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 Pharamound Olympe Layton "Petite erreur, petite terreur, j'attends mon heure" /!\ +18 propos injurieux

| Lun 12 Juin - 10:59

Pharamound Layton


Nom complet : Pharamound Olympe Layton
Âge : 21 ans
Quartier : Ouest
Métier : Photographe et co-propriétaire d'un petit journal qui parle de tout et de rien.
Origines : Anglo-japonais
Crédit avatar : Peinture de Alex Russel Flint

Personnage

Aspect physique : J'ai un corps. Une tête, deux jambes, deux pieds, deux mains, deux bras. Cinq orteils à chaque pied. Cind doigts à chaque main. Des yeux, un nez, une bouche...des cheveux. Vous et moi, on est pareil. Mais vous, vous n'avez pas une enveloppe corporelle qui vous trahit. Qui fait ce qu'elle veut et qui, biologiquement, est encore plus bancale qu'une chaise avec un seul pied.

Je mesure un mètre quatre-vingt-deux. Je le sais, parce que je vais chez le docteur régulièrement. Mon poids varie entre soixante-sept et septante-trois kilos. Mon docteur aimerait que je m'étoffe, mais j'aurais tendance à prendre du poids si je ne fais pas attention et si je suis bêtement le régime qu'il tente de m'imposer. Les hormones c'est pas la joie et ça influence mon apparence.

J'ai le visage de mon père, il paraît. Je ne sais pas trop, puisque je ne sais pas à quoi il ressemble. On m'a dit que j'avais les yeux de ma mère par contre. Ils sont bruns. Tout bêtement. Et mes cheveux noirs viennent aussi de ma mère, je pense. Car les siens sont vraiment très sombres.

J'aime prendre soin de moi. Il faut bien. Je me vêt comme n'importe quel "garçon" avec un peu plus de classe (excusez du peu). Costume trois pièces et bretelles. On me demande pourquoi je ne porte pas de jeans. Je ne réponds pas, mais personnellement, je pense que le jour où Jean-Paul Gaultier en fera, j'en mettrai. J'aime la mode. Il m'arrive de tromper mon monde et mettre en avant ma poitrine féminine dans une petite robe noire. Je joue de l'illusion. J'ai même eu des copains hétéros. J'ai des astuces et des parades pour éviter qu'il ne grille que je n'ai pas ce qu'ils attendent entre mes cuisses.

Que vous dire de plus que vous ne pourriez voir sur moi ? J'ai le dos serti de tâche de rousseur. Je ne sais pas d'où ça me vient, surtout que j'ai une peau de blanc, mais des tétons bruns. Comme si...je rois que ce sont les asiatiques et les latinos...allez savoir.

J'ai de longs doigts, un corps qui se situe réellement entre le féminin du masculin. Même ma voix. Ni grave, ni aiguë prête à confusion. Je me sens pourtant garçon. Mais comment vous voulez me voir vous ? Me déshabillerez vous au féminin ? Ou au masculin...

Description psychologique : Je ne suis pas le gendre idéal. Je ne suis pas le fils que toute maman rêve d'avoir. Je ne suis même pas un facsimilé de la jeune femme parfaite. Je ne suis rien qu'un jeune homme détestable au possible et insupportable à ses heures.

Ma mère vous dirait sûrement "Je l'aime mon fils vous savez ? Quand est-ce qu'il me revient. Je sais que j'aurais dût lui dire la vérité, lui qui ne supporte pas les mensonges et les cachotteries, mais je veux m'excuser. Je l'aime mon fils. Vous savez ?" C'est pathétique et ça me fait peu. Quelque part, ça me fait mal. Mais jamais je n'assumerai. Lorsque j'aime quelqu'un, je n'arrive pas à me contenir. Comme si la violence était faite pour dire "je t'aime". Une manière bien à moi de le faire. Il vaut mieux que je ne vous aime pas. Je ne suis pas aussi destructeur qu'avec mes proches. C'est affreux, mais je n'ai jamais essayé de vous faire croire que je ne l'étais pas. Quelque part. Je n'ai jamais dit que j'étais gentil.

