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 Manoir et dojo de l'héritière Shinogaï _ Retrouvaille amer ft Alekseï

| Ven 14 Juil - 21:50

Yumi Shinogaï

Glass room, perfume, cognac, lilac fumes

Une bouteille d’Henessy éclate contre le mur en brique rouge. Mon regard s’assombrit, des veines écarlates éclates dans mon regard. Mal en point, mal au corps. Personne ne pouvait prévoir le désastre de cette soirée. Mon pantalon crayon blanc prend cher, je saigne du poignet, je saigne de l’âme. Une autre bouteille vole, tout comme mes horribles paroles. Personne ne pouvait prévoir que je deviendrais une tornade, une Katrina inconsolable. Je hurle, j’insulte chaque homme dans cette ruelle. Tous se demande ce qui m’arrive. Eh bien je vais vous raconter, pourquoi je pète un câble.



UN PEU PLUS TÔT DANS LA SOIRÉE, Banque de la pègre, Est.
Une cargaison en plus, de la poussière d’étoile aux herbes médicinales. Un gain énorme pour la banque. Un gain énorme pour ces satanés riches en manque de vie. Je ris aux éclats, je ne suis la seule. Nous sommes réunis, en bande, en famille. Nous avions tous le même objectif, intercepter cette daube sans qu’aucun petit keuf ne puissent nous flairer, c’était réussit. Je suis parti en voyage, calé entre deux repose coude moelleux, le cul calé contre un coussin somptueux. On fait tourner une bouteille, puis une deuxième, tout se passe à merveille, c’est la fête. Une idée me vient, elle est géniale. J’attrape un des sachets et comme à mon habitude pour ne plomber aucune rentrée d’argent je dépose une liasse sur la table basse, les autres éclates de rires, ils me taquines. Je souris, je suis fausse. Je rêve de les voir disparaître, rouler ma beuh en paix, la savourer seule. Je rigole, je suis fausse, j’ouvre ce sachet et prend une boulette verte. S’en suit un petit rat de l’opéra des doigts.
J’effrite, j’ouvre, je place, je roule, je lèche, je colle, j’allume.

Ô joie que de sentir cette odeur acre. Ô joie que de la sentir pénétrer mes voies respiratoires. Ô joie de m’abandonner au plaisir de la drogue.
Cette barre de beuh enroulé dans un papier cigare fruité tourne, tourne entre nous. Je la réclame sans cesse, j’exprime mon envie de fuir la réalité deux minutes, j’étale ma possession, j’ai payé. Ô joie de te retrouver. Ô joie que de pouvoir sentir un amour réciproque. Je fond contre mon fauteuil, attrape mon chignon et le défait d’un geste. Je remue la tête comme pour exprimer mon sentiment de liberté, je continue de rire, je suis fausse. Cassez vous, crie mon esprit. Je laisse tomber la fin du cigare écologique et je ferme les yeux, tout bouge, c’est un tableau psyché que j’observe. Je souris bêtement et je m’enfonce, délicatement dans se fauteuil. Cassez vous… Je vous entends rire…
Bzz… Bzz.



   
Papa
Yumi,
La marchandise que vous avez intercepté, protégez là. L’information a fuiter et des gros bonnets de l’Est nous donnes rendez vous. Ils veulent leurs parts mais tu connais la chanson.
Nous vendons la meilleure qualité, nous leur offrons les restes.
Ils vous attendent aux entrepôts. Fait de ton mieux.




Je reste bloqué face à ce message. Beaucoup trop lourd, beaucoup trop long. Ça nique ma routine. Ça nique mes plans. La lenteur que prend mes mouvements se fait très vite remarquer, un silence s’installe, ils comprennent mon agacement. Mon corps se tend, je me lève et avance machinalement vers une espèce de gros coffre fort. Là, avec précision et avec un refrènement de rage je tourne la molette du coffre jusqu’à entre un clic. Doucement j’empoigne la porte droite, puis la gauche et ouvre grand l’espèce d’armoire coffre. Une partie de nos armes, j’en prend une. Le plus léger des revolver que nous possédons se glisse contre ma chaude peau et la soie de mon pantalon. Elle est collé à mon derrière et mon dos, c’est désagréable mais je ne porte pas de holster ce soir. Lentement, tout en rattachant mes cheveux, un regard noir balaye la pièce. Je leur explique la situation, tous m’imite, tous me suive.
A peine franchis la porte extérieur de la vieille bâtisse je grogne pensant à ma beuh resté là bah. Ils allaient clairement me le payer, ils allaient clairement me lécher les pieds.
UN PEU AVANT MINUIT, Entrepôt, Est.

On roule. Les voitures se déplace dans une formation funeste. Je fume une cigarette, je calme mes nerfs. A ma droite, mon bras droit m’observe. Je dois me calmer, je dois assurer. Si j’échoue, j’en subirais les conséquences. L’air frais de dehors s’infiltre par la fenêtre avant, les deux hommes à l’avant de la voiture s’en grille également une, l’un en profitant pour vérifier les munitions des uzis qu’ils avaient prit. J’humecte mes lèvres avant d’apercevoir non loin, de vieilles bâtisses, longues et délabrés. Pour moi, cet endroit prête au viol, au vol. Aucune sécurité, juste une maigre main d’œuvre sous payé. Vos objets sont en sécurité. Un rire jaune vient animer l’habitacle de la voiture quand j’aperçois une bonne dizaine de gringalets au loin.

_ C’est ça ce qui vient gâcher ma soirée ?

Ils rient. Ça ne fait pas rire. Plus personne ne rient. Un soupire d’exaspération anime l’habitacle de la voiture, elle se gare. Elles se gares toute en ligne et je sors après qu’une bonne dizaine d’homme vêtue de noir le fasse. L’ambiance est mortuaire, seule mes talons tapant le pavé en rythme résonne. Je glisse entre les corbeaux humains et je m’arrête en fasse d’eux. J’ai l’air d’un ange ainsi vêtu de blanc, face aux vils paysans du diable je rigole. Mon bras droit arrive et me tend sans quitter des yeux la petite foule en face de nous, un paquet, remplie de blanche. J’avance de nouveau et un homme que je ne connais pas sort du lot. Il s’avance à son tour, il est grand, élancé. Un charme machiavélique posé sur un corps de titan. Je reste neutre et sans une once de peur de lâche,

_ Vous n’avez pas honte de réclamer à manger avant l’heure ?

Je me sens attrapé par le col de la veste. Je grogne et fait signe aux hommes derrière de ne pas bouger. Il murmure quelque chose d’inaudible, je grimace. Il pu de la gueule. Je reste bloqué sur ça et détourne le regard. _ Tu sais qu’on travaille comme des chiens pour vendre vos restes pour une fois faite un pas vers nous et on vous laissera tranquille. J’ouïs. Un blanc. Je tourne la tête pour le regarder dans les yeux. C’est dommage, il était plutôt beau mec.

_ Je suis justement venu vous donner ce paquet. Une fois couper…
_ Je crois que ta pas compris, on veut toute la cargaison cette fois.

C’est une vilaine manière que de couper la parole mon enfant, et ça, ça a le don de m’énerver très vite. Je me défais de son emprise et pose le sachet par terre à ses pieds. Je me recule et commence à partir sans rien ajouter. Je pensais que mon silence serait assez parlant, je pensais que ces idiots n’iraient pas plus loin, père pensait que tout irait bien. Faux.
Un coup de feu retentit, elle me frôle. Je vois un homme, en noir, un des miens, il s’écroule au sol. Je ne comprend pas bien ce qui se passe, je suis plaqué au sol, plusieurs coups de feu retentisses. Cette odeur m’est familière, mon bras droit me protège. Une chaleur qui s’éteint me recouvre, il ne respire plus, quel gâchis. Je hurle, ça a niqué ma routine, ça a niqué mes plans. Je pousse le corps inanimé et avant que je ne puisse me relever un dealeur m’attrape par les cheveux et me traîne jusqu’à ce grand mec. Je vois flou mais je comprends très vite qu’il n’était pas seulement une dizaine mais bien plus. Bon dieu pourquoi as-tu voulu encore calmer les esprits. Je râle, me débat comme la fille que je suis. Il me force à me relever et j’exécute sans trop faire d’histoire. Je savais et ce malgré mon expérience que me battre à main nue serait cause perdue. Armes à feux, battes et armes blanches dansent dans les mains de ses pouilleux.

