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 Comme un goût de passé sur la langue. (pv Winnie)

| Jeu 6 Juil - 18:54

Aleksei Tchakov

« All the tigers have been out,
I don’t care, I hear them howl,
I let them tear right throught me. »

Sia- to be human


Rue du quartier Sud. En chemin pour la boîte de nuit. 21 heure. Samedi soir.


Pourquoi ? Pourquoi elle ? Un grondement sourd s’échappa de ma gorge à l’image du message que j’avais reçu quelques jours plus tôt. « Coucou, c'est Winnie, je ne sais pas si tu te souviens de moi. Mais j'espère sincérement que oui, c'est pour cela que j'aimerai te proposer que l'on se voit ce week-end, j'ai pensé à samedi soir puisque je sors en boite de nuit. Qu'en dis-tu? »  Ça ne pouvait définitivement pas être elle… Si ? Après tant d’année sans aucunes nouvelles ? Ma main se plaqua sur mes yeux comme pour tenter de cacher les images qui surgissaient à l’intérieur de ma propre cervelle. Stupide. Décidément stupide. Je n’avais pas donné suite à ce message mais j’allais tout de même au rendez-vous ? Un espoir aussi fugace que coriace mêlé a une souffrance provenant du plus profond de mes entrailles que je sentais se tordre à chacun de mes pas me tiraillaient.
Je savais pourtant clairement que voir Winnie ne la ramènerait pas. Mais l’espoir guide les Hommes. Leur permet de faire des choses folles.
Les mènent à une mort certaine.
J’avais plus que conscience des cernes qui entouraient mes yeux suite à mes insomnies et cauchemars à répétition depuis ce SMS. Ce n’était pas faute d’avoir essayé de faire bonne figure pour ce soir. Encore plus stupide. J’avais été jusqu’à me vêtir d’une chemise et levé mes cheveux en un chignon propre.  On était loin de l’assurance que j’affichais à l’accoutumé. Ma main gauche s’agitant dans un tic nerveux cette fois incontrôlable.
Peut-être ne serait-elle pas là ? Il le vaudrait peut-être mieux.
 

Дерьмо (merde) ... Ce mot s’échappa dans faible un souffle. Juste pour moi-même. Je montais dans un taxis en direction du lieu de rendez-vous.

21 Heure 28 minutes. Devant la boîte de nuit. Quartier Est.

La musique retentissait à l’intérieur du bâtiment. Des gens déjà plus ou moins bourrés stationnaient alentour. Certains fumaient leur clopes tranquillement, d’autres vomissaient dans un coin sombre ou encore d’autres étaient juste sorti histoire de respirer de l’air frais. Un couple éméché s’éloignait de la boîte. Tous différents mais tous les mêmes.
En chemin j’avais réussi à retrouver un semblant de calme, retrouvant un peu de mon assurance habituelle. Suite à un examen complet de l’extérieur j’en déduis qu’elle n’y était pas. Elle était donc  à l’intérieur. Au bar peut-être, bien que la piste de danse lui conviendrait mieux, mais les gens changent. J’étais plutôt bien placé pour parler.
Payer le taxis. M’avancer jusqu’à l’entré de la boîte en évitant les gens à la démarche peu assurée. Certains prenaient beaucoup de bon temps dans endroits comme cela, moi pas spécialement. Je n’avais en vérité pas d’avis précis quant à ce que représentait ce genre d’endroit par rapport à ma notion de l’amusement. Un homme que je supposais être un videur me toisa de la tête aux pieds avant de me faire signe d’entrée d’un hochement de tête. Plutôt simple comme entrée.
Intérieur de la boîte de nuit.