Mon père, s'il existait, vous dirait "J'ai honte d'être son père. Ni homme, ni femme. Une chimère. Je ne sais pas ce qu'il est et je pense que ça ne l'aide pas à essayer de faire valoir ce qu'il veut être." Je ne sais pas ce que je suis et je m'en fiche. Mais une part de moi crie. Elle aimerait pouvoir se mettre dans une case. Les cases qui actuellement me filent la gerbe. C'est quoi cette manie de vouloir absolument que le cul d'untel aille dans la boîte étiqueté "Cul d'untel" ? Pourquoi ne pas le laisser aller dans la boîte "Chat" si c'est ce qu'il veut ? Pourtant. Pourtant une grosse part de moi, qui se terre les trois quart du temps, aimerait pouvoir se laisser glisser dans une caisse. Fille ou garçon. Pas entre les deux. Constemment en équilibre. Je finis par en jouer parce que je sais que ça marche comme ça. Que les gens aiment l'exotisme du personnage que je suis. Les filles craquent parfois pour mon visage androgyne, certaines pour ma poitrine. Les hommes...ils aiment ma poitrine avant de savoir que j'ai un service trois pièce entre les cuisses. Dans la rue, je ne sais pas ce que les autres voient. Est-ce qu'ils voient ce qu'ils ont envies de regarder ? Je m'en fou.

Ma grand-mère vous dirait "C'est un bon petit. Un peu colérique, c'est vrai. Je m'en inquiétais, mais sa mère disait que c'était sain. C'est mon petit fils. Alors je ne vais pas sévir. Moi je suis là pour le gâter." Et qu'est-ce qu'elle me gâtait. Elle avait raison pourtant. Mes colères étaient de plus en plus violentes. Enfant pourtant, je n'étais pas du tout comme ça. Bien au contraire. J'étais plutôt calme et pacifique. Je n'aimais pas lorsque les gens autour se battaient. Et avec l'arrivée de Taylor dans ma vie, j'ai commencé à faire de la merde. J'étais souvent à fleur de peau. L'endocrinologue a dit que c'était normal. Que je passe de la joie à la colère ainsi. Mais est-ce que c'état normal que je ressente le besoin d'exploser tout ce qui se trouvait à portée de main ? C'est encore le cas. Je parle aux gens, je les écoutes. Je les entends. Et il suffit d'une petite chose pour que mon poing parte à la rencontre de leur gueule. C'est comme ça. Même ma mère en a fait les frais une fois.

Mon grand-père, c'est autre chose. Il m'aimait bien et semblait ne pas vouloir ce qui clochait en mois. "Mon petit fils ? C'est un bon gamin. Il est gentil, fort à l'école et intelligent. Je ne sais pas si c'est parce qu'il est curieux de nature. Un peu comme moi. Vous savez, de mon temps..." Et blablabla. Mon grand-père, il refusait de penser que j'étais "anormal". Il faisait mine de ne pas remarquer que j'ai de la poitrine. Il faisait mine de ne pas remarquer que Taylor était un homme. Et faisait comme si je n'avais jamais été violent avec personne. Il ne voulait voir que le bon en moi. Le fait que j'étais une tête à l'école, le fait que j'étais curieux, le fait que je m'intéressais sincèrement aux gens. Le fait que...un tas de fait qui ne sont qu'une toute petite partie de moi finalement. Mais je suis heureux quelque part. Que mon grand-père soit décédé en ne voyant en moi que ce qu'il voulait bien voir. Cela m'aurait emmerder de le décevoir.

Taylor, lui, il aurait un tas de choses à dire. "Cet enfoiré ? Putain. Qu'est-ce que je l'ai aimé. Aussi fort que ses coups figurez-vous. C'est un taré. Il ne faut pas oublier. Il n'est pas seul dans sa tête si vous voulez mon avis. Cela me fait chier, mais j'ai de la peine à digérer les côtes fêlées et la mâchoire fendue...Il a cette manière de passer de "Je vais te tuer" à "Tu veux une tasse de thé ?" Et le pire ? C'est que vous lui donneriez le Bon Dieu sans confession, même s'il vient de vous exploser le nez..." C'est flatteur sans l'être tout ça. Mais c'est assez vrai. Je ne sais pas ce qui cloche chez moi. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Et après une crise de violence, c'est comme si...allez savoir ce que c'est réellement tout ça. Le médecin dit que ce sont les dérèglements hormonaux, rien d'anormal il paraît...ouais. Il paraît.

