîte en bois d’acajou. J’arrive sur la terrasse et ferme la baie vitrée menant sur l’intérieur. J’inspire et reprends sûrement des couleurs. Mes muscles allaient enfin pouvoir se détendre. Mes pas font craquer le parquet, c’est amusant il est pourtant neuf. Mes cheveux toujours trempé ont fait couler quelques perles d’eau le long de mes tempes et de mon front. Mon t-shirt tantôt sec et gris clair s’est humidifié et assombrit vers le haut. Mon short de sport glisse légèrement sur mes hanches mais il reste accroché. Je m’assied sans grande délicatesse sur le moelleux fauteuil disposé autour de la petite table basse en bois sombre soutenant le plateau de bienvenue confectionné avec amour et faiblesse pour mon invité.
Il est en face de moi, toujours aussi grand mais quelque a changé. Cette lueur qui faisait de lui un être taquin et toujours à l’affût de la moindre bienveillance s’en est allé. Je soupire, souris, attrape une cigarette et l’allume. Mes jambes se croises, mon dos s’écrase contre le dossier.

_ sert toi, je t’en prie.

Je le fixe, sans gêne et souris, je suis de nouveau fausse. Pourtant, je n’allais pas lui parler de choses plaisante, quand bien même le service qu’on lui demande n’est pas tâche difficile. Il fallait que je lui en parle, pour son bien.

_ dis moi, tante ne t’a rien dis ?, je tire une taf et reprend tout en déportant mon regard vers le jardin, papa et elle ont eu une discutions mouvementés à l’enterrement d’Alyona.



elixir
blanc
| Mer 26 Juil - 11:49

Aleksei Tchakov

"Jeomjeom pullyeo ganeun goppi deo naeryeonwa oneul"



Elle tangue comme sur bateau, défi la gravité d'un pas lasse. Le sol pourtant solide comme le marbre et les brisures de l'océan si lointaines. Je ne me formalise pas de son silence. Je le boit, le digère. Son silence en dit plus que les mots qu'elle aurait pu me donner.
Calmement je m'enfonce dans sa demeure que je découvre pour la première fois. Du coin de l'oeil je la voit s'affairer dans la cuisine ouverte, préparant le thé au vue de notre discussion.

Elle avance. Se fait happer par la gravité, chancelle.

Silence.
Fracas.
La porcelaine se brise sur le sol et se disperse, libre.
Le silence de nouveau.


Le grognement de ma cousine qui passe son chemin vient finaliser ce tableau.
Le plateau atteint tout de même son but. Une tasse en moins.
Je ne dis rien. Je sens l'air rentrer et sortir de mon corps à un rythme régulier, ma poitrine se lever et se baisser à ce même rythme.
Elle interromp alors le silence d'un murmure.
Prends places et ne t'occupe pas de moi.
Un sourcil s'arque, incrédule. Il faudrait certainement s'occuper d'elle. Cela ne fait aucun doute en réalité. Je retiens un soupire inutile et m'avance vers la terrasse, rejoignant le plateau. Mes yeux néanmoins traînent dans sa direction, un poids pesant sur mon coeur que je ne saurais nommer de façon efficace.

Elle revient. Referme la porte derrière elle comme pour m'annoncer que rien ne viendrait nous interrompre. Les pans de tissus de ma tenue retombent, eux aussi attiré par cette force physique. Enfoncé dans l'un des fauteuils, j'attends. J'attends de savoir ce que l'on attend de moi. Le regard ne fixe aucun point précis, c'est à peine si je vois d'ailleurs. Je sens le tissu sous mes doigts, la légère brise qui déplace quelques mèches de mes cheveux. J'entends le silence, le calme de la pièce. Je sens l'odeur du thé et du beurre des viennoiseries juste en face de moi mais mes yeux ne semblent pas vouloir s'accrocher aux détails qui m'entourent.
Sert toi, je t'en prie.
Mes yeux s'écarquillent sûrement. Je réapprend à poser mon regard sur elle. Des gouttes d'eau perlent sur son front, son sourire lui marque. Son sourire me laisse amer et dubitatif. Dans quel traquenard suis-je donc? Je lui rend néanmoins son sourire sans joie.
Merci.
Je me penche en avant. Mes cheveux se balancent et encadrent mon visage. J'en roule mes doigts autour de la anse de la théière et voit le liquide verdâtre couler et remplir une des tasses survivante.
J'admets​ hésiter à lui remplir une tasse, laissant ma main et l'appareil à thé en suspension dans l'air.
Ma main repose la porcelaine avec attention. Je me redresse.
Je m'apprête alors à prendre une gorgée mais sa voix interromp de nouveau le silence.
Une cigarette allumée à la main et me sort alors la plus grosse blague que je n'ai jamais entendu. Et pourtant, dieu sait combien j'en ai entendu.
Dis moi, tante ne t'a rien dit? Papa et elle ont eu une discussion mouvementée à l'enterrement d'Alyona.

Le temps se suspend. Ma main se suspend. Je me fais violence pour ne pas lâcher cette tasse. Assez de casse pour aujourd'hui. C'est ce que je me disais. Elle n'était apparemment pas du même avis. Je n'entendit pas la porcelaine se briser sur le parquet.

Garder contenance. De nouveau enfoncé dans le fauteuil, impérieux. Je laisse le liquide se répandre. Je la fixe dans les yeux, la fusille plutôt. Mes yeux se sont fermés. J'écoute.
Car au fond de moi je me demande ce qu'il avait pu se passer le jour de l'enterrement de ma petite soeur.