_ Où se trouve la pègre, dis le nous et tu pourras retourner chez papa tranquillement.


Je commence à voir rouge. Je lui crache à la gueule et sans que je puisse en rire je me prend une baffe. Elle résonne, mon cou craque. Quelle adrénaline. J’explose de rire et tente de regarder derrière moi. Presque plus de corbeaux, comme c’est dommage. Je soupire et rapporte mon intérêt sur mon interlocuteur. J’hésitais à prendre mon arme et lui exploser la mâchoire, il fermerait sa puante gueule et dieu que je pourrais mourir en paix. Je soupire et décide d’obéir à son ordre à une condition. Il m’accompagne à dix, à pied, vers la pègre.
J’avance et de petit vendeur me suivent, leur boss n’a pas confiance, il a raison. En passant à côté d’un de mes défunts hommes, je fais mine de chercher une clé, celle qui ouvrirait soit disant la vieille bâtisse qu’est notre repère et j’attrape un téléphone. Le mien ne venait jamais avec moi, surtout dans ce genre de mission. Je soupire et loin de leur regard, menant la marche, j’écris un message. A mon père, ainsi qu’à d’autres hommes resté à la pègre. Plusieurs minutes s’écoule, des rues similaires et des odeurs d’égout variés se mêlent à nos sens. Je tourne ma tête vers eux, ils boivent. Quelle belle bande d’incapable, un aussi bon goût pour des personnes si minable, mon cœur se fend.
MINUIT PASSE, Ruelles sombres, Est.


...Sss...
Un sifflement que je reconnaîtrait entre mille son. Notre signe, notre mélodie, notre appel. Enfin on allait me sortir de là. J’avance plus vite. Ils perdent le rythme bien trop bourré pour comprendre ce qui se passe. Je m’éclipse deux ruelles plus loin et je commence à entendre des craquements et des plaintes. Mes corbeaux attaquent, ils s’en prennent à la pourriture. Je retourne sur mes pas et ils supplient, espèrent que je les laisses repartir. Je grince des dents et leurs expliques gentiment que malgré la coupure à mon bras et l’œil au beurre noir que leur cher petit « OG » m’a fait, je veux bien être clémente. Je grogne finalement pour qu’ils déguerpissent et les préviens que la prochaine fois, ça ne sera pas moi leur adversaire, mais Satan lui-même.

La rue se vide, les rats repartent. Je me redresse, m’étire et attrape une des bouteilles de Henessy abandonné sur le bitume. Résultat de la soirée ?
- Une entaille au poignet,
- Ma seule paire de louboutins, cassés,
- Un œil au beurre-noir,
- Une redescente violente,
- Ça a niqué ma routine, ça a niqué mes plans.

_ Allez nettoyer le port, prévenir les familles. Faite un rapport à mon père et bordel de merde je veux qu’on me ramène ce que j’ai payé chez moi, sinon je vous éclates tous.

C’est là que je pète un câble. A mesure que le temps passé, j’avais compris que la bourde que j’avais faite. J’allais décevoir mon père lui et son honneur de samouraï. J’allais passé une nuit atroce à sentir des courbatures et des âmes en peines pleurer. J’étais furieuse. Comme après toute les nuits de ce genre.





LE LENDEMAIN, Manoir/Dojo, Quartier nord.
H A N G O V E R

Il est un peu plus de midi. Le soleil pénètre dans la vaste chambre. Mon visage pourtant détendu se déforme. Quelques rayons de lumière éclaire ma peau ravagée, je me redresse difficilement. La nuit précédente me revient petit à petit, mon crâne vibre. Baillant et sortant du lit, je titube jusque dans la salle de bain ouverte dans ma chambre. Mon reflet m’interpelle. Une poche violette, noire, bleu… ? Elle contourne mon œil droit, quelle horreur. Le sang dans mes yeux ne s’est pas dissipé, elle font ressortir le noir de mes pupilles. Que de bordel sur un visage pourtant si bien monté. Je soupire et décide de prendre une douche.

Plus tard, après avoir arrangé mon cas. Nouveau bandage et crème apaisante, je décide d’aller dans la cuisine me préparer du thé. Une clope pend entre mes lèvres quand je reçois un sms, les mains occupés à tremper les feuilles de thé dans l’eau, je me courbe pour pouvoir lire le message.


 
Alekseï.T

J'arrive.



Putain. Je l’avais oublié lui. J’avais oublié ce que mon père m’avait demandé. Je râle et pose la théière. Je fume et part préparer la terrasse ouvrant sur le vaste jardin pour accueillir mon invité. Peu de temps s’écoule entre mon intérêt soudain pour le rangement et la sonnerie de la porte d’entrée qui retentit dans toute la grande maison. Mes chats se lèves et court dans l’entrée, ils miaules, veulent connaître leur invité. Je m’empresse de venir ouvrir, une nouvelle clope à la bouche et les cheveux dégoulinant d’eau.

_ Entre Alekseï et ferme derrière toi.

Après deux ans sans avoir vu sa gueule, je me présente en demi-forme. Âme et corps dévasté. Je souris, je suis fausse.



elixir
blanc
| Dim 16 Juil - 16:23

Aleksei Tchakov

_Quartier sud_fin de matinée_


Le message était envoyé. Je fixe mon téléphone quelques secondes sans réellement savoir quoi penser de cette rencontre. Ma famille. La famille de ma mère ne m'appellerai jamais sans raison. Surtout pas après m'avoir laissé en paix des années durant.
Je soupire, verrouille mon téléphone et le jette sur le canapé sans m'en préoccuper davantage. Un problème à la fois.

L'eau bouillante dégouline​ sur mon corps, dévalant de ma tête jusqu'à mes pieds. Un repos pour le corps, un repos pour l'âme. La buée envahie la salle d'eau et se colle aux parois. Je ne suis pas spécialement pressé mais mieux vaut ne pas trop me faire attendre.
Le doux tissu caresse ma peau, absorbe les molécules d'eau su son passage. Me cheveux trempés s'étalent le long de mon dos, de mon torse et de mes épaules comme pour m'engloutir entièrement.

J'enfile une de mes tenues habituelle que certains pensent trop vielle, trop décontractée, trop en marge d la société actuelle. Je n'y vois pour ma part que simplicité, élégance et confort. Mes doigts frôlent par accident ces boursoufflures difformes qui parasitent le bas de mon dos.
Dans le miroir, la mâchoire de mon reflet se cripse, ses yeux s'assombrissent jusqu'à ne devenir que deux puits sans fond. Le tissu s'échappe de mes épaules et chute. Mon reflet prend un air surpris, je me ressaisi. Je chasse toutes ces émotions corrosives de mon esprit et laisse mon reflet face à lui même.
Il en faudrait plus pour m'abattre. C'était de famille.

Yumi. yumi, yumi, yumi. Je la revoyais gamine, joyeuse et farouche. Ma mère nous avait fait quitter la Japon pour que je n'ai pas à suivre un destin similaire au sien.
Nous étions partis, elle était resté. Elle avait grandi, elle avait changé.