La plupart de mes professeurs disaient "Un gentil élève. Un peu de problème avec les autres. Ou plutôt, les autres ont un problème avec lui. Nous ne sommes pas en mesure de comprendre ce qui ne va pas. Mais dans les faits, c'est un bon garçon. Il évite de faire des vagues, il est plutôt bon élève. On lui souhaite plein de réussite pour plus tard, bien que nous soyons persuadés qu'il parviendra à obtenir ce qu'il désire sans trop d'effort..." Un gentil élève. Le autres ont un problème avec lui. Un problème. On parle d'intolérance à ce que je suis. Selon les autres "Un énergumène. Un monstre" on a beau tenter les belles paroles "Mais non. Olympe. Aujourd'hui, les gens sont tolérants" Tu parles. Tu parles. Olympe. Personne n'est prêt à accepter la chimère que tu es, sauf ceux qui sont eux-même des étrangetés. C'est sûrement pour ça que parfois je ne dis pas que je suis un garçon et que je laisse le gens me voir comme une androgyne. Le mensonge est plus simple...n'est-ce pas ?

Et Pharamound Olympe Layton ? Qu'est-ce qu'il dirait...Il dirait que je suis parfois égoïste, tout en étant généreux. Que je suis quelqu'un de sympa, mais qu'il vaut mieux éviter. Ou alors ne pas s'attacher à moi. Il dirait que je peux être beau et laid à la fois. Doux et violent. Sadique et...
Je ne prends pas plaisir dans le malheur des autres, mais j'y suis hermétique. Je ne pleurerais pas pour vous, comme je ne tenterai pas de vous consoler. Je ne sais pas faire ça. Et si je le fais, alors...alors c'est parce que je désire quelque chose derrière. C'est mauvais, il paraît. Mais je m'en fou. Il dirait aussi que j'aime un peu trop faire la fête. Que je peux avoir l'alcool joyeux, tout comme mauvais la seconde d'après. Je ris facilement, mais rarement contre moi-même. Je n'ai pas d'ambition, mais des désirs. Et je fais tout pour les obtenir. Parce que c'est comme ça que devrait tourner la vie. Pas autrement. Il dirait aussi que je fume trop et que j'ai trop de mauvaises habitudes. Et il dirait d'aller vous faire voir, il a un truc dans dix minutes et n'aime pas être en retard. (Sauf si c'est pour vous. Il le sera sûrement d'une bonne quinzaine de minutes...).

Histoire

"Tu as toujours été différent. Enfant déjà. Tu étais différent. Tu étais celui qui s'habillait parfois au féminin pour affiché une poésie masculine. Qui se battait au masculin pour montrer un courage féminin. C'était tout toi ça. Enfant déjà." Bérénice, maman de Pharamound.

Je suis né petite erreur de la nature. Maman bizarre, père partit, papa absent, géniteur inconnu. Nous vivions, ma mère et moi, dans une petite maison dont avait hérité maman. Elle était coincée entre deux immeubles. Elle avait survécu aux changements, à la modernité. Du coup, nous étions "La mère et le fils bizarre de la rue Lemmington, près du parc." Les voisins étaient tous plus rigides les uns que les autres "Un balais dans le cul" il paraît. Maman n'aimait pas trop le voisinage. Maman aimait un peu trop les hommes de la ville. Maman n'était pas seule dans sa tête, même si elle était souvent accompagnée dans les draps. C'était une très belle femme avant la maladie. Une très belle femme. Je voulais me marier avec quand j'étais petit. Aujourd'hui ? Elle me fait peur.