Une vague de sons et de chaleur me happa. Il faisait sombre. Un éclairage au néon éclairait l’espace. Les enceintes  pulsait la musique déterminé par un dj au fond de la salle. Des barres de strip-tease dans un coin, non loin du bar, des alcôves avec des tables de l’autre. Le plus impressionnant restait la masse noire et dense de corps sur la piste de danse.
Je me dirigeais vers le bar, fendant la foule une première fois. Il me fallait un verre, j’allais en avoir besoin. C’était plus que certains. Un verre et je chercherai Winnie. Un verre et j’irai la chercher. Au moins j’aurais déjà vérifié au bar.
Une fois qu’on m’eu servi mon verre rempli d’alcool fort. Je le portait à ma bouche et buvais d’une traite avant de le reposer sur le comptoir. Je restais encore quelques instants adossé au bar. Balayant la foule dansante du regard.
| Ven 7 Juil - 10:22

Winnie Lenox O'Connor

21 Heure 23 minutes. Dans la boîte de nuit.


Je scrute la foule déchaînée du regard, cela fait près de trente minutes que je suis là, je sais qu'il ne va pas tarder à arriver, il ne raterait pour rien au monde ce rendez-vous, même s'il n'a pas répondu à mon message.
Je me suis manifestement mis sur mon trente et un inconsciemment, je porte une robe rouge évasée à partir de la taille s’arrêtant juste au-dessus du genou, accordée à des talons noirs, et j'avais même noué mes locks en une queue-de-cheval.
Je sors de mes songes et me laisse entraîner sur la piste de danse par un jeune homme que je qualifierais de mignon, priant pour qu'il n'arrive pas à ce moment là, me laissant guider par la musique et le jeune homme dont je ne connais même pas le prénom j'ondule des hanches jusqu'à la fin de la chanson. Monsieur mignon s'éclipse mais je continue à danser au gré des musiques avant de sentir un regard  passer sur moi, je n'ai pas besoin de lever les yeux pour savoir que c'est lui. Après quelques secondes de latence je me décide à relever la tête, il est bel et bien là, adossé au bar, il observe la foule. Je ne sais pas s'il m'a reconnu, mais de mon côté je n'ai aucun doute sur son identité.
Ma première réflexion fut qu'il avait toujours ce même aura, cette prestance naturelle qui le caractérisait et malgré ses cheveux relevés en chignon et sa chemise blanche qui lui donnait un air beaucoup moins enfantin qu'a l'époque, vu de l’extérieur il n'avait pas changé.
Ma contemplation me renvoya des années en arrière. Flashback.

Je posais enfin le pied dans ma nouvelle maison, cela faisait déjà plusieurs mois que je tannais mon paternelle afin de vivre avec lui en Russie, et il avait finalement cédé. Je fus émerveillé par la maison, elle n'avait pourtant rien d'extraordinaire, mais elle comportait une immense bibliothèque dans le salon, celle-ci promettait de longues heures de lecture comme je les aime. Mais la visite guidée de mon père fut interrompu par des rires à l’extérieur, je me penchais alors à la fenêtre pour découvrir un garçon qui devait être mon aîné de quelques années et une jeune fille d’à peu près mon âge, sans aucun doute un frère et une sœur, ils avaient l'air de réellement s'amuser et d'être heureux ce que je ne connaissais pas très bien. Mon père me prit par les épaules et m’expliqua qu'ils étaient nos voisins et que je pouvais aller jouer avec eux, j'acceptais à contre cœur sachant qu'il serait déçu si je ne faisais pas d'efforts pour me socialiser. Le temps d'arriver dehors ils avaient disparu, insaisissable. Mais leurs silhouettes fines et élancées me hantèrent des jours, ainsi que leurs rires enfantins teintés de bonheur et inconscience. Fin du flashback.