_Quartier Nord_Rue_


Le quartier huppé, le quartier hyper sécurisé des ces gens ayants de l'argent à revendre. Loin du calme tranquille de chez moi. Ici, tout se bouscule et se disperse. Tout le monde est pressé, attendu quelque part.
La masse d'informations extérieur à traiter et assimiler me fatigue, si bien que j'en occulte une partie.
Chauffeur et Lamborghini, des gens aux bijoux dorées se pavanant autour de façade marbrés.
J'observe, fière spectateur de ce monde superficiel.
Je n'y trouve pourtant aucun attrait.



_Manoir/Dojo_Yumi Shinogaï_Quartier résidentiel/nord_


Un manoir, un dojo, des jardins.
Entrer sans faire part de ma présence me semble déplacé.

Je sonne.
J'attends.
La poignée pivote.
La porte tourne sur ses gonds.

Elle me regarde à peine. Me lâche un sourire dénué d'étincelles et me lance un
Entre Alekseï et ferme derrière toi.

Je la regarde.
Ses cheveux trempés ressemblent aux miens. Son visage explosé, tuméfié est à peine camouflé. Un bandage plus ou moins soigné parcours le haut de son bras. On sent l'habitude.
J'entre. Je ferme la porte comme demandé. Des miaulements retentissent en bruit de fond. Ses yeux injectés de sang contrastent avec sa peau pale. Son état ne m'étonne qu'à moitié.
Yumi. Reiji. Reiji, Yumi.
Je connais ma famille.

J'esquisse un sourire. Mes doigts glissent dans mes cheveux encore humides.

Salut cousine. Dure soirée à ce que je vois.
| Lun 17 Juil - 10:25

Yumi Shinogaï

P a i n K i l l e r

Je suis la moitié d’un homme, la moitié d’une âme. Je ne suis pas là, je suis présente. Je titube, titube comme un mort, pense comme un obsédé. Je ne songe qu’aux drogues, qu’aux doux plaisirs chimiques. Soupire, mon cousin me tire d’une rêverie macabre, d’une pensée mortelle.
Bien trop d’humour, un pique de plus pour débuter la journée. J’entre dans la cuisine, ne lui répond pas après tout je ne suis que la moitié d’un homme, la moitié d’une âme, je ne pense pas pleinement. Mes membres sont douloureux, ils sont à la traînes. Un temps assez impressionnant me faut-il pour attraper un plateau situé dans une petite armoire au dessus des plans de travail. Difficilement j’analyse les éléments qui accompagnerons cette rencontre, entre la théière dont le bruit strident n’est plus à remarquer, les petites viennoiseries françaises apportés par père et les fruits disposés dans la corbeille, je ne sais plus où donner de la tête.
Finalement après quelques minutes de réflexion mais surtout de somnolence j’avance vers la plaque chauffante. La petite bouilloire s’arrête de siffler quand je la soulève, j’essuie une grimace naissante sur mon visage et l’apporte sur le plateau. Ensuite, je glisse sans légèreté particulière jusqu’aux tasses entreposées dans une armoire en verre. Je les prends et les ajoutes au plateau. Le sucre et un pichet de lait écrémée viennent compléter la boisson. Je réfléchis de nouveaux. J’ajoute les viennoiseries et prend le plateau décidé à l’apporter sur la terrasse.
Quelle bêtise de penser que je serais suffisamment forte pour ne rien casser. Une précieuse tasse tombe sur le côté, je grogne mais continue ma route. Je pose le plateau, regarde mon cousin et murmure :

_ prend place et ne t’occupes pas de moi.

Mon visage s’est fermé. Une colère, que pense-je une soif de haine anime mon regard. Pourquoi a-t’il fallut que la soirée d’avant soit un bordel infini. Je soupire lourdement, les chats sursautes. Je me penche et ramasse les débris de porcelaine éparpillés un peu partout dans la cuisine. Par chance, mes pieds bien que nues ne sont pas coupés. Encore un soupire. Je me redresse et finalement, passant par le salon j’attrape mes fidèles cigarettes et une petite boîte en bois d’acajou. J’arrive sur la terrasse et ferme la baie vitrée menant sur l’intérieur. J’inspire et reprends sûrement des couleurs. Mes muscles allaient enfin pouvoir se détendre. Mes pas font craquer le parquet, c’est amusant il est pourtant neuf. Mes cheveux toujours trempé ont fait couler quelques perles d’eau le long de mes tempes et de mon front. Mon t-shirt tantôt sec et gris clair s’est humidifié et assombrit vers le haut. Mon short de sport glisse légèrement sur mes hanches mais il reste accroché. Je m’assied sans grande délicatesse sur le moelleux fauteuil disposé autour de la petite table basse en bois sombre soutenant le plateau de bienvenue confectionné avec amour et faiblesse pour mon invité.
Il est en face de moi, toujours aussi grand mais quelque a changé. Cette lueur qui faisait de lui un être taquin et toujours à l’affût de la moindre bienveillance s’en est allé. Je soupire, souris, attrape une cigarette et l’allume. Mes jambes se croises, mon dos s’écrase contre le dossier.

_ sert toi, je t’en prie.

Je le fixe, sans gêne et souris, je suis de nouveau fausse. Pourtant, je n’allais pas lui parler de choses plaisante, quand bien même le service qu’on lui demande n’est pas tâche difficile. Il fallait que je lui en parle, pour son bien.

_ dis moi, tante ne t’a rien dis ?, je tire une taf et reprend tout en déportant mon regard vers le jardin, papa et elle ont eu une discutions mouvementés à l’enterrement d’Alyona.



elixir
blanc
| Mer 26 Juil - 11:49

Aleksei Tchakov

"Jeomjeom pullyeo ganeun goppi deo naeryeonwa oneul"



Elle tangue comme sur bateau, défi la gravité d'un pas lasse. Le sol pourtant solide comme le marbre et les brisures de l'océan si lointaines. Je ne me formalise pas de son silence. Je le boit, le digère. Son silence en dit plus que les mots qu'elle aurait pu me donner.
Calmement je m'enfonce dans sa demeure que je découvre pour la première fois. Du coin de l'oeil je la voit s'affairer dans la cuisine ouverte, préparant le thé au vue de notre discussion.

Elle avance. Se fait happer par la gravité, chancelle.

Silence.
Fracas.
La porcelaine se brise sur le sol et se disperse, libre.
Le silence de nouveau.


Le grognement de ma cousine qui passe son chemin vient finaliser ce tableau.
Le plateau atteint tout de même son but. Une tasse en moins.
Je ne dis rien. Je sens l'air rentrer et sortir de mon corps à un rythme régulier, ma poitrine se lever et se baisser à ce même rythme.
Elle interromp alors le silence d'un murmure.
Prends places et ne t'occupe pas de moi.
Un sourcil s'arque, incrédule. Il faudrait certainement s'occuper d'elle. Cela ne fait aucun doute en réalité. Je retiens un soupire inutile et m'avance vers la terrasse, rejoignant le plateau. Mes yeux néanmoins traînent dans sa direction, un poids pesant sur mon coeur que je ne saurais nommer de façon efficace.