Mais revenons-en à la première phrase. "Je suis né petite erreur". Je suis un garçon. En tout cas, j'ai le service trois pièces plus ou moins fonctionnel entre les cuisses. Je suis né garçon d'ailleurs. Non pas intersexué, comme beaucoup pensent aujourd'hui en me regardant. J'étais un bébé facile. Je ne pleurais jamais, j'ai fais mes nuits très tôt. Maman, il lui arrivait d'entrer dans la chambre et me pincer les cuisses pour que je sursaute. Ce n'était pas méchant de la part de cette maman de dix-sept ans. C'était la peur de cette ombre qui plane sur les nouveaux-nés. "La mort subite du nourrisson." Alors quand on est affublé d'un bébé trop sage, lorsqu'on entre dans sa chambre pour vérifier si tout va bien, on est en droit de paniquer parce que la respiration est trop calme pour être entendue. Alors on pince le bébé, qui sursaute, on le prend doucement, on l'embrasse en s'excusant "Rendors toi, bébé bébé. Tu es mon trésor. Bébé bébé. Tu es à moi. Bébé bébé. Et maintenant dors...bébé bébé." d'une voix douce et tremblotante d'émotion. Maman était si jeune quand elle m'a eue. Heureusement, il y avait mamie pour remplacer le géniteur dont elle ne se souvient pas. Elle était trop ivre, mais me dira pendant longtemps que c'était parce que ce n'était pas mémorable. Tout simplement.

J'ai grandis, petite terreur. Mamie, papy et maman étaient un peu le trio de choc. Mamie faisait la cuisine et le ménage, papy bricolait et maman jouait de la musique. J'étais entouré d'amour dans cette petite maison de la rue Lemmington. Les gens nous trouvaient bizarre. Parce que papy et mamie étaient vieux, que leur fille était adolescente et qu'il y avait un nourrisson. On chuchotait "Tu te rends compte, à dix-sept ans !" "Tu te rends compte ! A plus de cinquante ans ?!" Sans savoir à qui j'appartenais vraiment, sans se demander qui avait raison et qui avait tort. Les gens s'en fiche s'ils peuvent distiller un peu de leur venin et faire ceux "qui savent".

"J'ai grandis, pette terreur" On ne croirait pas en me regardant. Les gens pensent (a tort, comme souvent) que je suis calme et du genre pacifique. Mais quand j'étais enfant déjà, je passais mon temps à chercher la bagarre et souvent, auprès des plus grands. J'aimais ça. Cogner dur. Me faire cogner aussi sec. Je n'en avais rien à foutre de perdre une dent, de saigner du nez ou d'avoir un cocard. Même si c'était pour ressembler à un panda. Maman pleurait parfois en me voyant. Elle n'en pouvait plus des coups de fil de l'école. Parce que j'avais tabassé un garçon. Parce que j'avais essayé de coupé les cheveux d'une fille. Parce que j'avais embrassé de force un camarade. Parce...que. Parce que. Maman me demandait "Pourquoi mon chéri ?" "Parce qu'ils disent que tu es folle. Parce qu'ils disent que je suis PD. Parce qu'ils disent que je suis...

"Un trou à bite." C'est vulgaire et violent. Moi qui ne sait même pas ce que je suis sexuellement parlant. "Un trou à bite" "PD" Pourquoi ? Parce qu'en grandissant, mes traits se sont affinés, adoucits. Parce que j'ai évolué comme mes camarades au féminin et non pas au masculin. Rien de grave. "Il a un taux d'oestrogène élevé. Rien de grave. Nous pouvons lui faire prendre des médicaments madame." Maman, qui était contre toutes les drogues. Maman qui disait qu'elle ne débourserait pas un centime "Aux lobbies du poison !" Elle s'en fichait de savoir si cela me dérangeait ou non d'avoir de féminin ce que j'aurais dût pouvoir montrer au masculin. Mais au final, je m'en fichais aussi.