Ce n'est que plus tard que j'avais appris à connaître le garçon aux cheveux indomptables et sa sœur pleine de vie, ils avaient su voir en moi ce que personne d'autre ne réussissait à voir, il avait vu au-delà de la fille surdouée, ils ne m'avaient jamais jugé et ce même quand j'avais commencé mes activités peu légales avec les véhicules de mon père.
Ni tenant plus je m'élançais d'un pas déterminé dans sa direction, une fois arrivé à sa hauteur il ne m'avait jeté qu'un coup d’œil rapide, pensant sans doute que je n'étais pas celle qu'il cherchait. Au moment où j'ouvris la bouche pour le saluer, il se retourna sûrement afin de me repérer dans la foule, mais j'attrapais son avant-bras l’obligeant à se retourner. Ses yeux croisèrent enfin les miens, il retira d'un mouvement brusque son bras, et je vis une étincelle traverser son regard, je ne serais sans doute jamais le sens de celle-ci, mais son visage se tordit dans ce que je supposais être un rictus hypocrite. Les mots passèrent ma bouche sans mon autorisation, Alekseï tu ne me reconnais pas ? C'est Winnie... je criais pour qu'il m'entende mais ma voix se brisa sur mon prénom. C'est à cet instant là que toute trace d'arrogance disparut de son être.
| Ven 7 Juil - 18:43

Aleksei Tchakov

« L’important n’est pas la chute,
C’est l’atterrissage. »

Sevdaliza – sirens of the caspian


_Au bar_


Gauche, droite, re-gauche, re-droite. A quoi ressemblait-elle maintenant ? Je me souvenais de ses sempiternels blousons de cuire, de sa touffe de cheveux seulement maintenue par son casque de moto, sa taille fluette. Les corps se trémoussaient, des gens entraient sur la piste pour séduire, se défouler, d’autres en sortaient, pour venir s’hydrater au bar, s’imbiber d’alcool et de sucre. Pour rejoindre les pseudos zones d’intimités possibles. L’air était passablement lourd. La musique explosait de façon continue dans mes tympans.
Un pantalon noir en jean à ma droite s’approche. Une paire de talon noir, de jambes caramel et robe rouge vif à gauche aussi. Je tendais alors à me tourner afin de prendre un autre verre. Entament l’étirement de mon bras afin de héler le barman parti un peu plus loin quand un bras, une main s’agrippa à mon poignet avec fermeté et une force assez insoupçonné.
Mes muscles se tendirent par réflexe, stoppé dans mon mouvement, je pivotais selon la volonté de cette autre personne.
Je fixais alors la main agrippé à mon bras. De longs doigts fins. De longs ongles. Aucun bijoux. Mon regard remonta le long de son bras. Robe rouge vif. Peau caramel. Talons noirs. Qui l’aurait cru ? Je continuais mon examens de façon rapide. Dread-locks, maquillage léger, aucun tatouage apparent. Je croisais son regard inquisiteur et libérais mon bras de sa poigne aussi facilement que je l’imaginais. J’aimais les gens qui prenaient des initiatives, surtout venant d’aussi jolies personnes mais malheureusement je n’étais pas d’humeur ce soir.
Je réfléchis le temps d’une seconde, un sourire au coin des lèvres. La laisser ou m’amuser ? Après tout j’avais quelque chose à faire à la base. Oui mais cela pressait-il vraiment ? Comme pour répondre, mon bras s’avança vers son épaule. Sa voix se fit soudain entendre par dessus le brouahah. « Alekseï... » Ma main stoppa net. Alekseï ? Comment savait-elle qui j’étais ? Mon sourire disparu. Une ex que j’avais oublié ? Une connaissance de travail ? « ...Tu ne me reconnais pas ? C’est... » Je n’entendis pas la suite, peut-être à cause de la musique, peut-être car je ne voulais pas entendre, mais, ma conscience compléta sans en avoir besoin. Je scrutais son visage qui m’apparaissait comme étrangement familier maintenant.
Winnie…. Un souffle, un murmure que ma mâchoire articula malgré le manque certain d’oxygène dans mon corps. Mon regard planté dans le noir profond de ses yeux. Je ne l’avais pas trouvé. Elle m’avait trouvé. Comme si elle avait su que je viendrais malgré mon silence radio, comme si elle avait su que je serai alors adossé au bar, comme si elle avait su depuis le début quelle tête j’aurais aujourd’hui. La musique changea pile à ce moment. Une mélodie plus douce, moins du genre à fracasser ton système auditif. Quelle ironie.
Je tourne la tête en direction du barman et jette un coup d’œil à celle qui n’est autre que Winnie. Il me sert un verre et j’en prends deux. Cul sec.
Pour le courage.
| Ven 7 Juil - 22:41