Elle revient. Referme la porte derrière elle comme pour m'annoncer que rien ne viendrait nous interrompre. Les pans de tissus de ma tenue retombent, eux aussi attiré par cette force physique. Enfoncé dans l'un des fauteuils, j'attends. J'attends de savoir ce que l'on attend de moi. Le regard ne fixe aucun point précis, c'est à peine si je vois d'ailleurs. Je sens le tissu sous mes doigts, la légère brise qui déplace quelques mèches de mes cheveux. J'entends le silence, le calme de la pièce. Je sens l'odeur du thé et du beurre des viennoiseries juste en face de moi mais mes yeux ne semblent pas vouloir s'accrocher aux détails qui m'entourent.
Sert toi, je t'en prie.
Mes yeux s'écarquillent sûrement. Je réapprend à poser mon regard sur elle. Des gouttes d'eau perlent sur son front, son sourire lui marque. Son sourire me laisse amer et dubitatif. Dans quel traquenard suis-je donc? Je lui rend néanmoins son sourire sans joie.
Merci.
Je me penche en avant. Mes cheveux se balancent et encadrent mon visage. J'en roule mes doigts autour de la anse de la théière et voit le liquide verdâtre couler et remplir une des tasses survivante.
J'admets​ hésiter à lui remplir une tasse, laissant ma main et l'appareil à thé en suspension dans l'air.
Ma main repose la porcelaine avec attention. Je me redresse.
Je m'apprête alors à prendre une gorgée mais sa voix interromp de nouveau le silence.
Une cigarette allumée à la main et me sort alors la plus grosse blague que je n'ai jamais entendu. Et pourtant, dieu sait combien j'en ai entendu.
Dis moi, tante ne t'a rien dit? Papa et elle ont eu une discussion mouvementée à l'enterrement d'Alyona.

Le temps se suspend. Ma main se suspend. Je me fais violence pour ne pas lâcher cette tasse. Assez de casse pour aujourd'hui. C'est ce que je me disais. Elle n'était apparemment pas du même avis. Je n'entendit pas la porcelaine se briser sur le parquet.

Garder contenance. De nouveau enfoncé dans le fauteuil, impérieux. Je laisse le liquide se répandre. Je la fixe dans les yeux, la fusille plutôt. Mes yeux se sont fermés. J'écoute.
Car au fond de moi je me demande ce qu'il avait pu se passer le jour de l'enterrement de ma petite soeur.
| Mer 2 Aoû - 12:37

Yumi Shinogaï

Shit happens
Le verre rentre le paquet. Un éclatement physique se répercutant dans mon âme. Il n’y a pas qu’en moi qu’il fera du mal. Je soupire, observe le liquide vert clair qui s’éclipse entre les planches de bois cirés du parquet. Après tout, cela nourriras la terre. Je soupire, encore une fois, relève mon regard et croise ceux de deux revolvers. Aurais-je était imprudente ? Je m’en fous.

Machinalement, de manière habituelle, une mèche s’accroche à l’arrière de mon oreille, mes doigts parcourent le chemin de mes cuisses, se colle à la peau de mon genoux. J’inspire, inspire ce que mes autres doigts m’offres. Du tabac, doux air.
Un instant plane, un nuage de fumée s’étale en face de mon visage, je grimace un instant avant de commencer à parler.

D E S  I M A G E S  E T  D E S  S O N S

 

Il pleuvait ce jour-là. Des cordes et des cordes. En fait, ce jour-là, je pensais que les cieux pleurait la mort d’une jeune fille. Je pensais qu’il suffoquait de cette perte. Malencontreuse. Ce jour-là, un kimono d’un noir sciant à mes cheveux revêtait l’esprit de la journée. Un enterrement, pas des plus banals. Un enterrement de famille, de grande famille. Je me souviens, mes pieds étaient engourdis, à force de rester là, à prier pour son âme. A prier pour nos âmes. Père, tante étaient en face de moi, en tant que sous-chef, je me devais d’accompagner l’Oya’ et la triste mère. Ma tête penchée, mes cheveux relevé, je ne faisais qu’écouter les pleurs, et les respirations ordonnés de tante et père.
Peu après ces futiles banalités, je m’étais hâté, aux pieds des arbres, au bas du temple. Je n’avais qu’une hâte, partir, m’enfuir. Je n’aimais pas cette atmosphère, je n’étais pas habitué. Une cigarette s’allume, une fumée presque invisible danse dans le vent, en même temps que je dévale les marches. Un claquement qui résonne, j’entends les échos de mon cœur, les échos de pleurs au loin. Le cimetière n’était pas si loin, ont nous attendaient. Je tire une nouvelle taf et m’arrête, personne ne me suit, je trouve ça suspect.


_ Tu sais, tu le sais qu’il n’y échappera pas. Tu n’aurais jamais du partir, tu le sais… Alekseï suivra les traces de ma fille, c’est le seul homme assez mature pour continuer les œuvres de la ..

J’étais remonté, un peu, apeurée par ses râles grandissants. Je fronçais les sourcils, m’arrêtait, écoutait. Ils étaient en face du temple, en train de se chamailler par rapport à ton avenir.  Sur l’instant, je ne pouvais pas comprendre, je ne voulais pas comprendre ce que tout cela signifiait. Mon corps tout entier trembler d’adrénaline nouvelle, je ne comprenais que mes besoins, mes envies, ma grandeur.
Ils se sont arrêtés, fusillés du regard. Ils ont commencé à marché, je me suis caché. Bien que le temps de descendre se faisait long, j’étais resté là, contre cet arbre. La pluie… Elle continuait de tomber, sur moi, mon être.


D U  V E R R E  E T  D E S  L A R M E S



_ maintenant, je comprends mieux. Tu devras nier ton propre sang, nier tes origines, envoyer balader Reiji.

Mes yeux s’abaissent. Pauvre parquet. Pauvre personne. La cigarette brûle mes doigts, je l’écrase et laisse mon regard se perdre sur le jardin. Une petite brise vient combler le silence s’installant. Je ne voulais pas m’attarder sur les détails de cette journée, je voulais en venir au fait. En venir à son destin. Le réécrire. Lui offrir l’opportunité de se sauver de cette cage familiale.  



elixir
blanc
| Lun 7 Aoû - 18:12

Aleksei Tchakov

"We eat the mud to be free."



Ses mots s'insinuent en mon être.
Un millier d'aiguilles s'enfoncent dans ma chaire. Perforent pas peau, se coincent dans mes entrailles.
Le passé me submerge en un tsunami amer et toxique.

_Enterrement_passé_


Ma mère. Ses sanglots se répercutent encore et toujours dans mon il âme. Mes larmes se joignent au siennes, accompagnés par les yeux rougis de mon père.
Des habits noirs. Une marche funèbre. Une grimace amer s'offre à ma figure quand les gens me regardent dans mon costume blanc comme la neige.
Haine.
Rancoeur.
Envers moi même. Envers l'univers. Le blanc, symbole de pureté et de mort. Le noir, la nuit.. Les ténèbres.
Je fixe cet amas de terre fraîchement retourné mes larmes salés se mêlent à la pluie d'été une fois tout le monde parti.
Rage.
J'en veux à mon cœur de continuer de battre.
J'en veux au monde entier en réalité.
Putain de monde.
Putain de vie.
Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi. Prostré devant cette tombe sans pierre tombale. Une pierre met des mois à être préparé. Alors lors d'un décès non prévu..
Je dégluti. La salive coule le long de ma gorge trop sèche. Depuis combien de temps n'avais-je pas fermé l'oeil?
Le temps passe.
La pluie fini par s'arrêter.
Les éclairs cessent de se montrer.
Le ciel reste gris.
Je prend pied dans la boue.
Je m'enfonce et m'enracine au côté de ma soeur adorée.
Trou noir.


_Manoir_présent_



Je ne me souviens plus de comment j'étais rentré chez moi après cela.  Après que Ma mère soit venue chercher mon corps atrophié, paralysé. Je ne réalise que maintenant. Cette lueur que j'avais pris pour de la tristesse envers son seul enfant toujours en vie. Elle n'était pas liée au décès d'Alyona.
Une raison plus perfide ce cachait derrière. Une raison que me dévoilait Yumi. Une raison qu'elle non plus avait pas comprise il y a des années. Une raison que contre toute attente, Alyona avait esquivé par sa mort.