Je n'étais pas un trou à bite. J'ai rencontré Taylor. Un transboy de mon âge. Gentil et doux, mais parfois un peu dans "l'auto-destruction". J'avais seize ans et je ne connaissais pas grand chose à la vie, même si je faisais celui qui sait tout. Taylor avait ce visage à la beauté particulière, entre le garçon et la fille. Mais je sais qu'en fille, il ne devait pas être très belle. Alors qu'en mec...il avait du chien, si je peux dire ainsi. Avec lui, c'était facile. Il n'avait pas encore changé de sexe. Trop jeune selon les médecins. Et ses parents faisaient barrages. Je crois que j'étais un peu jaloux, parce que quand il venait à la maison, maman était toujours fourré avec. Maman et son rire en cristal qui devenait insupportable pour moi lorsqu'elle avait cette manière de rejeter la tête en arrière "Oh Taylor tu es si drôle". Je crois que j'ai commencé à être mauvais avec lui durant cette période. "Taylor, vient, je voulais te montrer quelque chose dans ma chambre." "Attends Phara. Ta maman me raconte un truc. Je viens après." Je viens après. Ta maman me. Ma maman lui racontait trop de trucs. Vraiment trop de truc.

Et ces trucs, moi, ça me gavait. "Si tu es si bien avec elle, tu n'as cas te la taper ? Ah mince. J'oubliais. Tu n'as pas ce qu'il faut entre les jambes." C'était dur et ça lui faisait mal. Mais Taylor était comme ça au départ, il encaissait et semblait aimer que je le rudoie. Notre petit jeu est devenu malsain avant que je ne m'en rende compte. Je lui disais des saloperies, nous baisions sauvagement et il s'excusait en pleurant tandis que je lui disais que ce n'était pas grave. Que j'avais dépassé les bornes. Mais le lendemain, nous recommencions. Taylor en arrivait à faire des choses exprès pour m'énerver. Il offrait des cadeaux à ma mère, il lui disait à quel point elle était jolie. Il venait parfois la voir quand j'étais en cours, mais trainait jusqu'à ce que j'arrive. Il était comme cet odieux connard que l'on voit dans les films. Le voisin qui se tape votre femme sans forcément cacher son attirance pour elle. Et j'ai commencé à le frapper.

Au départ, c'était juste comme ça. Une torgnolle dans l'épaule. Vas-y que je te pince sous la table quand tu es "trop" gentil avec maman. Viens là que je te tire les cheveux, les petits à la naissance de la nuque. Puis la violence est devenue courante j'y allais à coup de poing. Je le cognais, je le baisais. Il pleurait, je m'excusais. Taylor à fini par ne plus venir à la maison. "Taylor me manque mon chéri. Comment se fait-il qu'il ne vienne plus ?" "Il te trouvais trop collante. C'était bizarre." Je crois que le pire, c'est que je ne m'en voulais pas d'avoir fait croire à ma mère qu'il la voyait comme une tordue alors que c'était moi...le foutu taré dans cette histoire.

"Monsieur Layton ? C'était un élève sympathique. Intelligent, cultivé, mais il lui arrivait d'être parfaitement odieux en classe. Ma foi, avec les autres professeurs, nous préférions ne rien dire. La crainte que ce soit interprété comme de l'intolérence de notre part. Il faut comprendre qu'il n'était pas comme les autres jeunes de son âge." Mister Selfridge, professeur principal au collège.

Mes grands-parents sont décédés un peu coup sur coup. Pas en même temps, mais l'un après l'autre, comme si chacun s'était fait la promesse de ne pas vivre sans l'autre. Papy s'est éteint dans son sommeil et mamie a fait une mauvaise chute dans le parc où elle allait souvent retrouver ses amies. Maman a très mal vécu leur décès et moi aussi, même si je jouais les hommes courageux pour que maman puisse pleurer sur mon épaule. J'essayais de suivre en cours, mais c'était de plus en plus difficile, car maman était entré dans une sorte de phase de déprime post-endeuillement. Et je n'avais pas envie de la laisser seule ou lui faire de reproche sur le fait que la lessive n'était pas faite et que la cuisine était dans un état lamentable. Au départ, les voisins aidaient. Même si nous étions pour eux encore les "bizarres de la rue Lemmington". Mais ils avaient cette manière lèche cul de venir apporter à manger, s'appitoyer faussement sur "Votre grand-mère était si gentille" "Votre père..." "Ta mamie..." c'était à vomir. Puis ils ont arrêtés. Alors j'ai dût devenir le père de ma mère. Je la nourrissais, je lui donnais son bain, je la mettais au lit en rentrant des cours. Puis tout à vraiment commencé à aller mal.