Winnie Lenox O'Connor

Je reste interdite devant le spectacle qui se déroule devant mes yeux, je l'observe ingurgiter deux verres d'alcool cul sec sans comprendre. 
Moi qui me réjouissais de le retrouver, je n'étais plus sur de mon enthousiasme, pourtant sa présence signifiais toujours beaucoup. Alekseï ne se déplace pas pour rien, ni pour n'importe qui. C'est en le scrutant plus soigneusement que je me rendis compte des cicatrices qu'il arborait, pas des cicatrices physiques mais plutôt morales, j'étais sans doute folle mais j'avais l'impression que quelque chose dans son aura avait changé, un événement l'avait bouleversé. Les secondes s'étiraient et semblaient être des heures avant qu'il ne reporte son attention sur moi enfin c'est ce que je crus. 

Je ne sachant comment réagir, je fis alors la chose la plus stupide qu'il me fus donner de faire, je l'attrapais par le bras et l'entraînait sur la piste de danse. Je savais que ce n'est pas son genre, mais mon cerveau ne répondait plus je n'étais plus aux commandes de mon propre corps, je m'enfonçais dans la foule afin de trouver ne serait-ce qu'un semblant d'espace, cela fut plutôt rapide, mon cerveau décida alors de faire quelque chose d'encore plus absurde, pensant de lui-même que je n'étais pas assez ridicule, ou que c'était moi qui avais ingurgité ces deux verres d'alcool. Je me retrouvais alors collé à son torse bougeant au rythme de la musique. 

Moment qui ne dura que très peu de temps puisque je fus tiré en arrière violemment, c'est à cet instant que je fus persuadé que je rêvais, toute cette scène ne pouvait tout simplement pas être réelle. 

Je fus ramenée à la réalité par monsieur mignon avec qui j'avais dansé précédemment. Monsieur mignon ?! En effet celui-ci c'était interposé entre Alekseï et moi, certes il venait de me sauver d'une situation très gênante mais d'où il s'interposait de la sorte.  C'est au moment où il se retourna vers moi que je sentis son haleine alcoolisé, ma main partis alors toute seule, je venais de lui mettre un coup de point. Il ne manquait plus que ça, je levais les yeux au ciel de mon geste, déjà que je n'étais pas féminine il fallait en plus que je le frappe, je me désespérais. Monsieur mignon allait semble-t-il répliquer mais je ne lui en laissais pas l'occasion, je m'enfonçais le plus rapidement possible dans la foule. 

Mais qu'avais-je fait ? J'étais sans doute une sombre imbécile et qui par-dessus le marché, ne savait se contrôler, je venais d'enchaîner les bourdes et pour en rajouter j'avais laissé Alekseï en plan, j'étais vraiment un cas.

Dans un moment de lucidité, le premier de la soirée, je décidais de retourner au bar, avec un peu de chance je pourrais scruter la foule plus facilement de la bas. Je me fis une dernière réflexion en arrivant devant celui-ci, mon impulsivité me jouait beaucoup trop de tour, j'agissais sans réfléchir, et cela m'avait valu de me ridiculiser ce soir.
| Sam 8 Juil - 0:09

Aleksei Tchakov

« Leur esprit suit la fantaisie.
Où se laisse aller le conteur,
Et la vérité tôt oublie
Pour se confier à l’erreur. »

Alice au pays des merveilles


Un verre sur le comptoir, puis deux. Je sens le liquide ambrée couler le long de mon œsophage, jusqu’à mon estomac trop vide de matière solide. Brûlant telle de la lave en fusion. Une légère grimace imprégna la centaine de muscle de mon visage, j’avais toujours trouvé que l’alcool avait un drôle de goût. La vue d’une lock me ramena à la réalité. A l’instant présent.
Une main agrippant mon bras. Une force extérieure à la mienne me traînant au milieu de la foule sans me laisser le temps de comprendre ou ne serait-ce que de protester. Un seul mot me vint alors à l’esprit, impulsive. Je restais un instant interdit face à son corps dansant au rythme de la musique contre lui. J’avais une vue magnifique sur ses cheveux qu’elle avait noué. Un sourire timide, franchement amusé commença alors à montrer le bout de son nez.
_Des années auparavant_ Russie_