Un rire perçant défonce l'espace. Il explose les particules d'air. Disperse les molécules et secoue le temps. Un rire de fou. Un rire empreint d'un désespoir tristement sincère, trop longtemps refoulé. D'un homme mortellement blessé qui attend qu'on l'achève afin qu'il puisse respirer à nouveau.
Un rire que je ne contrôle pas. Qui sort du plus profond de mon être. Comme si depuis des années j'avais seulement eu besoin d'évacuer tout ce poison qui me fait pourrir de l'intérieur. Comme si j'avais seulement eu besoin d'entendre le monologue de ma cousine pour cracher le venin qui m'éttoufait, restait coincé au travers de ma gorge.

Un soupire. Je rouvre mes yeux qui s'était fermés dans mon fou rire. En un sens je me sens.. Plus calme. Mes coudes rencontrent mes cuisses. Mon menton se pose dans la paume de ma main.
mon regard glisse sur la flaque de thé à mes pieds, sur la porcelaine brisé. Je l'avais lâché.. Elle s'était brisé.
...toutes mes excuses pour la tasse..et le parquet..ma voix n'est qu'un filet d'air ténu entre mes lèvres trop pâles.
Mes yeux se relèvent bravement sur Yumi. Je souffle sur une mèche encombrante. Rah.. Suis-je destiné moi aussi à n'être qu'un pion?

Renier ma famille. Renier ma mère. Renier ton père. Te renier. Renier ton frère. Renier mon sang. Une grande action et de grands mots. ma voix est posée, j'en suis le premier surpris. J'inspire afin de poursuivre.
Yumi.. un sourire lassé, désabusé se déploie avec toute la douceur de ce pauvre monde Pourquoi me dis tu tout ça?Je ne pense pas que ton père, mon oncle soit au courant de tes révélations. Je pense qu'il a besoin de moi pour une raison quelconque. Mais au vue des événements, si j'accepte.. La cage se refermera derrière moi.. J'ai raison? Entre l'affirmation et l'interrogation mes derniers mots restent en suspens entre nos deux corps. Les ondes sonores parcourent la distance de mes lèvres à ses oreilles à une vitesse ahurissante.
| Mar 8 Aoû - 8:40

Yumi Shinogaï

You need a doctor baby, you scared ?


Je possède l’une des familles les plus simple de l’orient, il faut croire que par tout les dieux, celle-ci me convenait mieux qu’une autre. Mes doigts las, mon corps fatigué, blessé ne réponds en aucun cas à la porcelaine tapant le parquet. Une tasse encore. Une tasse en moins, plus de nettoyage. Mon regard s’égare, je me recentre sur le jardin. Je ne cherchais point à montrer mon incapacité à réagir, mon incapacité à être sûr de moi, de ce que j’avance. Je déglutis quand il commence à parler, son rire tantôt m’ayant perforé le myocarde. Lentement, je trouve la force de me redresser, me lever et de traîner ma carcasse jusqu’aux petites marches menant au jardin. En face de moi s’ouvre un chemin de grandes et petites pierres assemblés, polies, pour recréer cet esprit de zénitude que je ne peux malheureusement pas, ou plus atteindre. Chaque muscle de mon corps se tends, je m’assied sur l’une des marches, posant de manière négligé ma tête contre la rambarde de bois. Je l’écoute, je m’échappe seulement de son champ de vision. Mes yeux sont remplies de sel, mes yeux me font mal. Malgré tant de force, malgré tant de contrôle, malgré … mon sérieux face à la situation. Je ne supportes plus tout cela. Je n’avais pas pleuré ce jour là, peut-être que chacun de mes sentiments refoulés par l’adrénaline prenaient enfin le dessus. Peut-être que le naturel ne faisait que pointer son petit nez. Je soupire et élève mon visage au ciel. Le soleil est haut, il danse, mes yeux ne s’y habitue pas alors je les fermes. Je baigne dans la chaleur que je ne songe plus recevoir et soupire de nouveau avant de commencer à lui répondre, entrelaçant mes doigts de ma main droite dans ceux de ma main gauche. J’ai cet air, d’effroi, de tristesse, de mal être.

_ Je suis au regret de t’annoncer qu’au moment où tu oseras dire oui à mon père… Tu perdras tout droit de bonheur, tout droit d’envie, tout droit de vivre, je m’arrête et de manière las je tourne mon visage déformé et larmoyant calmement vers lui, Alekseï, je dis ça pour ton bien, quoi qu’on pense, que l’ont peut dire, j’avais le choix, j’ai fais le mauvais en pensant gagner amour et chaleur auprès de mon père. Regarde où j’en suis. Regarde ce que la grande famille Shinobu Gaï, je poursuis, amer est réellement. Un clan d’homme et de femme au service d’un Oya, rongé, rongé par le désarroi, rongé par son propre crime.

Je me lève et sourit. Je souris de toute mes dents avant de m’arrêter en pleins milieu du chemin. Je perd pieds. Le contrôle que j’ai sur moi-même n’est qu’éphémère. Solitude, Souffrance et Haine sont un cocktails malheureux. Je me tourne, je l’observe. Lentement, calmement, je retire mes bandages à mon poignets et je le fixe continuant de sourire. Une entaille massacrant l’un de mes premiers tatouages, elle me tire, me fait mal, m’apaise. Elle me prouve que je suis encore et malgré tout en vie.

_ Une fois que tu lui auras dis oui, une fois que tu auras accepté ce sang qui coule malgré toi dans tout corps. Ce sang qui court, court, te ronge. Tu ne sauras qu’un débris, encore plus accablé que tu ne l’est maintenant. Peut-être que Reiji, Papa… Tuera l’un de nous, comme il l’a déjà fait. Peut-être que papa perdra pied, encore, et qu’il tuera de nouveaux sa chère et tendre, je baisse la tête et tristesse, sourire forcé s’entremêlent famille.

Ça y est. Je me l'avouais à moi-même. Mais cette sorcière l'avait cherché. Alors mon sourire s'intensifie.
Pardon Alekseï.





elixir
blanc
| Mer 9 Aoû - 17:04

Aleksei Tchakov

L’espoir guide les Hommes. L’orgueil aussi.

Elle se déplace, évite soigneusement de croiser mon regard. Comme si me fixer trop longtemps la ferait foudroyé sur place. Un pas, puis deux. J’admire son dos et ses courbes, accoudée à l’une des rambardes, qu’elle néglige de trop.

 N’importe qui d’extérieur à cette conversation rirait de l’air affligé des deux jeunes gens. Rirait du de la porcelaine brisé et de la flaque de thé qui s’étend avant d’être absorbé par le parquet qui finira par gondoler. Quelqu’un d’extérieur pourrait-it deviner la souffrance et la solitude que cache des bandages, ces chutes de cheveux noir d’encre, que cache une cicatrice bien trop laide pour être montrée. ? Qui le pourrait ? Le monde est ainsi fait. Personne ne réalisera jamais la fatalité dans toutes ces paroles prononcées. Personne ne comparera la violence psychologique et physique portée par deux jeunes gens dans ce jardin zen.  

Une seconde, puis deux. Une brise caresse mon visage.

Je suis au regret de t’annoncer qu’au moment où tu oseras dire oui à mon père… Tu perdras tout droit de bonheur, tout droit d’envie, tout droit de vivre,
Comme pour confirmer ses dire, ses yeux brillent plus sincère qu’accoutumer, se remplissent quelque peu de larmes.  Alekseï, je dis ça pour ton bien, quoi qu’on pense, que l’ont peut dire, j’avais le choix, j’ai fais le mauvais en pensant gagner amour et chaleur auprès de mon père. Regarde où j’en suis. Regarde ce que la grande famille Shinobu Gaï, Sa respiration chevrotte légèrement, certainement sous le coup de l’émotion qui la tenaille. Je me demande si ce sont des tics nerveux qui agitent ses doigts. Ou si c’est simplement moi qui l’imagine. est réellement. Un clan d’homme et de femme au service d’un Oya, rongé, rongé par le désarroi, rongé par son propre crime.