Nous étions en février. La neige commençait à fondre, mais le froid restait implanté. Il semblait s'être installé et prêt à rester là, stagnant sous forme de givre sur le sol, de smog à l'épaisseur telle qu'on avait l'impression de pouvoir en prendre des morceaux, littéralement. J'allais fêter mes dix-huit ans cette année-là. Tout juste diplômé, je m'étais trouvé un stage dansun journal local. J'aidais à couvrir les faits divers mais san simportances. Si certains collègues avaient l'ambition de monter plus loin, moi, j'aimais bien les broutilles du quotidien. Le chien de madame tel est tel qui a disparu, réaparaissant finalement dans la maison d'une autre femme, qui portait le même parfum que sa maîtresse. L'histoire de ce vieux monsieur qui avait retrouvé une malle pleine d'argent dans le fond de son grenier. Le genre de petits détails qui font de la vie quelque chose d'incroyable sans que cela ne dure plus d'une journée d'excitation. Je commençais à dix heures le matin. Puis j'allais déjeuner dans un restaurant du coin, parfois avec une collègue, parfois seul. Puis je reprenais jusqu'à dix-sept heure, sans pause. Je rentrais retrouver ma mère qui se remettait gentiment de la mort de ses parents et avait même reprit un petit travail à temps partiel. Oh. Elle n'avait pas besoin d'argent, mais elle avait envie de s'activer un peu. Je voyais bien qu'elle maigrissait, mais je pensais qu'elle testait un de ces régimes à la con dont beaucoup de ses quelques amies étaient friantes. Oui. Je le pensais sincèrement. Même si quelque part, je savais que ce n'était pas normal.

J'étais égoïste déjà à cette époque. J'avais beau être un presque adulte, je ne pensais qu'à moi. Pour ne pas changer. Nous étions en février.

J'ai appelé le travail de maman. Parce qu'elle n'était pas encore rentrée. Je m'inquiétais tout en essayant de faire celui qui s'en fou. J'ai appelé deux fois son travail, puis une amie chez qui elle allait des fois. "Elle n'est pas là." J'ai appelé une nouvelle fois à son travail pour qu'on me réponde enfin et qu'on me dise finalement "Désolé, mais je ne comprends pas. Votre mère ne travaille plus chez nous depuis trois semaines." Trois semaines. Autrement dit, dans la vie de quelqu'un qui a dix-huit ans, une éternité. Pourquoi me mentait-elle comme ça ? Elle avait peur de moi ? Quand elle est rentré, je l'ai attendue, installé dans le sofa. Elle avait l'air fatigué et plus maigre encore Son teint était gris. Elle faisait peur, elle qui était normalement si belle. " Tu as passé une bonne journée maman ?" "Oui, Bonsoir mon chéri. Je suis désolé, j'aurais dût t'appeler, je suis allé boire un verre avec Nathalie." "Nathalie va bien ?" "Oui..." "Elle avait l'air d'aller bien au téléphone." "Chéri..." "Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu ne travaillais plus maman ? Où est-ce que tu passes toutes tes journées ?" "Chéri..." Elle s'était assise sur le canapé. Lentement. Une lenteur douloureuse. Une mine grise. Elle me regardait sans vraiment osé soutenir mon regard. Moi ça commençait à m'énervé. C'était elle qui devrait être à ma place. A se fâcher parce que je ne préviens pas. Parce que je mens. Pas moi. J'avais envie de la frapper. J'ai serré les poings si fort pour ne pas le faire que je m'étais blessé la paume avec mes ongles. "J'ai un cancer." Ce jour-là, j'ai commencé à détester ma mère.