« Alleeeeeeeez, vient Alekseï. » Je soupirais face à leur détermination. D’accord j’étais le grand du trio et Winnie venait d’avoir ses dix-huit ans, mais les laissé aller danser seules en boîte ? Pire, y aller avec elles ? Pourquoi étais-je tombé sur les filles les plus casses pieds de l’univers ? Je ne comprend décidément as votre envie d’aller vous trémousser devant des gars en rut dans un endroit où il fait chaud à en crever avec de la musique bonne à perdre ses tympans. Aucune réponse, elles me fixaient juste, attendants manifestement que je cède à leur exigence. Sérieusement… Des sourires s’étirèrent sur leurs lèvres maquillées. J’observais leur tenues de soirée, enfin si l’on pouvait appeler cela des tenues de soirée. Je savais qu’elles iraient de toutes façons, « histoire de braver le danger » et elles savaient que je ne les laisserais pas y aller seule. Nous savions tout les trois qu’elles avaient gagné d’avance en somme.
J’avais alors passé ma soirée à veiller sur elles qui se déchaînaient sur la piste de danse.

_Retour dans le présent_

Je sentais son parfum familier mêlé à la transpiration, montrant combien elle s’était défoulé sur la piste tout au long de la soirée. Je ne bougeais pas, comme à contre courant de la foule. Une bouscula se produisis alors, j’allais pour poser mes mains sur ses épaules afin de la maintenir mais quelqu’un fut plus rapide que moi. Un jeune homme l’éloigna de moi. Ce jeune homme me l’a prit et sans demander son reste commença à danser contre elle. Mon sang ne fit qu’un tour et se glaça dans mes veines. Intervenir ou non ? Je n’eut ma foi pas à prendre cette décision.
Un point. Un visage. Qui se rencontre. Une onde de choc. Un corps ébranlé. Pas celui de Winnie. Celui du gars. Dont le visage rougit par l’alcool s’assombrit. Il allait la frapper. C’était hors de question.
Plus rapide que le vent, Winnie avait disparue dans la foule. L’homme faisait mine de la suivre.
Ma main se posa sur son bras, lui opposa une certaine résistance. Il se tourna vers moi avec furie. Il avait apparemment l’alcool mauvais. Sa dégaine m’écœura, autant que ses cheveux devenus gras et que son nez rouge pivoine, il puait l’alcool. Un grognement que je ne reconnu pas mais qui était bel et bien le mien s’échappa de ma gorge. J’articulais près de son oreille, une main le maintenant par le col de son tee-shirt. Tu..La..Laisse..Gamin... Compris ? Ce n’est qu’après l’avoir regarder droit dans les yeux le temps de quelques secondes que je le relâchais. Je le regardais partir en silence, soudainement épuisé.
Je ne remarquais que maintenant que le monde environnant c’était figé, comme bloqué dans l’espace temps. Des regards inquisiteurs, effrayer, ou demandant plus de bagarre. Ce n’est qu’à cet instant précis que je compris que j’étais de nouveau seul. Elle avait disparue.
Je quittais la piste de danse le dos droit.
| Dim 16 Juil - 12:44