Une marche, puis deux. Son corps se dessine un chemin et s’arrête au centre d’une allée, au milieu de ce jardin zen. Au milieu de ce semblant de bonne conscience. Je me lève à mon tour. Elle dévoile une balafre sur son avant bras. Elle laissera une cicatrice, laissera son tatouage déformé, bafoué à jamais. Mes jambes se mettent en marche, je m’approche en silence. Contrairement à tout à l’heure elle me fixe de son air triste empreint d’un désespoir que nous commençons à bien connaître, à trop connaître même.

_ Une fois que tu lui auras dis oui, une fois que tu auras accepté ce sang qui coule malgré toi dans tout corps. Ce sang qui court, court, te ronge. Tu ne sauras qu’un débris, encore plus accablé que tu ne l’est maintenant. Peut-être que Reiji, Papa… Tuera l’un de nous, comme il l’a déjà fait. Peut-être que papa perdra pied, encore, et qu’il tuera de nouveaux sa chère et tendre,  famille.

Je la dévisage.J’avais bien évidement entendu parlé du décès de ma tante par le biais de ma mère il y a de ça des années, sans jamais pour autant m’appesantir sur la question. Ma mâchoire se crispe. Je ne sais si je viens d’emboîter une pièce au puzzle ou si je viens d’en détruire un bout.
Ma main se dépose avec la délicatesse d’un chat sur son épaule. Une idée tourne et tourne dans mon esprit, un espoir égoïste peut-être, mais peu m’importe. Mes lèvres lâchent alors avec tout le sérieux du monde une suite de mots que je ne me vois pas dire.

Yumi, aide moi à échapper à ton père.

Une requête. Dangereuse, égoïste. Le silence. J’observe ses traits si proches et le fond de ses yeux si semblables aux miens à la recherche de réponses cachées, d’un miracle peut-être. En un sens, je lui demandais de trahir son père. Je lui demandais de le contrer, de défier son autorité. Mes cheveux forment un rideau autour de nos visages comme pour nous couper du reste du monde. L’espoir me prend aux tripes Un espoir fou, potentiellement mortel pour celui qui le porte. Peut-être me frapperait-elle. Peut-être me rirait-elle au nez au peut-être me raillerait-elle, qui pouvait bien savoir ? Pourtant s’il existait un moyen de sortir de cette situation misérable, pour mi, pour elle, elle était certainement au courant.


Aide moi à contrer Reiji.


Un Murmure contre sa peau, contre son oreille. La bombe était lâché. Je dégluti face à mes propres paroles, ma main toujours posée sur sur corps. Ces paroles pourraient me coûter tellement cher mais je ne les regrettes aucunement, pour l’instant du moins. J’attends. Les différentes options tournent en boucles dans mon esprit et je ne peux alors qu’espérer car que je ne peux reprendre les mots que j’ai formulé. Et les conséquences qui vont avec.
| Jeu 10 Aoû - 9:41

Yumi Shinogaï


It’s fun to lose and pretend


hello, hello, hello, how low. I feel stupid and contagious


_ Tu crois réellement que je serais encore là, si le cadenas de ma cage était si faible ?

Un touché, une phrase qui résonnait au milieu de se havre de paix. Un petit bout de paradis naturel que je puis m’empêcher de saccager d’une réponse. Une réponse non sans grand regret. Des regrets mêlés d’amertumes, pour lui ainsi que pour ma personne. Je ne savais pas, je ne savais plus quoi faire pour vivre. Alors je m’accrochais, m’accrochais à lui, à Reiji, à son bordel sans fin. Au bordel que ma vie était devenu, au bordel sentimentale qui me chatouiller tout les soirs. Je suis faible, si faible et ce, même face à ma famille celle qui verra venir la gangrène. Le pire. Je me recule, me détache de tant de proximité, mon regard est dans le vague, je renifle lentement en me retournant. Alekseï, tu ne sauras jamais ô combien de fois j’ai hurlé à la mort espérant un miracle. Je ris légèrement, pour couvrir sans doute le froid, le blanc, le silence qui s’était installé.

_ Dis lui non. Tu verras bien ce qu’il te diras… Maintenant que tu as un aperçu de ce qu’endure ceux du clan, tu n’as qu’à simplement nier que je t’en ai parlé, faire le surpris et dire non. Mon père est un monstre, mais il a un cœur, malheureusement il reste un être humain.

Mes paroles, dîtes de manières las, elles me percent, m’étonnent. Je pensais réellement cela de mon propre père ? Je rigole de nouveau faisant basculer machinalement ma tête vers le bas. Je fixe mes pieds, cherchant une réponse, une réponse à tant de tristesse et de malheur, un simple : « Désolé pour ta sœur » sortit de ma bouche. Maladroit et j’en suis consciente. J’en grince des dents, j’en attrape mes cheveux, soupire, grogne avant de m’apaiser et recommencer. J’ai la mort, la névrose qui me colle à la peau. J’ai un soucis, plus gros que moi. Je me retourne finalement et m’approche de mon cher cousin posant avec délicatesse mes mains sur ses joues je murmure avec ce visage ampli de peur et de solitude.

_ Tout ce que je peux faire Alekseï pour t’aider, c’est te protéger de ce que pourrait faire mon père. Je ne sais pas comment échapper à tout ça, je ne sait pas comment combler le trou qui se creuse plus les jours passes, plus le sang coules, je m’arrête et m’approche encore encrant mon regard au plus profond du sien, je ne sais pas combien de temps le démon restera endormit. Mais il finira par revenir à la charge et il ne sera pas content.



elixir
blanc
| Sam 12 Aoû - 23:49

Aleksei Tchakov

« I need a gangsta to love me better. »
gangsta-Harley Quinn


J’ai besoin de crier. J’ai besoin de hurler. Mon coeur pleure du sang. Ma voix agonise dans ma gorge. Let me down. La solitude attrape ma main en souriant. Sa voix douce chuchote à mon oreille. Mes cheveux enveloppent maintenant mon visage comme un voile de deuil. Mon kimono fait quant à lui office de linceul. Mon regard planté dans le vide ma médiocrité me rattrape. Ma naïveté enfonce son point dans mon ventre et serre mes vicères entre ses doigts. Je suis comme enveloppé dans la brume. Bientôt je n’existerai plus, je disparaîtrai dans les méandres de cette brume imaginaire.
Ma main glisse, dérape, sans force quand elle s’éloigne. Je la sens retomber dans le vide, seulement maintenue par mon épaule, elle même retenue raccrochée à mon buste, lui même maintenu par mes jambes, elles même soutenues pas la Terre. Putain de Terre. Je veux flotter comme les particules d’air. Je veux filer comme le vent. Je veux oublier jusqu’à mon nom. Je veux oublier jusqu’à mon sang.
Ma salive à le goût du sang. Chaud et métallique.
Disparaître me ferait tant de bien.

Les mots de ma cousine s’infiltrent sans que je puisse les filtrer, les comprendre, détailler chaque mots et leur donner un sens. Pourtant je comprend la signification de chacun des sons qu’elle prononce. Mes poumons brûlent. Ils prennent feu. Mon coeur s’accélèrent. Comment arrêter l’incendie ? Commet éteindre cette vague de panique ? Comment tout arrêter ? Mon corps immobile est à l’extrême opposé de la crise qui menace à l’intérieur. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Mes pensées ne s’alignent plus correctement. Je n’arrive plus à penser. Je n’arrive lus à démêler tout le ras de marée d’émotions et d’idées qui m’envahit. Je sens mon esprit baisser les bras, laissant la panique me prendre.