"J'ai un cancer" Cette foutue phrase qui fiche tout par terre. J'ai envie de m'en foutre. De dire à ma mère que c'est rien qu'une petite maladie ça. Qu'il y a des traitements. Peut-être que je devrais la rassurer. Lui dire qu'elle n'a pas à s'en faire, qu'on va s'en sortir. Mais j'ai pas tenu. J'ai fais le lâche. Et j'ai fuis devant cette nouvelle épreuve.

MAYAKU

Je ne vous ai jamais parlé de mes origines. Ma mère est anglaise et japonaise. Mon père était japonais je crois. C'est ce qu'elle me dit. Pourtant j'ai plutôt une gueule de français, il paraît. Après, je ne sais pas ce qu'est une gueule de français. Enfin. Du coup, à la maison, nous parlions parfois japonais, parfois anglais. Maman voulait que je garde des liens avec sa langue maternelle. Pour tout vous dire, je n'ai jamais vu ma grand-mère parler en japonais et je n'avais pas remarqué qu'elle avait des traits asiatiques. Il m'arrive de me demander si ce n'est pas une lubie de ma mère, qui semble fan des pays asiatiques. Enfin. C'est grâce à ces origines-là que je peux mettre de la distance entre la maladie et moi. Après cette annonce horrible, j'ai tenté de rester. Je le jure. J'ai vraiment essayé d'être un bon fils. J'ai essayé de ne pas être en colère contre elles. La maladie et ma mère. Mais c'est au-dessus de mes forces. Chaque jour un peu plus, je voyais la déchéance. J'avais envie de la secouer. La frapper. Lui dire qu'il fallait qu'elle fasse quelque chose, qu'elle se batte et fasse disparaître cette horreur de notre vie. Mais il y a six mois, maman a été hospitalisée et moi...moi j'ai pris mes affaires et je suis partit.

Aujourd'hui, je tente de faire ma vie à Mayaku. J'ai intégré un journal il y a cinq mois et il y a un mois, j'ai décidé de créer le mien en m'entourant des bonnes personnes. Je tourne avec une petite équipe, mais elle suffit à me faire vivre. Moi qui ne me suis jamais vraiment senti japonais, voilà que je joue les nippons. Et tout ça pour essayer d'oublier que j'ai, quelque part, une mère qui se meure, une mère malade. Une mère qui me dégoûte. Elle qui avait été si belle un jour.

Et derrière l'écran

Pseudonyme : Beau
Comment as-tu connu Mayaku ? Je suis tombée dessus alors qu'il était en partenariat sur un autre fofo
Le forum te plaît ? Oui !!! Beaucoup !
Tu veux nous parler d'autre chose ?Prenez place, ça va durer deux heures. Le thème abordé sera "La sexualité des abeilles au Pôle Nord"...
| Mar 20 Juin - 22:46

Pharamound Layton

Je me permets d'annoncer que j'ai ENFIN terminé ma fiche. ♥
| Sam 24 Juin - 13:49

Morgan Marshall


Bienvenue à Mayaku Olympe,

Magnifique. Ce personnage est tout simplement magnifique. Tu as une belle patte, ton écrit est très vivant. Tu évoques une thématique sans stéréotype, sans jugement, avec une beauté sans pareil. C'est un plaisir d'accueillir des personnes aussi talentueuse ici.

N'oublie pas de remplir les formulaires de communication pour ton personnage ainsi que ton profil.

Je te valide expressément.

Devient mon photographe, je serai ton meilleur modèle.

Au plaisir d'écrire avec toi, Olympe.



« Je suis la coke de Dreiden .
| Lun 26 Juin - 0:09

Pharamound Layton

OMG j'ai laissé pleins de petites fautes d'inattentions (j'ai remarqué...j'aurais pas dût relire xD)

Merci. Je suis vraiment touchée. Je crois que c'est le plus beau compliment que j'aie reçu de ma vie. ♥ J'avais peur justement de tomber dans le stéréotype parce qu'on s'y retrouve vite, sans même, parfois, s'en rendre compte. Alors merci ♥

Et je serais ton photographe avec plaisir !