Winnie Lenox O'Connor

Arrivée au bar je m’accoudais à celui-ci, j'étais soudainement épuisée et lacée, la soirée ne se passais pas réellement que prévue et cela m'agaçait, certes je n'avais pas souvent le contrôle des événements avec mon impulsivité mais jamais la situation ne m’échappait à ce point.
Le barman me sortit soudainement de mes songes, je levais vers lui des yeux surpris, et articulais simplement une limonade, je n'avais pas l'habitude de boire et la situation m'échappait déjà assez pour en rajouter. On m'apporta un verre à moitié plein, que je bus d'une traite, je n'avais pas le temps, je laissais un billet de cinq euros sur le comptoir et me fondis dans la foule, je cherchais sa silhouette grande et élancée.
Je mis plus de temps que je pensais à le repérer, il n'était décidément pas le seul à être de grande taille ce soir, mais aucun n'avait ne serre-ce qu'un quart de sa prestance. Je fis un tour sur moi-même toujours à sa recherche, je le vis enfin il était dos à moi la tête haute comme si rien ne c'était passé. Je tentais de me frayer un chemin à travers tous ces corps collant bougeant au rythme de la musique, me rapprochant peu à peu de lui, quand je fus assez près de lui je clissais ma main dans la sienne, elle était légèrement moite et chaude, mais son contact m'électrisa, quelque chose avait changé en lui, et ce simple contact en était la preuve.
Une fois de plus je le tirais à ma suite, il opposa une fois de plus aucune résistance, je suppose qu'il m'avait reconnu quand j'avais passé ma main dans la sienne. Je me dirigeais machinalement vers la sortie, cet endroit m'étouffait tout un coup alors que j'avais passé des nuits entières à l'intérieur de celui-ci sans jamais avoir un tel sentiment. C'était peut-être sa présence qui m'étouffait, où son corps qui c'était rapproché du mien à cause de la marée humaine qui tentait de sortir et de rentrer par la minuscule et unique porte du lieu.
Ce fut qu'une fois à l’extérieur que je repris ma respiration, en effet j'avais retenu celle-ci sans faire attention. Je lâchais doucement sa main et le regardais dans les yeux, un silence s'installa, cela ne me dérangeait pas le moins du monde mais je fus la première à détourner le regard et observer la rue, quelques groupes de personnes se tenaient ça et là, discutant avant de rentrer dans la boîte, quittant cet endroit, ou d'autres vomissant, magnifique vision, je levais une fois de plus les yeux au ciel, c'était une manie ce soir, je sentais qu'il me scrutait.
C'est ce moment que choisit mon cerveau pour faire pivoter mon corps en sa direction et lui envoyais en plein visage d'une voix neutre, mais il t'arrive quoi, t'as jamais été bavard ou expressif mais la c'est poussé à l’extrême, il s'est passé quoi pour que tu sois comme ça ? Je laissais un temps de latence avant de continuer, certes on change en grandissant et on ne s'est pas vu depuis un certain temps mais on se connaît trop pour jouer les prudes alors crache le morceau. Je me mordis la lèvre inférieur en prenant conscience de ce que je venais de dire, oups...
| Dim 16 Juil - 17:48

Aleksei Tchakov

Rêver éveiller.



Une main dans la mienne. Fraiche et ferme, autoritaire. De nouveau elle m'entraîne.
J'ai envie de hurler. De lui hurlé de me lâcher et de partir. Elle et tout mes souvenirs.
Ma vision est légèrement floue, mon souffle est coupé. Ça fait mal.
Ça fait vraiment mal. Je serre les dents.
Telle une poupée de chiffon je la suis. Mes forces ont déserté.
Mes pensées ne sont que fils emmêlés et décousus.
L'alcool et ventre vide ne font pas bon ménage.
Le monde continue de tourner, les gens de danser, boire et discuter. Pour moi il c'est arrêté.
Je fixe sa nuque comme si la voyais pour la première fois.
Je me sens misérable. Elle ne sait pas. Pas encore et je me mords les lèvres car cette situation n'aurait jamais eu à avoir lieux.


_Extérieur_



Le vent frais s'abat en rafale sur mon visage comme pour me dire de me ressaisir.
Je la fixe et j'ai l'impression de serrer sa main si fort que je pourrais la briser.
Je vais la briser. C'est certain.