Une main froide sur ma joue. Deux mains foides sur mes joues. Mes yeux ce vrillent aux siens. Ses émotions reflètent les miennes, accablantes, toujours. Mon coeur ralentit. Ma poitrine retrouve doucement un rythme abordable. Mes poumons refroidissent. Je me raccroche à ce regard. Je me raccroche à ces mains fraîches pour me maintenir à la surface, une fois de plus. Nager est déjà difficile, rien ne me laisse présager que cela s’améliorera dans le futur, au contraire. Mes pensées s’étalent, épuisées. Une larmes salée quitte mon œil, traîtresse. Elle coule le long de ma joue et se mêle aux doigts fins de mon sang maudit.
Sa bouche articule, j’entends, j’assimile. Ses yeux se rapprochent encore des miens, je pourrais sentir son souffle sur mon visage. Ils me repêche et me force à respirer.

« Je ne sais pas combien de temps le démon restera endormit. Mais il finira par revenir à la charge et il ne sera pas content. »

Métaphore facile à comprendre. Le temps me manque. Toujours cette question de temps. Elle ne pourra pas le retenir éternellement. J’inspire un coup. Mes mains se posent sur les siennes. Ma voix accepte de sortir de ma gorge. Mes yeux sont de nouveaux tout à faits secs. Il me faut prendre du recul sur la situation. Mes démons de nouveau enfermés dans un coffre au fin fond de l’océan. Ma thérapie personnelle devra attendre. Mes paupières s’abaissent puis se soulèvent.

Alors j’attendrai le démon de pied ferme… Un sourire d’une malice inattendue apparaît ….Et je le ferai danser.

Je prend l’une des mains de ma cousine , passe mes doigts en dessous de sa plaie encore fraîche comme pour la souligner. Je la fixe d’une œil froid. Mon ton se fait soudain aussi froid que ce dit et regard, coupant court à la malice.

Je te le promet.

Dans la même action, mes lèvres se déposent dans la paume de sa main.
Une promesse scellée.
Le monde allait valser.
| Mer 6 Sep - 17:11

Yumi Shinogaï

C’est une promesse qui se scelle d’un contact physique. C’est une promesse qui ne fera qu’accélérer malgré tout ses efforts ma descente en Enfer. Je le savais mais quand bien même je pouvais le sauver, peu m’importait. Je suis rongé de l’intérieur et sans cette étincelle d’accomplissement, sans ce petit quelque chose me poussant à agripper la lumière qu’est la vie, je me serais déjà laisser noyer par le chagrin. Bien que ce dernier m’attrape par les tripes me les tords et les vomis dans un fracas d’injures mentales, je maintiens en vie ce corps, ce cœur qui ne fait que pleurer. Mon regard se pose désormais sur se contact physique, des doigts mais ensuite des lèvres viennent clôturer et sceller à tout jamais ses dires. Mon cher cousin, tu ne sais pas à qui tu t’attaques et je commence amèrement à regretter de ne pas t’avoir dit de simplement t’enfuir. Mais je suis le mieux placé pour savoir qu’une promesse rompu équivaux à milles aiguilles avalés. Je soupire, ma main glisse contre la sienne pour finalement venir fouetter l’air. D’un air décomposer je passe par une moue ennuyée, lassée. La peur qui avait prit le dessus se dissipe, je suis du genre à vite passer à autre chose sur l’instant, puis le remuer après.

_ Je ne te donnerai qu’un conseil Alekseï, maintenant que tu met en jeu ta vie.

Mon corps alourdit de douleur fait un pas en arrière, puis un deuxième. Je le scrute, lui qui a se visage si famillié et si lointain, je le sonde. Ô cousin, sache que ton pied vient de s’écraser dans la plus grosse merde qui puisse exister. Ô mon cher cousin, je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit, mais c’est trop tard, quoi que ce soit arrive déjà. Je reprend tout en tâchant de détourner le regard vers une plante qui elle, se dandine joyeusement à ce climat gris, ce climat d’incertitude et de tristesse pluvieuse.

_ Tâche simplement, de ne pas, mourir.

Mes paupières se ferment à demi, je recommence à le fixer. Une réaction, un sursaut, une peur, je cherche un élément qui me montrerait sa conviction, son envie de tenir sa promesse. Il y a bien une chose chez les Shinogaï qui est incroyable, la fierté, l’accomplissement, l’honneur. Bien que la gangrène nous prennes tous aux cœurs, l’on survit d’or et de promesses terrifiantes. Je soupire, une nouvelle fois. Je me déplace, passe près de lui, le frôle mais l’évite comme un pestiféré. Malheureusement je ne pouvais m’empêcher de voir son corps mort, ensanglanté dans une fosse dans peu de temps. Mon esprit est submergé d’insulte à mon égard et de doute. Je trésaille, mon corps me fait encore mal, et c’est peu dire je me sens faible, comme une saloperie de rat de laboratoire, je me meurs d’expériences nouvelles et déplaisantes. Deux pas encore et mes pieds passes sur une surface humidifié ; le thé renversée, emmerdant je dirais. Je me retourne et m’exclame :

_ Je ne suis pas ne mesure de me rebaisser, je reviens, je vais chercher un chiffon pour un peu éponger avant que le bois de ma terrasse soit à remplacer. Le thé chaud, c’est pas très cool. Aide-moi ensuite.

Je m’éloigne, et sans trop m’attarder au petit vibrement d’un appareil téléphonique au loin, je m’approche d’un petit local à l’opposé de la terrasse. Plus proche du garage qu’autre chose. Cela devait être mon téléphone, posé avec négligence sur la table basse de la terrasse. Aucun problème sur ce point là, je n’attends pas spécialement de commande cette semaine, et par commande j’entends pour mon bien personnel.
Un temps passe et je reviens à l’extérieur munit d’une serpillière et d’un ballais, ma première réaction après avoir posé le matériel contre la rambarde contournant la surélévation du plancher fût de poser mes fesses sur le fauteuil et de prendre mon téléphone. Ah. Juste lui.



 
Marshall

Quelque chose sonne faux. Quelque chose sonne faux avec cette maire.



Je répondrai plus tard.



elixir
blanc
| Jeu 7 Sep - 3:57

Aleksei Tchakov

« On va t’ouvrir le crâne,
et regarder à l’intérieur. »

Murmures.




On ne contrôle pas les actions d’autrui, on ne contrôle pas leurs pensées non lus, tout au plus on peut influencer, manipuler. Tordre les files du destins est possible, y laisser des plumes encore plus. Je ne contrôle pas la main de ma chère cousine qui glisse de mon étreinte pas plus que je ne contrôle les actes de mon oncle qui sait mieux que quiconque tordre et casser des files.   Mon dos se déroule je gagne de nouveau en hauteur. Nos visages arborent des expressions relativement différentes. Il n’y a aucun feu dans les yeux qui me font face, tout au plus une légère lueur, un grain de folie. Un pilier si mince qui s’effrite de seconde en seconde. Le phœnix renaît de ses cendres, il nous faudrait faire de même au risque de nous éteindre définitivement.  Une certaine agitation se fait ressentir dans mes membres, l’appel du sang, de la guerre. L’instinct le plus primal de l’être humain à n’en pas douter. Je ne vivrai pas le restant de ma vie une épée de Damoclès au dessus de ma tête.
Sa voix, dans ce qui commence à devenir une habitude, interrompt le fil discontinu et flou de mes pensées. Le feu étreint mon cœur comme une mère aimante et me susurre à l’oreille des idées folles.

_ Je ne te donnerai qu’un conseil Alekseï, maintenant que tu met en jeu ta vie. 

Sa voix est douce, lisse et tranchante comme la lame d’un katana. Son regard me lâche, se disperse, sa bouche laisse le temps aux mots de se former dans son esprit, d’en faire une phrase construite et compréhensible.