Je me recueil dans un coin de mon être. Je ne veux plus être acteur. Je veux être spectateur. Je ne veux plus être là, ici. Je veux disparaître, loin de son regard qui sonde mon âme. Dieux! Laissez moi partir et disparaître.
Mais je ne disparais pas, mon vœu ne s'exauce pas. Je reste devant Winnie, immobile, mort.
Mon estomac se tord, j'ai envie de vomir.
Il faut que je bouge. Que je fasse ou dise quelque chose, n'importe quoi. Mes muscles tétanisent, je suis devenu une statue de marbre.

Je me rend compte qu'elle a lâché ma main. Depuis combien de temps? Mon point serre le vide, mes phalanges sont visibles et blanches comme un linge. Ma poigne n'était pas si forte que ça alors.

Elle se retourne. Vers moi. Son regard perfore de nouveau ma cervelle à grand coup de marteau piqueur. Je le sens, elle s'impatiente.

"mais il t'arrive quoi, t'as jamais été bavard ou expressif mais la c'est poussé à l’extrême, il s'est passé quoi pour que tu sois comme ça ?"

Argh. Ça fait mal. Elle patiente quelques secondes mais je n'arrive pas à articuler le moindre son et ma bouche refuse de s'ouvrir. C'est à peine si je respire encore.
C'est à ce moment là qu'elle en rajoute une couche.

"certes on change en grandissant et on ne s'est pas vu depuis un certain temps mais on se connaît trop pour jouer les prudes alors crache le morceau."

D'accord, je ne respire peut-être plus. C'est peut-être l'apnée la plus longue que j'ai jamais faîte en réalité. Je vais vraiment vomir. J'ai besoin de m'asseoir.

Elle se mord la lèvre, l'air contrit.
Mon être entier se fracasse en mille morceaux. Elle n'est pas en tord. Moi non plus et je n'en peux plus.
Je franchis le peu d'espace qui nous sépare. Mon front se pose sur son épaule. Seul contact que je créer. Des larmes coulent de les yeux je crois. Je me redresse et prend sa main avec toute la douceur du monde. Le plus simple était encore de lui montrer.


_milieu de la nuit_Cimetière_



Je la tire doucement derrière moi sans prononcer un mot. Redoutant cet instant qui arrivera bien assez vite.

Des allées de tombes se suivait. Des dates différentes, des pierres différentes. Des noms différents. Un seul ici m'intéresse.
Les gravillons crissent sous nos pas. J'essaie de lui donner un meilleur appuis, de peur qu'elle se casse la figure en talon. Dieu qu'elle en est capable.

Je m'arrête. Regarde Winnie dans les yeux. Je ne sais pas de quoi j'ai l'air mais je m'en moque. D'un signe de tête je lui indique la tombe située devant nous.

"...Fille, soeur et amie aimée et aimante..."

Je ne dis rien. Je ne bouge plus. Je regarde la tombe de ma soeur en silence attendant la réaction de Winnie bien vivante à mes côtés.
Qu'est ce que ça fait mal.
| Mer 23 Aoû - 13:01

Winnie Lenox O'Connor

Tout c'est passé si vite, sa tête posée sur mon épaule, la sensation d'humidité sur celle-ci, sa poigne dure et sans appel saisissant ma main et m’entraînant dans son sillage.

J'avais du mal à suivre son rythme, mes talons me faisant affreusement souffrir, j'étais dans mes pensées, plus réellement présente. Que s'était-il passer pour qu'il soit brisé à ce point ?
Tout allait très, trop, vite dans ma tête, j'avais peur, je ne voulais pas resombrer, je ne voulais pas qu'il ait mal, qu'il souffre, j'avais l'impression de vivre ses émotions, tout était si mélangé.

Ce fut le bruit des cailloux sous nos chaussures et mon équilibre plus précaire que quelques minutes auparavant qui me ramenèrent sur terre.
Les tombes se succédèrent et je compris instantanément où nous étions et qui était partis. Je souhaitais me tromper, rêver mais Alekseï nous arrêta devant une tombe.