Tâche simplement de ne pas mourir.

Le silence qui s’en suit se fait pesant, grave. Je sens l’aire infiltrer mes poumons afin de maintenir la vie dans mon enveloppe charnelle. Rester en vie. La surie. Une notion presque dérisoire lorsque l’on connaît la mort. C’était pourtant bien pour cela que je désirai me battre, pour la vie. Pour une vie libre, une liberté que je pensais avoir. Une liberté fausse. Une vie libre pour laquelle tant d’hommes et de femmes se sont battus avant moi et pour laquelle tant sont morts en rêvant d’elle. C’est au cours de cette réflexion que ma cage thoracique se libère, j’ai envie de rire ou tout du moins de rire. L’amour, l’inquiétude, l’altruisme, l’espoir. De beaux mots. Des mots dignes de fous. Je tiens à ma vie comme un drogué. Je tiens à cette vie trop cruelle, moins douce que le trépas. Une citation traverse mon esprit comme une tendre litanie. "Cette faiblesse ridicule est peut-être un de nos penchant des plus funestes; car n'y a t-il rien de plus sot que de vouloir porter continuellement un fardeau qu'on veut toujours jeter à terre? D'avoir son être en horreur, et de tenir à son être? Enfin de caresser le serpent qui nous dévore, jusqu'à ce qu'il nous ait mangé le cœur?" . Un sourire étreint mon visage et mon regard se palnte dans le sien qui me fixe, un léger hochement de tête lui répond, accompagné d’un simple mot.

J’essayerai.

Son corps sursaute, tirant légèrement ses traits. Son pied atterrie dans le liquide maintenant tiède et je ressent son agacement. Mon précédent comportement me désole plus qu’autre chose. La porcelaine brisée m’attriste maintenant plus qu’autre chose.

_ Je ne suis pas ne mesure de me rebaisser, je reviens, je vais chercher un chiffon pour un peu éponger avant que le bois de ma terrasse soit à remplacer. Le thé chaud, c’est pas très cool. Aide-moi ensuite.

Je n’ai pas le temps d’acquiescer qu’elle disparaît déjà dans les profondeurs de ses appartements.
Accédant à sa requête je retourne devant le cadavre de la tasse et entreprenant de ramasser les plus gros morceaux et de les déposer sur la table basse le temps qu’elle revienne. Un bourdonnement fait trembler et résonne sur la table basse. Un téléphone. Celui de Yumi à n’en pas douter, le mien était resté quelque part seul chez moi. Une image, un visage apparaît sur l’écran. Ce sont ces yeux explosés, sa chevelure trop blonde qui finissent par retenir mon attention. Mes mains se figent dans l’air, des morceaux de porcelaines en suspensions. Un nom apparaît, il ne fait que confirmer ce que je pensais. Il s’agit bien de l’homme qui semblait tout savoir de moi. Qui semblait trop en savoir sur moi pour être honnête. L’homme qui voulait que je taise son identité. Que je la taise aux yeux de.. ? Yumi ? Ou de quelqu’un d’autre ? Les idées tournent déjà à une vitesse effrayante et devant mes yeux s’affiche le contenu du message qui ne m’est pas destiné. Du coin de l’œil je regarde si ma cousine arrive, comme sur le point d’être prit la main dans le sac. Ce qui risque d’être le cas. Les quelques lignes défilent vites, j’ai juste le temps de les capter avant que l’écran ne redevienne noir, comme s’il c’était rendormi après avoir fait un mauvais rêve.

Je me redresse, déposant les derniers gros débris. Yumi revient, les bras chargés. Elle dépose son fardeau et se dirige vers le mystérieux téléphone afin de répondre à son mystérieux interlocuteur. Dans des gestes machinaux je nettoie mon bazar, je repense à la courte phrase afin d’en décrypter le sens.

« Quelque chose sonne faux. Quelque chose sonne faux avec cette maire. »

Le SMS ne me disais rien qui vaille. La maire Zhen Endô, à mon souvenir était une femme…. Stricte, avec un penchant pour les belles choses. Dans tout les cas, il semble alors que la gangrène de ma famille dans cette ville était alors bien plus poussé que je ne l’avais imaginé.

J’ai fini Yumi.  Je te jette ça où ?

Mon visage se tourne dans sa direction, elle repose le téléphone dans un geste las. J’attends gentiment sa réponse après avoir sauvé le parquet in-extremis.

Pour se battre il fallait des armes. Je venais peut-être d’en trouver une. Désolé cousine.
| Ven 15 Sep - 20:49

Yumi Shinogaï


Un pincement, ma lèvre inférieur se tinte d’un petit rose lubrifié reflétant le vide incolore de mes pensées. Un soupire, ma poitrine s’élève pour contraster mon manque de force restante. Mon regard parcours le sol, mon téléphone et la faible lumière qui finit par s’éteindre. Le téléphone glisse d’entre mes doigts pour heurter avec douceur le coussin du fauteuil, je me redresse et titube d’un pas léger vers mon cousin. Un sourire, vide et sans signification, je récupère l’attirail et lui demande sans trop forcer la voix d’aller jeter les bouts de porcelaines brisés dans la poubelle de la cuisine.
Un petit flottement prend place tout autour de moi, un flottement qui malencontreusement me plonge dans un néant silencieux. Trois petit pas faisant grincer le plancher et je me retrouve les mains posés sur la rambarde à fixer un vide que je ne comprend pas. Penser n’est pas simple quand trop d’informations se bouscule. Des informations qui pour aujourd’hui me semble insensés, tout comme au fond, cette promesse infusé dans un poison mortel. Un nouveau pincement, mais cette fois au cœur, qu’ai-je fais. Un nouveau soupir qui avec lenteur siffle contre le vent qui s’élève. Un coucher de soleil commence à contraster avec la noirceur d’une nuit de fraîcheur. Le froid n’étant en rien un allié concevable à cet instant, je me retourne pour chercher de l’œil une couverture, un plaid qui pourrait traîner mais rien. Un nouveau sifflement tranchant avec le silence, il n’y a plus se flottement, je commence à sentir une légère irritation au creux de mon ventre. Celle qui donne envie de vomir, celle qui sans gêne, laissa couler une pensée morbide et un goût de déjà vu sur la langue. Une violence nouvelle, je suis accablé par le pessimisme. Accablé tout court par la vie.
Un vrombissement qui ne m’est pas inconnu s’immisce dans mon vide. D’un petit mouvement lassé mon corps pivote à la manière d’une machine mal réglé, j’avance vers cet objet dont l’utilité commence à me faire douter. Je décroche, reste planté là.

_ Oui, je t’écoute… Hm… Je ne pense pas lui avoir demander de fourrer son nez là où il ne le faut pas… Je vois, un soupir agacé tranche avec mon ton qui finalement devient terne, passe me prendre dans une heure.

Quelle poisse. La famille Shinogaï a soif de pouvoir et sans freiner son emprise sur le commerce noir de Mayaku, elle gangrène petit à petit la population. Ce serait un problème si elle venait à devenir l’ennemi public pour quelques gangs et dealers décidés à faire couler l’entreprise de toute une vie. Le téléphone retombe sur le fauteuil, mon corps se traîne et je reprend lentement cet esprit combatif qui m’habite chaque soir. Il fallait se préparer à argumenter, se préparer à affronter peut-être de nouveaux le pire.
C’est avec cet élan de reprise en main que je me repasse la demande urgente de mon père, alors je m’exprime sans trop faire attention, le temps presse.

_ Alekseï, au passage, Reiji a besoin de toi pour dessiner la couverture de son prochain livre. Il m’a remit une enveloppe que j’ai du laisser sur le comptoir du salon, fait comme chez toi, je rentre tard.



elixir
blanc