Ce que je contemplais c'était lui, son teint livide, les sillons sur ses joues creusés par les larmes qui continuaient de couler, les quelques mèches qui se baladaient encadrant son visage si enfantin et vulnérable à présent. Ses yeux brillants croisèrent enfin les miens, et j’eus l'impression de prendre une balle en plein cœur, il me fit signe en direction dans la tombe.
Mes yeux se posèrent alors sur un doux prénom gravé en lettre capitale, que je ne le connaissais que trop bien, il avait roulé tant de fois sur ma langue.

À présent j'étais comme étrangère à mon propre corps, un combat intérieur se déroulait, toute cette rage, cette tristesse ne demandait qu'à sortir mais seules des larmes m’échappèrent, doucement et tendrement, elles glissèrent le long de mon visage. Puis tout s’arrêtera, non pas les larmes mais le combat intérieur, et je restais ainsi vide, j'avais je n'avais réussi à faire le vide et bien c'était chose faite, seule restait une douleur prenante à la poitrine celle-ci m’empêchait presque de respirer.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi devant cette tombe, les larmes inondant mes joues, les bras ballants, le regard vide, peut-être des heures ou simplement quelques secondes. Mon corps sûrement piloté par une force supérieure, me fit enlever mes chaussures, je sentis alors le contact froid et peu agréable des gravillons sous mes pieds, puis ceux-ci se mirent en marche vers la sortie du cimetière.

Chaque pas m’éloignant de cette tombe me ramenait un peu plus à la vie. C'est à quelques pas de la grille du cimetière que je me retournais enfin, Alekseï me regardait, il n'avait pas bougé, dans un geste or de contrôle je lui tendis ma main libre espérant qu'il comprenne tout le sens caché derrière ce simple signe.
| Jeu 24 Aoû - 0:57

Aleksei Tchakov

« Qui aide qui. »




Du gravier qui crisse, une fois puis deux. Winnie perd des centimètres à mes côtés. Le pourcentage d’eau dans mon organisme diminue dangereusement. Pourtant chacune des larmes qui s’évadent sauvagement de mon être allègent un peu plus mon cœur fatigué. J’entends les pas de Winnie s’éloigner de moi, s’éloigner d’elle, doucement comme par peur de réveiller ceux qui ne peuvent plus être réveiller.

Je fixe l’épitaphe certainement dans l’attente d’une révélation. D’une délivrance ou que l’on m’enterre, peu importe, que quelque chose se passe. Que la terre tremble, que le ciel s’enflamme, que la mer envahisse la terre. Mais rien ne se passe, ton est calme ici bas, même mon cœur refuse de s’arrêter ou de s’accélérer, coincé dans son rythme doux, habituel. Je jurerai sentir des bras autour de moi. Je jurerai sentir son visage contre mon dos. Mais je baisse les yeux et seul l’air m’enlace. Un soupire m’échappe. Le pire était passé. Enfin espérons.


Ma tête se résout finalement à se relever après de longues minutes. Winnie se tenait au niveau du portail. D’ici je ne peux distinguer que sa silhouette mais c’est bien d’elle dont il s’agit, sans aucun doute. Sa main se tend dans ma direction. La mienne caresse le marbre blanc et froid. Je n’avais aucun présent pour elle. Une prière silencieuse se disperse dans l’air, l’air de dire « je t’aime, je suis désolé. » . Il était temps de partir.

Bonne nuit petite sœur. Un murmure nocturne. Un souhait.


Un dernier regard pour la pierre et doucement, à mon rythme je parcours la distance qui me sépare de Winnie, de sa main. Je plante mon regard éreinté dans celui de la jeune femme. Je lis mes doigts à ceux qu’elles me tend.

Rentrons.


Un éclat de lumière vernis attire mon œil, une paire de talon. Mes yeux glissent sur ses pieds nues. Un de mes sourcils s’arque.

La torture est finie.

Remarque à double sens. Ce qui ne m’empêche néanmoins pas d’attraper les deux chaussures de ma main libre.

Après toi princesse. J'indique la route éclairé d'un mouvement de menton.

La nuit avait été longue.
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